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Le rapport en question a été réalisé par les spécialistes de l’équipe chargée du climat de l’investissement en Afrique de IFC PEP Africa / FIAS, à travers les études in situ conduites dans notre pays et une série de réunions à Badiangara (Pays Dogon) Bamako, Paris et Washington avec les acteurs clés du secteur du tourisme. Il a été présenté aux agents techniques de l’Etat, principalement de l’OMATHO et aux acteurs privés du secteur. La cérémonie d’ouverture de ces ateliers a été présidée par le secrétaire général du ministère de l’Artisanat et du tourisme et Mme Boiré Fily Cissoko, représentante de la Banque Mondiale. Pour l’occasion, la Directeur général de l’OMATHO, Oumar Balla Touré était entouré de ses agents et de ceux des autres services intervenant dans le secteur. Le tourisme est aujourd’hui considéré par la Banque Mondiale comme l’un des secteurs les plus fiables pour la lutte contre la pauvreté parce que couvrant toutes les branches d’activités économiques.

Le Mali regorge d’énormes potentialités touristiques. Cependant, le rapport indiqué que malgré une croissance rapide à partir d’une base étroite au cours des dernières années, l’industrie touristique reste modeste au regard des normes internationales Le secteur n’en demeure pas moins important pour l’économie nationale puisqu’il représentait pas moins de 5% du PIB en 2007 (15% pour les marchandises et 59% pour les services) et 2% des emplois en 2005.

Le rapport retient que les recettes touristiques ont bondi de 91 millions de dollars en 2001 à 142 millions de dollars en 2004 – 11% des exportations – et n’étant surpassées que par l’or (522 millions de dollars) et le coton (257 millions de dollars). Selon toujours les données du document, le nombre de visiteurs internationaux est passé de 87 000 à 143 000 dont 10 à 20% de touristes.

 » Même si le Mali peut devenir une destination touristique importante, le nombre de touristes qui visitent le pays à l’heure actuelle reste modeste et la base du marché étroite  » relevé t-on dans la publication. Celle-ci soulève alors  » des obstacles très importants qui freinent l’augmentation des touristes et l’expansion de la base « . Parmi ces obstacles, on peut retenir l’absence d’une stratégie de marketing et de promotion pour le secteur du tourisme, malgré les efforts de l’OMATHO. Aussi, le rapport retient l’étroitesse du marché du tourisme de loisirs, le coût des visa et la politique de délivrance des visa, le coût élevé des transports aériens intérieurs, le peu de diversification des offres des fournisseurs de services comme hôtels, restaurants, agences de voyage, le manque de personnel qualifié, l’insuffisance d’accès au financement pour les entreprises touristiques, la difficulté d’accès à la terre pour les promoteurs d’infrastructures, les opérations bancaires.
Face à ces obstacles, l’équipe de la Banque Mondiale a proposé un programme d’assistance sur trois ans et en trois phases.

Se donner les moyens pour surmonter ces obstacles

Le Directeur général de l’OMATHO a trouvé le rapport intéressant et complémentaire de la stratégie et le plan de développement du tourisme au Mali que le département est en train de réaliser. Cette étude, qui est phase finale, va faire des projections sur les dix prochaines années.

Pour Oumar Balla Touré, l’important est que ce rapport permet d’identifier les obstacles majeurs qui freinent la promotion du tourisme. « Une fois ces obstacles identifiés, nous nous donnerons les moyens institutionnels, techniques et financiers pour essayer de les surmonter et faire du tourisme la première économie de ce pays. Ce qui est probable si l’on sait que le coton n’est plus ce qu’il était pour notre économie et que l’or s’épuise avec le temps, de même que le pétrole. Mais la culture est toujours là, que nous devons monnayer à travers le tourisme. C’est un exercice très passionnant que nous sommes en train de faire avec tous les services techniques de l’Etat concernés  » a souligne M. Touré. Il a de même précisé que sur le plan règlementaire, notre pays dispose des meilleurs textes mais qui sont difficilement appliqués. Il a cité comme exemple les difficultés de faire profiter les exonérations accordées pour les importations des équipements entrant dans la construction des infrastructures hôtelières ou l’identification des espaces prévus pourtant dans les schémas directeurs des villes.
En tout cas, les experts de la Banque Mondiale estment que le Mali peut devenir une destination touristique importante. Pour cela, il faudrait créer un éventail de produits touristiques tout en continuant à mettre l’accent sur la richesse de son patrimoine culturel, historique et naturel.

Youssouf CAMARA

05 décembre 2008