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Ainsi, la mise en place de la Coordination du District de Bamako prévue pour le dimanche prochain s’annonce comme un défi. De toute évidence, les négociations entre la tren­taine de partis politiques pour la constitution du bureau du District ont dû être houleuses car la direc­tion des instances de l’Alliance suscite des convoitises redoutables.

Au préalable, l’ADP a constitué ses Coordinations régionales à travers le territoire natio­nal. Et les choses n’ont pas été faciles. L’Adéma qui est de loin le mieux implanté parmi les partis de l’Alliance dans les régions se voit disputer sa préten­tion à présider la destinée du Club.

Ce n’est pas fortuit ! L’ADP a un peu tordu le cou à certaines conve­nances locales en regrou­pant pour une même cause des formations politiques qui étaient jadis des « enne­mis » jurés. Il n’y a qu’à se rappeler les empoignades parlementaires entre le CNID et l’Adéma et les luttes électorales lointaines et récentes pour com­prendre avec quelle peine l’hégémonie de l’Adéma peut déranger à Ségou.

Il en va de même pour Kidal dont la Coordination est dirigée par le CNID. La gêne que cela provoqua chez la « toute puissante » Adéma était évidente. En effet, des suites de tracta­tions dans les coulisses de la réunion constitutive, les abeilles de Kidal, certaine­ment par politesse plutôt que par conviction, ont accepté les implorations du CNID qui croit désormais à la naissance d’une nouvelle ère pour lui dans les contreforts de l’Adrar. Mais plus de 24 heures après la séance, le parti de l’abeille voulut faire marche arrière en sollici­tant une autre place plus importante (juteuse ?) à défaut du secrétariat géné­ral, qui devrait lui incom­ber en vertu « du droit de terre« , avant de renoncer à ses ambitions.

Il y a de quoi se deman­der pour quelle raison tant de tiraillements existent entre les membres de l’ADP. Une des causes pourrait être stratégique puisque la campagne prési­dentielle peut être une aubaine à tous points de vue. Les moyens attendus pour mobiliser permet­tront à ceux qui contrôlent les hautes instances de pré­parer les législatives et autres élections consécu­tives à la présidentielle.

Pourtant, c’est peut être avec frayeur que les mili­tants des partis politiques qui ont souscrit à l’ADP projettent leurs actions futures. La question qui taraude leur esprit est de savoir si celui qu’ils vou­draient pour candidat aux présidentielles va accepter de débourser à leur faveur lors des élections qui sui­vront, notamment les légis­latives.

D’autres interrogations s’imposent à l’ADP. Même si ATT soutenait à son tour les partis membres, ce sou­tien aura une portée rédui­te car ne pouvant être que financière.

Hors, le glas du consensus étant sonné, les idéologues de l’Alliance comptent sur une majorité parlementaire. L’idéal, pour ainsi dire, serait des listes communes ADP.

Serait-il utopiste de croire que la cohésion qui prévaut maintenant pourra sur­vivre après la présidentielle ? En tout cas, au niveau local, les enjeux pourraient changer.

Les individualismes ne manqueront pas, le candidat à soutenir n’étant plus ATT mais celui d’un autre parti. Le risque d’hiatus est très élevé ! Pour les états majors des partis ADP les préoccupa­tions locales compteront.


Soumaïla T. Diarra

02 Mars 2007.