Partager


Depuis l’avènement des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic), les rendements de la poste au Mali ne sont plus ce qu’ils étaient. Année après année, malgré les efforts, les recettes fondent comme beurre au soleil.

Parmi les services dont le Mali pouvait se glorifier dans les années d’indépendance, figure la poste. Pourvoyeuse de recettes, elle a fait la pluie et le beau temps. Un retraité de la poste s’en souvient. « On pouvait se permettre de tout faire avec nos salaires mais aussi avec les pots-de-vin ».

Ce moment de gloire et de fierté de la poste a été rappelé et justifié par la ministre de la Communication, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, à l’inauguration des bureaux de Kersignané et Tafacirga. « La poste est un des premiers symboles de la souveraineté de notre pays ». Cette phrase en dit long sur la place et l’importance de la poste au Mali.

Créée depuis plus de cent ans, la poste se charge de l’envoi et de la réception des lettres, colis et mandats.
Avec l’avènement des Ntic, elle a ajouté à ses services, le transfert d’argent, etc. Mais, c’est l’expansion de ces dernières qui fait que les prestations ne sont plus ce qu’elles étaient.

Le développement des Tics a déclassé la poste. Désormais, tout se fait à travers cette technologie : le transfert d’argent rapide (Western Union, Money Gram) ont remplacé les mandats dans les villes, les messages électroniques se sont substitués aux lettres postales.

Dans les grandes cités, la poste est en train de devenir, selon certains, un « musée ». Elle n’est plus sollicitée que dans les localités éloignées. Mais même là, il est difficile de mettre la main sur l’argent des mandats à cause des tensions de trésorerie.

Erigée en Office national de la poste (ONP) depuis plusieurs années, la poste pourtant « agonise » toujours. Ses difficultés, selon son PDG, Yoro Coulibaly, sont à mettre à l’actif des nouvelles technologies.

Pour l’exercice budgétaire 2007 par exemple, le budget de fonctionnement a été arrêté en recettes à 1,6 milliard F CFA et en dépenses à un peu plus de 1,8 milliard de F CFA, soit un déficit prévisionnel de 243 millions de F CFA.

Les prévisions de recettes pour l’année 2007 ont baissé de 20 % par rapport à celles de 2006. Cette tendance négative a imposé une réduction des dépenses de plus de 6 % par rapport à l’année écoulée. L’Office a été obligé de baisser de plus de 20 % le budget d’équipement arrêté en ressources et en emplois à quelque 300 millions de F CFA.


Solutions préconisées

A cela s’ajoute le problème de personnel qualifié, relevé par le directeur régional de la poste de Kayes, Klalif Mahamane Maïga. La nécessité de restructurer les capitaux et l’absence de fonds de roulement constituent d’autres défis auxquels la poste est confrontée.

Pour pallier ces difficultés afin de sortir la tête de l’eau, l’ONP entend entreprendre des actions vigoureuses. La gouvernance, assure-t-on, sera améliorée et l’accent mis sur les Ntic et les services financiers dont l’Office veut faire les leviers de son expansion.

La poste va intégrer les nouvelles technologies avec l’introduction de nouveaux services à valeur ajoutée comme le courrier hybride, le e-commerce, les boîtes électroniques, etc. Dans la même logique, l’ONP procédera à l’interconnexion de tous ses bureaux, même dans les zones rurales pour développer des services financiers de proximité.

Ces services financiers, en particulier le mandat électronique et la micro-finance apporteront des solutions concrètes aux attentes de nos compatriotes vivant à l’extérieur et ceux de l’intérieur résidant dans les zones éloignées du système bancaire, explique le PDG de l’ONP, qui souligne que le redressement de l’Office nécessite une profonde réforme du secteur. C’est pourquoi il souhaite l’adoption rapide des mesures pour la mise en œuvre du plan stratégique national de relance de l’ONP.

C’est suivant son plan de sortie de crise que le ministre de la Communication d’alors Gaoussou Drabo avait inauguré en 2007 le bureau de poste de Lakané-Mody en 1re région. C’est dans cette foulée que les bureaux de postes à Kersignané et à Tafarcirga ont ouverts.

La raison ? « Kayes est depuis très longtemps une terre d’émigration et mesure l’importance des transferts de fonds des travailleurs expatriés pour aider les familles restées sur place », explique le directeur régional des postes de Kayes.

Amadou Sidibé

02 avril 2008.