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Et pourtant, au Mali, les femmes représentent plus de la moitié de la population. Mais peut-on affirmer qu’elles sont concernées par la prise de décisions importantes?

Faut-il souligner que les femmes sont concernées par toutes les activités du pays lorsqu’on sait qu’à cause de leur position, les femmes peuvent être les premières bénéficiaires ou victimes selon les situations.

C’est pourquoi, depuis toujours dans notre pays, les femmes sont des actrices incontournables du développement socioéconomique de par leur participation à tous les changements positifs majeurs qui sont intervenus dans le pays.

QUELQUES EXPLICATIONS

Mais la place qui leur est donnée dans l’exercice des responsabilités et de la prise de décisions, dans la conduite des affaires publiques aux niveaux local, régional et national demeure très limitée.

Et cela à cause de plusieurs facteurs, comme le poids des travaux domestiques, le faible accès à l’éducation et à cause des traditions qui favorisent les hommes par rapport aux femmes.

Autrement dit, les causes essentielles de la discrimination sont en relation avec les cultures et traditions des différentes communautés et peuvent s’expliquer en termes de causes sociales, culturelles, économique et psychologiques.

Ainsi, il faut souligner que l’une des causes de la discrimination de la femme par rapport à sa participation à la vie publique est l’organisation sociale traditionnelle et le mécanisme de fonctionnement de la société.

Dans notre société, il est établi que la femme est faite pour se résigner. C’est pourquoi certaines voient leur scolarité interrompue à cause des mariages précoces. Selon l’enquête démographique et de santé III, seulement 3,8% des femmes se trouvent au niveau supérieur.

Donc le poids social, le calendrier des travaux domestiques, le faible niveau d’instruction, l’analphabétisme sont les principaux obstacles à la participation de la femme à la vie publique.

Aussi, les femmes sont victimes d’un certain nombre d’interdits par rapport à certaines activités économiques par les coutumes et les traditions; ce qui joue sur le niveau de leurs revenus.

Alors que dans certains cas, pour participation à certaines activités publiques, il faut être économiquement indépendant. Pour preuve, pour être en position sur une liste électorale, il faut payer une somme importante.

En plus, au Mali, il existe une perception négative de la politique, toute chose qui empêche les femmes de militer convenablement. Et il n’est un secret pour personne que généralement, pour occuper un poste de responsabilité, il faut être un cadre ou un membre influent d’une formation politique.

Il faut par ailleurs souligner que malgré tous ces obstacles, on constate une amélioration. Mais à quel prix?

Les femmes qui accèdent à des postes de responsabilité sont confrontées à des problèmes, elles sont soumises à d’énormes sacrifices de concessions et compromis particuliers auxquels les hommes sont rarement soumis.

Malgré tout, les femmes ont su faire montre de leur capacité de développement du pays. Peut-on dire qu’il n’y a pas plusieurs femmes cadres compétentes capables de diriger?

Alors, à quand le changement de comportement pour un développement durable qui ne peut se faire sans la participation effective des femmes à la vie publique.

Dado CAMARA

10 août 2006.