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C’est un autre épisode de la folie dramatique qui traverse l’armée malienne et qui alimente actuellement la chronique dans les casernes et dans les rares milieux civils au parfum de l’incident. Celui-ci est tenu au secret mais, selon toute évidence, il n’a pu échapper aux indiscrétions bamakoises, quand bien même l’événement a éclaté à plus de 700 kilomètres de la capitale.

Ainsi, à en croire nos sources, le drame s’est produit probablement dans la journée du jeudi, dans un bar-restaurant de Sévaré où les différentes garnisons de l’armée malienne ont convergé depuis leur débandade adoucie avec des euphémismes du genre »repli tactique ». Il nous est en effet rapporté que la série macabre est partie d’un incident ayant éclaté entre deux éléments d’unités différentes. L’un de l’armée de terre, l’autre de la Garde Nationale. Ils se seraient disputés pour la somme de 29 000 F CFA pour des raisons qu’aucune autre source n’a permis d’élucider. Leur dispute a visiblement tourné à un scénario inattendu et imprévisible, car celui de l’Armée de terre a dû faire usage de ce dangereux joujou que tous portent en bandoulière depuis le coup d’État du 22 Mars et le saccage des dépôts d’armes.

En tout état de cause, la cible n’a pas eu le temps de pousser un second souffle après les rafales que lui a envoyées son compagnon d’arme. La détonation, toujours selon nos sources, n’a pas manqué d’alerter d’autres éléments dans les environs, qui se sont aussitôt rassemblés pour cerner l’endroit. Quant au forfaitaire, il a trouvé momentanément refuge dans l’enceinte de la BNDA avant d’être délogé et abattu à son tour par les collègues qui, certainement sous l’effet de l’éthyle, n’ont pas pensé à recourir à la hiérarchie.

Son exécution sommaire n’a pas mis fin à la série macabre dont les échos ont retenti de façon beaucoup plus percutante dans le camp de Sévaré. Nos sources indiquent, en effet, que la mort des deux éléments y a provoqué un sanglant affrontement entre clans qui a occasionné trois (3) autres victimes tombées sous le coup des rafales aveugles, à la mitraillette.

Il faut dire que l’événement n’est qu’un épisode, parmi tant d’autres ,d’une certaine folie meurtrière qui s’est saisie de la caserne, depuis que les troupes maliennes, de retour du feu septentrional, y ont convergé. De nombreux témoins du voisinage affirment qu’il se passe rarement de jour sans affrontements qui se concluent souvent avec des pertes d’éléments pour l’armée.

Pendant que assaillants sont positionnés à quelques kilomètres de la ville et menacent constamment d’avancer, les unités désarticulées de l’armée malienne sont plutôt préoccupées à rançonner les populations, qui arrivent massivement des zones occupés par l’ennemi pour fuir les abus et exactions islamistes.

A. Keïta

Aurore du 22 mai 2012