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Face à un cadre législatif de plus en plus obsolète et pratiquement dépassé par l’évolution du secteur des télécommunications, le Mali, en partenariat avec la Banque mondiale, a entrepris un processus de relecture des textes législatifs et réglementaires régissant le secteur en vue de leur adaptation aux directives de l’UEMOA et de la CEDEAO.

Contribuant largement à la lutte contre la pauvreté, les télécommunications au Mali, comme dans bien de pays, ont aujourd’hui besoin de politiques et d’actions courageuses à même de garantir leur plus grand accès aux femmes, aux campagnes et aux villes.

Le Mali qui, depuis plusieurs années a fait des télécommunications un outil incontournable dans les différents domaines d’interaction sociale, culturelle, économique et politique, a adopté en 1999 diverses reformes sous-tendues par une volonté de populariser l’accès aux services d’Internet au niveau des différentes couches de la population.

Mais à mesure que le temps passe, la question de l’adaptation et de l’harmonisation des textes législatifs et règlementaires régissant le secteur des télécom au Mali, devenait une exigence eu égard à certains facteurs comme la convergence.

Le forum de la relecture des textes sur les télécommunications ouvert le jeudi dernier au Laïco Amitié procède de cette volonté d’adaptation aux exigences nouvelles du secteur.

Outre les directeurs généraux des opérateurs de télécommunications et de la poste au Mali, ont également pris part à ce forum d’une journée, le Comité de régulation des télécommunications (CRT), l’Association des consommateurs de téléphonie mobile, le conseil du CRT ainsi qu’un représentant de la Banque mondiale (qui a pris en charge le financement de ce projet de relecture des textes).

Dans son discours, le directeur du CRT, Dr Choguel Kokala Maïga a remercié le gouvernement pour cette initiative visant à faire jouer aux télécommunications tout leur rôle dans l’économie et de redynamiser le service de la poste. Cette relecture dont la mise en œuvre des différentes activités est confiée au CRT, consiste à soumettre à la critique des participants et du consultant le cadre juridique et réglementaire actuel et examiner les nouveaux projets de textes. L’objectif étant, selon le directeur du CRT, de produire des textes finaux qui intègrent les observations qui se dégageront du forum.


Au nom de la Banque mondiale
, Mme Boutheïna Guermazi a salué le développement actuel des télécommunications et les importants moyens déployés par le gouvernement du Mali dans le sens de leur vulgarisation. Elle a particulièrement noté une politique mise en place par le gouvernement en vue d’assurer une large ouverture du secteur.

Pour la représentante de la Banque mondiale, plus qu’un luxe, le secteur des télécommunications devient de plus en plus une force motrice du développement. « Comme dans la plupart des pays de la sous région, le secteur des télécommunications a connu, au Mali, ces dernières années, une croissance exceptionnelle imputable à la volonté du gouvernement d’adopter une politique progressive du secteur ».


Pour Mme Boutheïna,
l’Etat, à travers son rôle de facilitateur et d’accompagnateur, engage aujourd’hui un effort d’ajustement profond pour adapter le régime juridique et réglementaire actuel aux nouveaux développements technologiques, notamment aux exigences de la convergence. Une convergence qui pose aujourd’hui plusieurs défis dont le besoin de moderniser le cadre légal et réglementaire.

En ouvrant les travaux du forum, le ministre de la communication et des nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, a insisté sur l’intérêt particulier que le gouvernement attache à la promotion et à l’appropriation des télécommunications.

« Le renouveau dans ce contexte est en plus de la correction des lacunes et insuffisances des textes actuels, l’adaptation du cadre juridique à l’évolution technologique », a souligné le ministre de la communication et des nouvelles technologies. Pour qui, le gouvernement, en ouvrant ce forum à tous ces acteurs (institution d’Etat, opérateurs, forces de défense et de sécurité, secteur privé, société civile…) entend faire en sorte que les préoccupations de chaque couches soient prises en compte.


Oumar Diamoye

18 Mai 2009