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kati2.jpgEn très peu de temps, le poste de contrôle de Kati, installé à l’entrée de la ville est de plus en plus engorgé. Selon les données recueillies, ce poste, chaque jour, accueille plus de 200 véhicules de transport, toutes catégories confondues. Souvent à perte de vue, les longues files de camions gros porteurs, s’étirent sur le bas-côté de la route. Certains, en raison de l’affluence, attendent quasiment 24 heures pour passer les contrôles qui les autoriseront à continuer leur route sur Bamako. D’autres, rentabilisent cette attente en effectuant le dédouanement de leur chargement.

Cette explosion, est due à la très forte fréquentation de la route nationale (RN3) sur laquelle passe le fret marchandises et les voyageurs venant des ports de Dakar et de Nouakchott, et de nombreuses localités de la Première région.

Tous ces véhicules, quel que soit le trajet à emprunter, ont obligation de passer par le contrôle de la police et de la gendarmerie dont les agents vérifient si le véhicule est en règle.

Les marchandises sont inspectées par la douane. Le tout est coordonné par la direction nationale des Transports qui veille au paiement du droit de traversée.

Tout véhicule qui rentre ou sort doit payer ce droit dont le montant en est fixé en fonction de la catégorie du véhicule et surtout de la destination finale.

Un agent a indiqué que cette année, le poste de Kati a encaissé plus de 14 millions de Fcfa de droit de traversée. Et Kati, selon lui, possède un taux de rentabilité plus que satisfaisant.

Aussi, des recettes supplémentaires sont attendues lorsque le poste de péage – en cours d’installation – sera fonctionnel.

Le jour le plus animé à Kati, est sans aucun doute le samedi, jour de foire hebdomadaire du « Dral », qui est le marché à bétail, situé à une dizaine de kilomètres de Kati, sur le trajet de Kolokani.

La mêlée est indescriptible ce jour entre le flot ininterrompu de minibus bourrés d’acheteurs, les remorques, cars de passagers en provenance ou à destination de Kayes, Diéma, Nioro Yélimané ou Kita, …

Une flopée de petits commerces comme les gargotiers, étalagistes, vendeurs de fruits et légumes, d’eau glacée, ceinture le poste de Kati. Tout le monde y trouve son bonheur, à condition de savoir traquer le client.

En effet, celui qui n’est pas assez leste ou entreprenant, qui attend que le consommateur vienne à lui, ne verra ses affaires fructifier.

Dès qu’un véhicule se gare, les vendeurs, comme des mouches s’agglutinent sur ce dernier. Les plus audacieux, se faufilent même à l’intérieur des cabines afin d’y vendre leurs produits.

Djènèba, une vendeuse d’eau glacée, affirme qu’elle peut vendre par jour, une trentaine de bouteilles d’eau à raison de 100 Fcfa l’unité. La route étant longue et les voyageurs préfèrent prendre dès ici leurs précautions, selon elle.

Mamou, vendeuse de fruits et légumes, a aménagé un petit hangar, qui lui sert plutôt d’entrepôt. En effet, elle va au chaland chaque fois qu’un véhicule s’immobilise pour le contrôle. Pour Mamou, il faut savoir prendre les devants, si on veut que les affaires marchent. Les voyageurs, selon elle, n’ont pas le temps de descendre pour faire leurs achats, c’est à nous de courir vers eux. L’exercice est souvent périlleux et on le fait à longueur de journée, a-t-elle affirmé.

Quant aux gargotiers, eux, ne se plaignent pas, avec les nombreux clients (les passagers, les conducteurs et le personnel affecté aux divers contrôles) qu’ils voient défiler dans la journée.

« Le poste de Kati est certainement le plus vaste et le plus animé du pays », a affirmé un douanier.

Le poste de Kati, est donc en pleine expansion. Non seulement pour le bénéfice des recettes publiques, mais également pour le grand bonheur du petit monde informel gravitant autour de lui.


13 novembre 2007.