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Une quarantaine de participants venus du Niger, du Burkina Faso, du Mali de la Suisse et des Etats-Unis ont pris part à un atelier organisé par Intercoopération avec l’appui de la Coopération suisse et Rights and Resources Initiative sur le thème : « les droits à la propriété, à l’accès et à la gestion des ressources naturelles dans le contexte de la décentralisation ». Aux termes de l’atelier, ils ont décidé de la création d’une coalition pour accélérer le transfert des ressources.

Le transfert de la gestion des ressources forestières aux communautés tarde à se mettre en place dans la sous-région. Les Etats restent propriétaires des ressources forestières, malgré la généralisation de la décentralisation. Dans la pratique, les droits des populations locales ainsi que la reconnaissance de leurs bonnes pratiques de gestion durable ne sont pas clairement promus dans le cadre législatif et institutionnel.

L’atelier sur « droits à la propriété, à l’accès et à la gestion des ressources naturelles dans le contexte de la décentralisation » tenu du 13 au 16 octobre avait pour but de mener une réflexion sur les bonnes pratiques et les évolutions indispensables en matière de transfert de compétences et de gestion des ressources naturelles dans la sous-région.

L’atelier a développé les aspects suivants : « le développement basé sur les droits humains : concepts et lien avec la gestion des ressources naturelles (GRN) » ; « les études de cas d’expériences dans les pays : pratiques de gestion décentralisée et communautaire » ; « l’initiative mondiale des Droits et Ressources – Rights and Resources Initiative RRI : implications pour la sous-région ».

Selon le chef de cabinet du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, qui a présidé les cérémonies d’ouverture et de clôture, les sujets abordés au cours de l’atelier constituent un enjeu très important pour nos pays.

Sur la base des résultats d’une visite de terrain et à travers des travaux de groupes, les participants ont, à la fin de l’atelier, proposé une relecture des textes. Ces textes recommandent l’harmonisation des perceptions par rapport aux concepts de transfert de compétence ; l’application des textes existant en matière de transfert de compétence ; le renforcement des capacités des collectivités territoriales et des partenaires locaux et la capitalisation des expériences de transfert de compétences.

Abdoul Karim Mamalo, secrétaire permanent du Code rural du Niger, dira que l’atelier lui a permis de mesurer les problèmes de la gestion des ressources naturelles et de s’enrichir mutuellement des avancées de la décentralisation pour des solutions appropriées.

Des plans d’actions

Pour Mme Bouyain Adiarra, maire de la Commune de Tô (Burkina Faso), « les thèmes de l’atelier nous ont appris beaucoup de choses sur la gestion locale des ressources naturelles et le lien avec les droits humaines ».
Michel Koloma, directeur régional de la conservation de la nature de Koulikoro, a soutenu qu’ils ont retenu au cours de l’atelier la nécessité d’harmoniser les textes de la décentralisation et du transfert de compétence. Par ailleurs, les participants ont délibéré sur les principaux axes et plans d’actions par pays.

Pour le Mali, il s’agit d’amener l’Etat à appliquer les textes en matière de gestion des ressources naturelles, de promouvoir les conventions locales pour la gestion durable des ressources et d’améliorer l’équité homme/femme dans l’accès aux ressources en se basant sur les droits humains. « Une mise en œuvre concertée des résultats de cet atelier permettra à la démocratie de se confirmer davantage dans notre sous-région », a indiqué le chef de cabinet du MATCL.

Pour le représentant de la Coopération suisse, les résultats de l’atelier doivent se traduire concrètement en actions de développement au niveau local. Pour sa part, Solange Bandiaky, coordonnatrice Afrique du groupe RRI, a vu en l’atelier « un caractère international » puisqu’il a traité une problématique sous-régionale qui est la décentralisation et le transfert de compétences.

Intercooperation et la Coopération suisse, principaux organisateurs de l’atelier sous-régional, sont membres de l’Initiative RRI depuis 2007. Le rôle d’Intercooperation est d’établir un dialogue sur les politiques et les expériences régionales et locales au niveau communautaire afin de contribuer à un meilleur échange entre les acteurs nationaux, sous-régionaux et internationaux.


Sidiki Doumbia

22 Octobre 2008