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Des policiers au poste frontalier de Zégoua ne reconnaissent pas la carte de vaccination délivrée par les services compétents. Pour cela, ils soutirent de l’argent aux passagers pour la Côte d’Ivoire

La carte de vaccination sert à prouver les doses de vaccins reçues par son détenteur ainsi que la date de leur administration par un praticien. C’est un document de voyage présenté aux postes de contrôle aux frontières.

Au Mali, la carte de vaccination est établie par une structure spécialisée après inoculation de vaccins contre le paiement de 4000 F CFA. Etant une condition pour le voyage, de nombreuses personnes s’y rendent en vue de se procurer du précieux sésame en toute légalité. Pour beaucoup de voyageurs, c’est le document de voyage qui pose le plus de problèmes.

Au poste de contrôles aéroportuaire et routiers, tout voyageur qui ne possède pas la carte est tenue de se faire vacciner sur place. A la frontière entre le Mali et la Côte d’Ivoire, à Zégoua, les agents maliens ont pris la mauvaise habitude de racketter les passagers sans exception en partance ou en provenance de la Côte d’Ivoire.

Selon plusieurs voyageurs, les policiers au poste à Zégoua refusent de faire la différence entre les passagers détenant les cartes de vaccination en bonne et due forme et les fausses cartes. Après les fouilles, les voyageurs payent 1000 F CFA chacun au titre de la carte de vaccination. Ceux qui refusent de payer sont invités à descendre du car et rudoyés.

Plusieurs enseignants en partance en Côte d’ivoire ont été victimes de cet abus de pouvoir des policiers. « Nous avons dit que nous ne payons. Ils nous ont dit d’aller voir qui on veut pour se plaindre, même le capitaine Sanogo ou encore Dioncounda« , affirme un enseignant.

Ces propos d’un jeune sergent ont été tenus après que leurs interlocuteurs eurent dit qu’ils sont en règle vis-à-vis des textes. « Vous avez de fausses cartes de vaccination. Elles ne sont pas du tout bonnes. Vous devez payer 1000 F chacun« , leur a lancé un policier. Le policier, selon notre interlocuteur, a ajouté « que seule la carte de vaccination Cédéao est valable. A défaut vous devez payer« .

Sur leur insistance à faire comprendre à l’agent qu’il n’existe pas de carte de vaccination Cédéao, les quatre enseignants ont indiqué avoir passé plusieurs heures entre les mains de policiers avant d’être relâchés à l’ordre de la hiérarchie. Au même moment, affirment-ils, les dames et autres vieilles personnes étaient là à supplier les autres agents, pendant que d’autres payaient 1000 F CFA sans reçu.

De l’autre côté de la frontière sur le territoire ivoirien, les passagers en règle après une fouille approfondie sont invités à continuer leur chemin sans payer le moindre centime, a déploré notre source. Ce racket des policiers maliens va à l’encontre des textes de la Cédéao sur la libre circulation des personnes et de leurs biens.

Amadou Sidibé

Les Echos du 6 Octobre 2012