Partager

La question d’entraîneur des Aigles du Mali tarde à être résolue. Et le public sportif est en droit d’éprouver de grosses inquiétudes d’autant que la FEMAFOOT propose un entraîneur qui coûterait plus cher à l’Etat malien par rapport à Jodar, sans que sa compétence soit suffisamment établie.

Le dernier mot revient sans doute au ministère de la jeunesse et des sports qui devra faire preuve d’une plus grande rigueur pour sauver le football malien.

Contrairement au chronogramme annoncé, le nom du nouvel sélectionneur national n’est toujours pas connu. La date limite fixée par le département des sports à la fédération malienne de football n’a pu être respectée. C’est finalement aujourd’hui, au dénouement de la réunion de la commission, que la FEMAFOOT va communiquer officiellement le nom de Stephen Keshi avec ses prétentions salariales.

Initialement prévue pour s’achever le vendredi dernier, la réunion qui regroupe le département des sports, la FEMAFOOT et le Comité national olympique et sportif pour plancher sur une feuille de route pour le football malien a été prolongée à aujourd’hui encore. Sans savoir pourquoi les travaux traînent tant, l’on peut imaginer que le département refuse de se laisser mené en bateau.

Selon toute vraisemblance, les hommes du ministre Hamane Niang, malgré leur souci de mettre la FEMAFOOT à son aise dans l’exécution de sa responsabilité, seraient toutefois en train d’être également minutieux sur des points essentiels. Comme pour dire que délégation de pouvoir ne veut pas dire laisser-aller. Et à ce rythme, le département pourrait déjà faire éviter des erreurs d’amateurs qui ont très souvent miné la gestion de notre football.

La feuille de route attendue devrait permettre au football malien de retrouver ses honneurs à la fois au niveau du football des jeunes mais aussi permettre à l’équipe A de faire des progrès. Beaucoup de Maliens reposent leur espoir sur les épaules du ministère de la jeunesse et des sports qui doit faire preuve de plus de rigueur envers ceux qui ont été loin de reconnaître leurs responsabilités dans le recul actuel du football malien, et qui n’ont jamais voulu faire leur méa culpa.

La déception des uns et des autres est d’autant plus grande que la FEMAFOOT n’arrive pas à proposer un entraîneur de haut niveau et à grande personnalité pour prendre l’équipe nationale en main ; alors que de grands entraîneurs comme Luis Fernandès, Phillipe Troussier, Wahid Hallidozic, Henri Michel, Henri Kasperczak, Roger Lemerre sont disponibles et accessibles.

Surtout qu’un problème de traitement salarial ne devrait pas se poser.

Mais, la fédération a sa préférence pour des raisons qui lui sont propres. L’étonnant, c’est que ce nom n’est même pas tenu secret, et des sources révèlent qu’il a même été signé un préaccord avec Stephen Keshi. Le Nigérian demanderait la somme de 12 millions par mois pour s’engager avec le Mali. Le rôle de responsable de la direction technique nationale serait confié à un technicien local.

Aux yeux de nombreux analystes, cette prétention salariale agréera difficilement le ministre Hamane Niang. D’autant que Jean François Jodar qui occupait cumulativement les postes d’entraîneur national et de directeur technique national percevait la 1ère année de son contrat, le salaire net de 9 825 000 F CFA, et 11 790 000 F CFA la 2è année.

Conclusion : Stephen Keshi pourrait coûter plus cher alors que dans le bon sens, un Africain coûte moins cher qu’un Européen. Ce qui aboutit à affirmer que les négociations n’ont pas été bien menées avec le technicien nigérian. C’est pourquoi d’ailleurs, il devra revenir à Bamako à la demande du département des sports pour éclaircir certaines zones d’ombre.

En attendant, le temps presse, et cela si fort que la sélection nationale a match amical le 25 de ce mois contre l’équipe A’ de la France et 4 matchs des éliminatoires combinées CAN/CM 2010 au mois de juin.

Souleymane Diallo

17 Mars 2008.