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Incontestablement beaucoup de surprises. Mais 2011 pourrait être aussi une année très riche en évènements politiques car elle sera marquée par les préparatifs des élections générales de 2012. Donc une année pré-électorale.

Le paysage politique malien ne connaîtra pas, certes, un bouleversement extraordinaire, mais les observateurs nationaux et internationaux risqueront bien d’être servis. Et bien de pronostics pourraient être déjoués. A commencer par le choix d’un candidat de consensus pour l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA) en vue de briguer la magistrature suprême en 2012.

Selon certaines indiscrétions, le dépôt de candidatures, qui devrait commencer dès ce mois de janvier, a été reporté sine die pour le mois de mai prochain. Sans surprise, la commission de réception des candidatures, présidée par le 1Er vice-président, Ibrahima N’Diaye, allait recevoir au moins une dizaine de candidatures que la conférence nationale de l’ADEMA aura la lourde charge de départager lors de sa prochaine réunion. Si le parti réussit à éviter la cassure, il pourrait s’attaquer aux autres défis de l’année notamment l’investiture du candidat choisi et la négociation des alliances avec les autres formations politiques.

Parmi celles-ci, on cite, entre autres, le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), créé seulement en 2010, mais qui compte déjà dans le landerneau politique du Mali. Les responsables de ce parti envisagent de marquer la nouvelle année d’une empreinte indélébile. En effet, Hamed Diane Séméga et ses amis, qui ont fait leur rentrée politique de 2011, se préparent activement à organiser le congrès constitutif du PDES avec à la clé des structures organisées et des dirigeants capables de faire face aux défis futurs. Conscients que la tâche ne sera pas facile vis-à-vis des ténors de la classe politique comme l’ADEMA et l’URD, les dirigeants du parti présidentiel envisagent de saisir leur chance de figurer dans le peloton de tête des partis politiques qui compteront en 2012.

Comme eux, le parrain de l’URD, Soumaïla Cissé a aussi des ambitions. Son retour annoncé au cours de cette année provoque déjà des questionnements dans certains états-majors politiques.
En effet, le président de la Commission de l’UEMOA, qui est en fin de mandat, est très attendu par les militants du parti de la poignée de mains. Soumaïla Cissé prendra certainement les reines du parti et tentera de donner un nouveau souffle à l’URD avant les échéances de 2012.

Entre ces grands rendez-vous, la nouvelle année sera marquée aussi par des élections partielles et probablement un referendum constitutionnel. Dès le 6 février prochain, les partis politiques de la commune IV du district de Bamako et certains indépendants tenteront d’en découdre et se positionner pour l’année électorale à venir. Cette élection partielle est un test pour des partis politiques comme la Codem et le PDES. En revanche, le parti Yelema de Moussa Mara, l’éphémère maire de la Commune IV, ne participera pas à ce coup d’essai à cause de l’invalidation de sa liste par le tribunal administratif.

Quant au referendum constitutionnel, son organisation reste liée à la volonté du président de la République. Pour l’organiser au-delà du premier trimestre 2011, il faut l’implication des acteurs de la classe politique. D’où l’éventualité d’une prorogation du mandat présidentiel et la nomination d’un leader politique à la primature. Certains observateurs sont cependant très sceptiques quant à l’organisation de ce referendum. Ils pensent que la nouvelle année nous réservera beaucoup de surprises.

De surprises, il en y aura, avec la fusion d’une dizaine de partis politiques en vue des élections présidentielles de 2012. Si cela se réalise, ce serait une première depuis l’avènement de la démocratie au Mali. Que des partis politiques décident de fusionner et de choisir un candidat unique afin de briguer la magistrature suprême, est une initiative à encourager.

Aussi, l’année pourrait être marquée par deux autres actes politiques notamment un éventuel départ du Premier ministre, Modibo Sidibé et sa désignation comme candidat à l’élection présidentielle de 2012 par l’Adema ou un regroupement de partis politiques en gestation. Le chef du gouvernement ne s’est pas encore prononcé sur la question, mais beaucoup d’indices montrent déjà que sa démission du gouvernement et sa cooptation comme candidat à la future présidentielle, ne sont désormais qu’une question de calendrier.

Idrissa Maïga

17 Janvier 2011.