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«Nous constituerons un groupe alternatif » au gouvernement d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). C’est ainsi que Soumaïla Cissé a redéfini sa ligne de conduite politique après avoir reconnu sa défaite à l’élection présidentielle du 11 août dernier. Mais jusqu’où peut aller la «contradiction» entre les «vieux amis» ?

jpg_une-2014.jpgAvant même la proclamation officielle des résultats du scrutin du 11 août, la page de la présidentielle de 2013 semblait tournée. Les protagonistes se repositionnent sur un autre terrain : pour ou contre le régime qui sera mis en place par le président élu. Appelé à sauver le pays et sa démocratie, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) – aussi plébiscité qu’il soit – doit avoir en face une opposition forte et organisée. Cette perspective est d’ailleurs encouragée par la communauté internationale au premier rang de laquelle l’Union européenne, premier partenaire du Mali dans le processus actuel de sortie de crise.

La force politique contradictoire en cours d’organisation sera donc incarnée par le principal candidat malheureux, en l’occurrence Soumaïla Cissé. Celui-ci, pour magnifier la sincérité de sa subordination au verdict des urnes, a mis en avant une photo, vielle de près de 30 ans, et sur laquelle on peut voir lui-même, son challenger IBK, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Ali Nouhoum Diallo et l’actuel secrétaire général de la présidence de la République, Ousmane Sy, entre autres. «Nous nous connaissons depuis fort longtemps», admet Cissé.

Les quatre personnalités sont des caciques du pouvoir Adéma d’Alpha Oumar Konaré (1992-2002). Aujourd’hui, les vicissitudes de la vie politique ont fait que ces différentes personnalités notamment Soumaïla Cissé et le nouveau président élu ne parlent plus – politiquement – le même langage. Mais il n’en demeure pas moins que le premier fut ministre des finances durant le temps qu’a régné le second à la primature (1994-2000).jpg_une-2015.jpg

Porté aujourd’hui vers l’opposition, Cissé peut-il jouer le rôle d’opposant sans état dame ? «Nous critiquerons s’il le faut, nous ferons avancer la démocratie par la contradiction, par [des idées] alternatives», explique-t-il. Comme leur parti d’origine, l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma-PASJ), le Rassemblement pour le Mali (RPM) d’Ibrahim Boubacar keïta s’est inscrit dans une ligne politique socialiste contrairement à l’Union pour la République et la démocratie (URD) de Soumaïla Cissé qui est pratiquement libérale.

Pour l’une ou l’autre camp, la tâche du redressement de la vie politique et économique est immense. De la refondation du système politique et sécuritaire au développement socioéconomique, en passant par les efforts de réconciliation, la reforme de l’éducation et la lutte contre le chômage, etc., tout est urgent et prioritaire.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 14 Août 2013