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L’A.E.S. attaque les sociétés minières au tribunal de la Commune II

L’association pour l’environnement et la santé sise à Djélibougou en Commune I du district de Bamako assigne en justice les exploitants miniers du Mali et leur demande de lui payer… «150 milliards de FCFA» de dommage. Créée le 18 avril 2008 et a reçu son récépissé le 6 mai attaque les sociétés minières au tribunal de la commune II le 12 mai.

A en croire qu’elle a été créée pour les besoins de la cause. D’autant qu’elle n’a pas hésité à réclamer la faramineuse somme de 150milliards de FCFA pour les communautés soit disant victimes et pour elle-même, A- souligné, le conférencier.

Poisson d’Avril ou fuite du cerveau, l’association dénommée Action pour l’Environnement et la Santé (AES), vient d’assigner en justice les sociétés minières du Mali à titre de réparation des dommages causés aux personnes, à leur cadre de vie (air, terre, Eau flore et faune) ainsi qu’à elle-même. L’affaire sera tirée au clair, le 28 mai, par le Tribunal de la commune II.

Les responsables du secteur minier visés par les attaques de l’association ont organisé, le mardi dernier, une conférence de Presse à l’hôtel Laico El Farouk (ex-Kempinski) pour prendre à témoin l’opinion nationale et Internationale sur cette affaire La conférence était animée principalement par Mahamadou Samaké dit Sam,

Directeur exécutif de Randgold Mali, Ibrahima Kantao, Secrétaire général du Conseil National des Opérateurs Miniers du Mali (CNOM) et Abdoulaye Pona, Secrétaire Général de l’Union Nationale des Opérateurs Miniers du Mali (UNOMIN).

L’association, défendue par Maître Cheick Oumar Konaré, avait sollicité auprès Tribunal de commettre un huissier et un expert pour aller évaluer, sur place, «l’ampleur des dégâts».

Cette requête a été examinée hier par le Tribunal. Au cours de l’audience, les avocats des opérateurs miniers conduits par Me Harouna Toureh ont soulevé des exceptions, notamment l’incompétence de la cour à juger l’affaire. Le délibéré sur cette question a été renvoyé au mardi 27 mai.

Le Directeur général de Randgold Mali n’a pas manqué de marquer sa surprise devant cette situation, même s’il admet que Randgold, en tant que sujet de droit, ne saurait se soustraire de l’action judiciaire.

L’activité minière peut souvent causer des dommages sur l’environnement, cependant il faut limiter ces dommages à leur plus simple expression. Ce qui explique les contrôles internes réguliers sur la qualité de l’eau, de l’air, les contrôles extérieurs diligentés par l’Etat.

Sans compter l’étude d’impact environnemental qui est une condition sine quanum pour l’installation de toute compagnie minière au Mali.

Parlant du mercure et du cyanure, les substances les plus incriminées par l’association, le directeur de Randgold Ressources Mali a, d’abord, expliqué qu’aucune mine en exploitation n’utilise le Mercure et que pour le cyanure dont le seul nom sème l’effroi et la peur, son utilisation, qui remonte à une cinquantaine d’années, est parfaitement maîtrisée par les sociétés minières.

La preuve, le produit qui intervient dans la procédure de l’extraction chimique de l’or est conservé à l’usine dans des tanks et des Travailleurs le manipulent à longueur de journée sans porter atteinte à leur santé, car les normes de sécurité sont respectées.

Les supers terrestres de cette procédure ne se sont-ils pas inspirés du rapport médiatisé de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme)?

Cette Fédération, qui a dressé un bilan compromettant sur les sociétés minières en Afrique, spécialement au Mali,

classé 3ème producteur du continent, se muant en justicier des temps modernes, sait-elle au moins qu’avant l’arrivée de SEMOS à Sadiola l’eau était pratiquement imbuvable, car pour l’avoir bue il fallait s’attendre à une éruption de boutons sur son corps? S’interroge le Directeur de Randgold Ressources-Mali.

S’agissant du cas de fausses couches, que la mine de Sadiola aurait engendrées dans un rayon de quelques quarantaines de kilomètres, la réponse de Mamadou Samaké, Sam précise : comment ces « ravages » sont-ils commis à une quarantaine de km alors qu’à la mine où vivent 700 travailleurs et leurs familles aucun cas de fausses couches n’est enregistré ?

Par ailleurs, le tableau publié par l’AES et ses avocats est ignoble. »L’utilisation industrielle de produits hautement toxiques comme le mercure, le cyanure et les sulfures a eu pour conséquence d’affecter la qualité des ressources en eau des zones minières et, singulièrement, la nappe phréatique des cours d’eau.

L’eau du fleuve Sénégal est sauvagement et illicitement détournée par certaines sociétés, privant ainsi les populations et les animaux d’une ressource essentielle à leur survie et aggravant leur vulnérabilité aux maladies liées au manque d’eau.

