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Boucler la ceinture de sécurité, dès que l’on s’installe dans un véhicule, ainsi que ne pas téléphoner au volant doivent rentrer dans les habitudes des maliens, pour devenir des réflexes très ordinaires.

C’est ainsi qu’aujourd’hui 1er février, les nouvelles mesures prises par les pouvoirs publics visant les conducteurs et passagers qui voyagent à bord de véhicules légers, à impérativement porter une ceinture de sécurité, et à ne pas utiliser le téléphone au volant, rentrent en vigueur.

Minimiser les risques de décès et de blessures graves liés aux accidents de la route, reste le principal objectif de ces nouvelles mesures.

Depuis les drames sur la route nationale 6 en septembre et octobre, dans le but de discipliner les conducteurs, autorités maliennes en charge des transports ont pris de nombreuses mesures comme : l’interdiction du téléphone au volant, le port de la ceinture de sécurité, le permis de conduire et le port d’un casque protecteur pour les motocyclistes.

Cependant, contrairement aux deux premières dispositions dont l’application entre bien en vigueur aujourd’hui, les deux dernières ont été différées lors du Conseil des ministres du 10 janvier dernier, afin de procéder à une large sensibilisation des motocyclistes.

Pour nombre d’usagers de la circulation, ces nouvelles mesures, sont pertinentes. Cependant, l’application de la mesure concernant le port de la ceinture va poser un certain nombre de problèmes.

Tout d’abord, nombreux maliens sont réticents envers cette mesure, car estiment qu’ils ont toutes leur vie circulé sans ceinture et que rien de fâcheux ne leur est arrivé pour autant. Certains pensent que c’est par snobisme que nos autorités ont pris cette mesure, pour eux « c’est une affaire des Blancs » et les autorités se fatiguent pour rien.

Au Mali, il y a beaucoup de voitures qui sont de véritables tacots, elles n’ont ni phares, ni ceintures, ni rétroviseurs, mais circulent quand même …

Les propriétaires de certaines voitures, n’ont jamais vu de ceinture de leurs yeux. Donc, ils devront aller à la casse, pour s’en procurer, afin de ne pas se faire arrêter lors des contrôles à venir.

D’autres véhicules, bien que n’étant pas de vieilles guimbardes pour autant, n’ont jamais vu leurs ceintures utilisées. Ainsi, ces dernières sont en quelque sorte rouillées…
Avec le problème de poussière qu’on a au Mali, toutes les ceintures sont en général noires de poussière après autant d’années d’inutilisation. Donc, pour ne point salir ses vêtements, il va falloir les laver, frotter, astiquer pour qu’elles soient portables.

Comme anecdote, il y a certains touristes qui lorsqu’ils arrivent au Mali et prennent le taxi, ont parfois des surprises désagréables, lorsqu’ils attachent la ceinture. Ils ressortent avec une belle trace noire de poussière sur leurs habits, laissée par la ceinture de sécurité.

Le code de la route stipule pourtant en son article 27 que « le port de la ceinture de sécurité est obligatoire en circulation hors des agglomérations, pour les conducteurs et les passagers des véhicules automobiles d’un poids total autorisé en charge n’excédant pas 3,5 T, équipés de ceintures« .

Mais le même article dispose plus loin que « dans les agglomérations, les autorités investies du pouvoir de police de la circulation peuvent rendre obligatoire le port de la ceinture sur tout ou une partie du réseau routier urbain« .

L’arrêté N°00-2911 fixe les conditions du port de la ceinture de sécurité. Son article 3 indique, à cet effet, que « les places avant des voitures particulières doivent être équipées de ceinture de sécurité à trois points munies de tracteurs à verrouillage automatique ou à verrouillage d’urgence. Toutefois, aux places centrales, les ceintures sous abdominales sont admises dans les cas où ces places ne sont équipées que de deux ancrages« .

Le document précise en son article 4 que « les places arrières des voitures à l’exception des strapontins et des places qui ne font pas face à l’avant des véhicules, doivent être équipées de ceintures de sécurité sous abdominales ou à trois points. Les places centrales pourront cependant ne peut pas être équipées de ceintures si les places latérales sont équipés de ceintures à trois points »

L’article 5 stipule que « les places avant des camionnettes doivent être équipées de ceintures de sécurité, selon l’emplacement considéré : les places latérales et les places centrales. Toutefois, lorsque la conception et l’architecture du véhicule ne permettent pas la pose d’un troisième point d’encrage aux places latérales avant, ces places pourront être équipées de ceintures de sécurité sous abdominales« .
Ainsi, les contrevenants s’exposent à des amendes dont le montant sera déterminé sous peu par les autorités en charge.

1er février 2007.