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Le niveau d’eau dans le barrage de Manantali est en décru total. Le lac de retenue qui a enregistré 204 m d’eau le 1 septembre 2001, n’a enregistré, cette année, à la même date que 198 m, soit un écart d’environ 5, 33 m.

Si la situation pluviométrique reste inchangée, le barrage risque de cesser de fonctionner. Car à 192 ou même à 194 m comme la côte de la retenue d’eau, la pression de l’eau ne pourra plus faire tourner la dynamo.

Cette situation qu’on pourrait qualifié de catastrophique, est grosses= de conséquences désastreuses sur l’économie malienne, plonge la direction l’Energie du Mali SA dans la tourmente.

Celle-ci est à pied d’œuvre pour assurer aux populations l’eau et l’électricité pendant la saison sèche qui s’approche où la demande de ses fournitures est très élevée. Pour cela, elle prévoit 50 milliards de F CFA pour couvrir les dépenses en carburant.

Cependant, il est superflu de dire que ces dépenses épuisent la capacité de l’entreprise, quand on sait que la seule turbine thermique de Darsalam peut consommer 3 millions de F CFA de carburant par heure, soit 72 millions de F CFA en 24 heures.

Dans le cadre de sa mission de service public, EDM-SA est aussi obligée de faire face aux dépenses énergétiques des centres isolés qui marchent sur le thermique.
Ces centres, faut-il le rappeler, tournent à perte. Il s’agit, entre autres, des centres de Sikasso, Kidal et Ségou.

Dans certaines de ces localités, EDM-SA peut dépenser par mois plus de 20 millions de F CFA pendant que les recettes de la localité ne dépassent pas 6 millions.

Face cette situation, la direction d’EDM-SA compte sur le concours de l’Etat pour surmonter ses difficultés. Ce scénario a été appliqué dans certains pays voisins de la sous région, tels que le Sénégal et le Burkina-Faso dans lesquels le gouvernement a accepté, à travers des subventions, de combler le déficit de l’entreprise.

On est en droit d’espérer sur les subventions du gouvernement du Mali pour soutenir EDM-SA. Surtout qu’aujourd’hui, il est le principal actionnaire de l’entreprise avec 66 % devant IPS qui n’a que 34 % depuis le départ des Français.

Au-delà de cet aspect, l’Etat doit prendre des mesures pour régler cette question afin de mettre les populations à l’abri d’un scénario-catastrophe au même où le pays entre dans une année électorale.

Concernant les risques de délestages sauvages, la direction de l’EDM écarte cette hypothèse, mais elle demande aux clients de cesser le gaspillage d’eau, mais aussi d’arrêter la fraude. Les pertes non techniques estimées en 2005 sont de 10,30 % en électricité dont 8,3 % liées à la fraude, 9,40 % en eau dont 7,4 % liées à la fraude.

En gros, les impacts des fraudes sont estimés en électricité à 6,3 milliards de F CFA et 1,324 milliards de F CFA en eau.

Soulignons que pour résoudre le problème d’électricité, l’Etat a déployé de gros efforts. Il a acheté une dizaine de groupes électrogènes qui ont été repartis entre les régions de Sikasso, Mopti, entre autres.

Force est de constater que ces efforts sont insuffisants pour ravitailler une grande partie des populations en électricité.

Pour la direction d’EDM, la stratégie qui pouvait arranger le Mali, c’est l’activation de l’interconnexion du pays avec les pays de la côte en général et la Côte d’Ivoire en particulier.

Malgré les avancées enregistrées dans ce domaine, la situation politique de ce pays constitue, aujourd’hui, le plus grand obstacle à ce projet.

Abdoul Karim KONE

15 septembre 2006.