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Qui sera le dauphin de Sa Majesté ? A moins de deux ans des présidentielles, aucun pronostic sur le probable successeur de Sa Majesté sur le trône de Koulouba. Non pas parce qu’il n’y a pas de prétendants, mais parce que rien ne permet, pour l’instant, de le reconnaître entre les prétendants. Surtout, dans un contexte pourri- tique marqué par les ruses, les coups bas, et la délation. Mais grâce à sa boule de cristal, le « Palmipède » a réussi à l’identifier. Portrait.

A la fin de son mandat, en 2002, le président Alpha Oumar Konaré, avertissait, déjà, qu’il ne serait « indifférent, ni à ce qui surviendra après lui, ni à qui viendra après lui… ». L’ancien Chef de l’État, avait indiqué que le choix du candidat à sa succession retiendrait son attention. Il avait avancé les critères que devrait remplir son dauphin : « … Pas de loyauté conjoncturelle, mais une loyauté éprouvée, résistant à l’épreuve du pouvoir, à l’épreuve du temps…

Ancien président, ancien conseiller municipal, ancien secrétaire général, pour notre honneur. Mais jamais ancien militant… Les vainqueurs, en dehors d’eux, ne sauraient être que des usurpateurs… L’alternance n’est pas une scène de théâtre où l’acteur, ayant fini, disparaît derrière les rideaux pour toujours… »

Il était clair que Alpha avait repéré son dauphin, en dehors de sa famille politique. Son choix fut porté sur un certain Amadou Toumani Touré, qui dispose, à ses yeux, d’une loyauté éprouvée, résistant à l’épreuve du pouvoir. Puisqu’il a su rendre le pouvoir aux civils à l’issue de la Transition.

Quels critères pour le successeur d’ATT ? Certains observateurs pensent qu’il y a un pacte entre ATT et Alpha. Quelle est la nature de ce pacte ? On n’en sait rien. Par contre, une chose est sûre : les présidents africains s’impliquent dans le choix de leur successeur. « Pour protéger leurs arrières », dit-on. Dans ce cas, il est fort probable, que le président ATT ne puisse pas rester indifférent au choix de son successeur.

Si les raisons, qui ont motivé le président Konaré à s’impliquer dans la désignation de son successeur, reposent sur sa volonté de « protéger ses arrières » il est plausible que ce soient les mêmes raisons qui amèneront ATT à dresser le portrait de son dauphin. Mais ne nous leurrons pas. Ce dauphin est désigné suivant les mêmes critères que ceux avancés par Alpha. Et qui reposent sur sa loyauté. Mais surtout, sur son « indépendance » vis-à-vis des partis pourri –tiques.

Partant de ces critères, le dauphin de ATT ne serait ni Soumaïla Cissé, candidat naturel de l’URD ; ni IBK, leader du RPM ; ni Soumana Sacko, le candidat indépendant ; ni Cheick Modibo Diarra, l’ex-beau-fils national. Encore moins Dioncounda Traoré, l’abeille en chef.

Le dauphin d’ATT, il faudra le chercher ailleurs, en dehors des partis politiques. Mais, parmi ceux qui marchent dans l’ombre du pouvoir, discrets et loyaux. Suivez notre regard !

Rodrigue

Le Canard Déchaîné du 23 Juin 2010.