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«Ce qui me fait mal, pourquoi les Maliens sont pressés que je parte », affirmait ATT sur Africa 24. Lorsque le général à la retraite prenait le pouvoir en 2002, les Maliens soucieux de la justice sociale ont applaudi à grand cri. Mais hélas ! Au bout de quelques mois seulement, ils ont été déchantés dans les faits. Premier acte de rupture, c’était la nomination d’un ancien ministre de l’ex général déchu à la Primature. Cela n’était très grave pour qui connaît les qualités de Mohamed Ag Hamani. La chose la plus grave chez le général ver de Guinée, c’est la hausse de la délinquance financière à tous les niveaux.

Les Maliens sont pressés qu’ATT parte parce que : la délinquance financière, la corruption ont pris des proportions inquiétantes ainsi que l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes contre l’économie nationale :

– le bradage des entreprises et sociétés d’Etat à des hommes de paille a fait perdre à jamais des milliers d’emplois pour les travailleurs maliens ; mieux ce phénomène a fait basculer le secteur formel dans l’informel,
compromettant ainsi les recettes fiscales ; la spéculation foncière et l’expropriation arbitraire qui n’épargne même pas les titres fonciers à plus forte raison les humbles citoyens ;

– le chômage endémique qui frappe la jeunesse malienne alors que des recrutements de non diplômés s’effectuent dans la fonction publique au profit des enfants des tenants du pouvoir ;

– l’école malienne est à son plus bas niveau ; deux enfants sur trois ne savent ni lire ni écrire au moment où le personnel enseignant ne se reconnaît pas dans les conditions matérielles et salariales que l’Etat lui offre ; les prestations offertes par les services publics de la santé restent largement en deçà de ce que le public malien attend, malgré les investissements réalisés par l’Etat dans les hôpitaux où l’affairisme règne au sein du corps médical malgré le serment d’Hippocrate.

Les malades sont orientés vers les cliniques privées et pour les ordonnances des pharmacies sont indiquées. La justice malienne s’illustre par sa grande capacité à être «INJUSTE», les citoyens ne croient plus en elle, puisque convaincus que la corruption des hommes en robe détermine le verdict final qui leur expose. Ce qui a d’ailleurs amené l’ex président Alpha Oumar Konaré à dire un jour aux magistrats : «la sécurité du juge réside dans le droit dit et bien dit».

Malheureusement, le message est tombé dans l’oreille d’un sourd. Le pouvoir en place se substitue à la justice. Pour avoir dit le droit dans l’affaire BHM, des magistrats de la Cour suprême ont été limogés et un régisseur de prison purge sa peine. L’insécurité à droit de cité sur toute l’étendue du territoire national, aussi la bande sahélo saharienne occupée par les bandits armés ont poussé l’audace jusqu’à faire atterrir un Boeing bourré de drogue dans le nord Mali.

Récemment, le journal «Le Monde» titrait «le Mali carrefour de drogue». Dans le sud et dans la capitale, les coups de mains des brigands individuels menacent la sécurité des paisibles citoyens. Le président de la République dénonce lui-même ces travers, mais les dispositions pour les résoudre restent en attente, mais pour les Maliens incertaines.
Celui que les Maliens croyaient plus honnête et rigoureux dans la gestion de la chose publique vient de décevoir plus d’un. Alors, sachez faire surtout un choix judicieux entre les candidats en 2012.

Safounè KOUMBA

10 Janvier 2011.