Les mêmes méthodes, pratiques et produits industriels néfastes ont affecté gravement la santé de nombreuses personnes travaillant dans les mines ou résidant à proximité des unités minières», tels sont quelques morceaux choisis du terrible réquisitoire monté par l’AES contre les compagnies minières opérant au Mali.

Un réquisitoire terrible, mais qui, à en croire toujours le Directeur exécutif de Randgold Ressources-Mali, n’a rien à voir avec la réalité. Les entreprises incriminées par AES et ses avocats, dont plusieurs multinationales, ont pour noms : Morila-SA, SEMOS-SA, Yatela-SA, Somika-SA, Avnel, Iamgold SA, Randgold Ressources, Randgold Exploration, Tambaoura Mining Corp-SA et SegalaMining Corp-SA.

Pour ce qui est de l’association, il a été donné aux journalistes d’apprendre, lors de la conférence, qu’elle a été créée le 18 avril et c’est le 6 mai que le récépissé lui a été délivré et c’est le 12 mai qu’elle a traduit les compagnies minières en justice.

L’AES a été créée pour les besoins de la cause et réclame la somme de 150 milliards
de FCFA pour les communautés soit disant martyrisées et pour elle-même, à but non lucratif qu’elle est.

Le principal conférencier, n’a pas manqué d’attirer l’attention sur le fait que l’association ne recèle en son sein aucun membre avec le profil d’expert en environnement ou dans les questions minières.

Présidée par un certain Alhassane Camara, commerçant de son état domicilié à Moribabougou, dont un enseignant à la retraite, d’une ménagère et d’une secrétaire. Tout se passe alors comme si l’association est tentée par l’argent facile.

« Nous allons nous battre, dans les règles de l’art, car nous n’entendons pas payer l’argent facile à qui que ce soit » évoque le Directeur de Randgold Ressources -Mali.
Le second intervenant fut le Secrétaire général du Conseil National des Opérateurs Miniers du Mali (CNOM) pour enfoncer le clou.

« Cette nouvelle forme d’agissement doit être dénoncée avec la plus grande rigueur, pour éviter à notre pays de basculer dans une ère d’anarchie et de lutte pour le gain facile, amenuisant ainsi les efforts déployés par les autorités successives de notre pays pour créer un climat favorable à l’investissement privé qui ont fait de notre pays une destination sûre« , a déclaré Ibrahima Kantao.

En effet, a poursuivi l’orateur, la relecture des textes législatifs et réglementaires applicables aux secteurs productifs en général et au secteur minier en particulier ont permis la découverte et l’exploitation des gisements d’or, inaugurant ainsi l’entrée de notre pays dans le cercle des grands producteurs en Afrique.

Ceci a permis d’améliorer notre balance commerciale, de créer des emplois, d’apporter des contributions substantielles au Trésor public, d’améliorer les conditions de vie des populations dans les zones minières, de développer les activités connexes.

« Il convient de rappeler à ces nouveaux types d’agitateurs que la mise en exploration d’un gisement au Mali est précédée d’importants travaux de recherche pendant de longues années (8-10ans) et qui nécessite d’énormes ressources financières (10-15 milliards de FCFA) de la présentation d’une étude de faisabilité à l’Administration des Mines qui comporte,

entre autres, (Art.78 du Décret n° 99-255/P-RM du 15septembre 1999) : l’évaluation des réserves ;


la méthode de traitement du minerai, la note d’impact socio-économique du projet ; la note exposant la comptabilité du projet avec le respect de l’environnement et les mesures envisagées pour la protection de l’environnement,la protection et la réhabilitation des lieux .

Au Mali l’expérience a montré que l’investissement requis pour arriver à la production du premier lingot est compris entre 50 et 150 milliards de FCFA environ« , a précisé Ibrahima Kantao.

Le demandeur réalise également une étude d’impact environnemental à soumettre au Département a poursuivi Ibrahima Kantao. Ces études font l’objet de réunions interministérielles regroupant toutes les administrations impliquées dans la gestion du secteur minier et les promoteurs.

C’est seulement lorsque les différents départements sont convaincus que toutes les éléments qui concourent à la réalisation du projet dans les règles de l’art et en conformité avec toutes dispositions d’ordre public sont réunis, qu’il est recommandé au gouvernement l’octroi du permis d’exploitation.

Au cours de l’exploitation, les agents de l’administration chargée des Mines, en liaison avec le ministre chargé de l’Environnement, assure une surveillance permanente du site par des visites régulières.

La question que se pose les uns et les autres est de savoir qui est dernière cette association ? Cette association veut-elle s’inspirer sur le cas de la Côte d’Ivoire ou des pays industrialisés ?

En tout cas attendons les jours à venir nous édifierons.

Affaire à suivre

Moustapha GUITTEYE

26 Mai 2008