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Dans les vieux pays démocratiques, l’élection du président de la République suffit pour connaître les partis au pouvoir, ses alliés et leurs adversaires. Les législatives ne sont qu’une occasion de confirmation du poids des différents camps.

jpg_une-2021.jpgLe président IBK a été élu par les maliens avec un score plébiscitaire de 77,61 % des voix. Les observateurs politiques décryptent toujours les acteurs qui oseront s’engager dans l’opposition. Si le candidat malheureux du scrutin du 11 août, Soumaïla Cissé, a indiqué qu’il constituera, avec ses partenaires du Front pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR), un «groupe alternatif» au pouvoir d’IBK, il n’en demeure pas moins que des doutes persistent sur l’engagement des principaux partis de cette plateforme politique, en l’occurrence l’Adéma-PASJ et l’URD.

Dans les pays africains, une drôle de culture politique sous-tend que «si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi». Cette perception conduit le pouvoir à «toujours chercher à détruire l’opposition dans ses relations et dans ses moyens de production». «Même si tu as une usine, il le met en faillite. Cela doit cesser», proteste un député qui fut ministre de la République. Nos chefs d’Etat sont-ils prêts à se défaire de cette habitude ? Rien n’est moins sûr.

Après la présidentielle, les regards sont maintenant tournés vers les législatives. Ces échéances sont attendues pour la fin de l’année mais aucune date n’a été arrêtée à cet effet. Le parlement constitue un enjeu politique pour plusieurs chefs de partis. C’est l’occasion d’apprécier le poids politique du parti au pouvoir et ses contre-pouvoirs.

Dans les «nations démocratiques», les acteurs politiques et leurs partis ont déjà des lignes fixes. Le groupe qui accède au pouvoir sait d’aventure les forces avec lesquelles il peut travailler mais aussi celles dont la collaboration est presqu’impossible. A priori, les jeux d’alliances présagent un retour de la gestion consensuelle du pouvoir car aucun parti, y compris celui du président élu et la coalition qui l’a soutenu au premier tour, ne semble en mesure d’emporter une majorité absolue. Il faut trouver «un certain consensus pour qu’il y ait le calme» afin de circonscrire les revendications sociales.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 16 Août 2013