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Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, a présidé, hier dans un hôtel de la place, l’ouverture des travaux de l’atelier de validation de l’avant-projet de politique nationale pénitentiaire et de l’éducation surveillée.

Cet atelier, qui durera deux jours, rassemble des experts du secteur de la justice, des représentants du gouvernement, des Organisations de la société civile et des partenaires internationaux. Il importe de préciser que l’adoption de cet avant-projet vise à renforcer davantage les capacités de l’administration pénitentiaire de notre pays après d’importants investissements de l’État.

Il est le premier document de politique nationale pénitentiaire et de l’éducation surveillée dans notre pays depuis son accession à l’indépendance. À cet égard, il convient de reconnaître que de cette période à nos jours, des initiatives salvatrices n’ont pas manqué dans ce domaine. Mais elles n’ont pas toujours bénéficié de la volonté ou de la vision politique nécessaire à la mise en place d’un tel instrument programmatique, pourtant, indispensable pour un réel développement de ce sous-secteur de la justice.

C’est fort de ce constat que le département en charge de la Justice a décidé d’inverser cette tendance et d’impulser une dynamique nouvelle dans la gestion et l’administration des établissements pénitentiaires. Cela, afin de s’orienter vers une meilleure professionnalisation favorable à une bonne gouvernance du sous-secteur.

Pour le ministre chargé de la Justice, il s’agit de l’expression d’une volonté forte de rationalisation de l’action publique pénitentiaire désormais incarnée par une double mission; à savoir la sécurité et la réinsertion sociale. «Ce document se veut un outil de programmation proposant, en perspective, face à l’état des lieux réalisé, des actions correctives afin de permettre à l’administration pénitentiaire de notre pays de répondre aux défis actuels et futurs», a fait comprendre Mahamadou Kassogué.

Selon le Garde des Sceaux, face aux nouveaux défis sécuritaires caractérisés par le terrorisme, la radicalisation et l’extrémisme violent ainsi que la criminalité transnationale organisée, il y a une impérieuse nécessité de disposer d’un tel outil prenant en compte l’ensemble des segments de la gestion du milieu carcéral.  Le ministre Kassogué a exhorté les participants à des débats francs, fructueux et constructifs afin qu’au sortir de cette rencontre, notre pays puisse disposer, enfin, d’un document-cadre.

De son côté, le chargé d’affaires de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas au Mali a apprécié à sa juste valeur les efforts consentis par le ministre Mahamadou Kassogué pour le portage des réformes pertinentes afin de renforcer l’appareil judiciaire malien. Bastiaan Engelmard est convaincu que l’élimination de l’impunité par la mise en place d’un secteur judiciaire efficace et fiable est également un élément essentiel pour parvenir à la sécurité et à la stabilité. «Nous sommes fiers que nous pouvons être un partenaire du Mali dans ce processus», a-t-il fait savoir.

Il s’est réjoui d’accompagner ce processus d’élaboration à travers le Programme d’appui à la stabilisation du Mali à travers le renforcement de l’état de droit (Prosmed). Pour lui, il s’agit d’une dimension importante du renforcement du contrat social.  Pour sa part, le représentant du Prosmed a espéré que le document, qui sera validé durant ces deux jours, contribuera considérablement à la modernisation de l’administration pénitentiaire et à l’alignement de ses pratiques aux standards internationaux. Maleye Diop a réitéré la  volonté des Nations unies en général et du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en particulier à continuer de soutenir les différentes réformes du secteur de la justice en vue de l’avènement d’institutions judiciaires stables au profit des populations maliennes.

Souleymane SIDIBE

Source: L’Essor