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L’Adéma/PASJ traverse la crise la plus aiguë de son existence. Elle est consécutive aux crises traversées par le parti pendant la première décennie de son existence (1994-1999 et 2003). Ces dates correspondent à des crises postélectorales.

La situation que nous vivons actuellement est en partie du même ordre dans sa manifestation. C’est une situation qui est plus le fait d’une élite minoritaire au sein du parti qui s’appuie sur des groupes sociaux et politiques souvent abusés pour pérenniser leurs avantages égoïstes même si l’intérêt général nécessite une transformation.

Dans les mois à venir nous ne devons pas faire l’économie d’une analyse approfondie des crises cycliques au sein du parti et des moyens à mettre en œuvre pour minimiser le plus possible leur impact sur sa bonne marche.

L’Adéma/PASJ, de sa création à nos jours, a toujours lutté pour un Mali où seraient mises à l’honneur les valeurs qui fondent notre société et qui ont fait la grandeur de notre pays et qui ont pour noms : la dignité, l’amour de la patrie et de son prochain, l’amour du travail, la justice, l’ordre et la discipline, honnêteté, le respect du bien public, la tolérance et la solidarité.

Un Mali moderne qui émergera d’une synthèse intelligente des valeurs positives de sa culture millénaire et de celles universelles de liberté et de droit de l’Homme et du citoyen et de démocratie pluraliste. Le parti s’est résolument engagé à œuvrer à la construction du Mali nouveau et moderne en restant fidèle aux valeurs fondatrices de notre société ci-dessus citées.

Tout en militant dans la lutte pour l’accès « au bonheur par le labeur » pour tous les Maliens, il a fait sienne la quête d’une Afrique ayant enfin retrouvé sa dignité, unie, debout, prospère et capable de peser chaque jour davantage sur la marche du monde. Le combat pour la réalisation de ces grandes options ne pouvait être mené que par des militants engagés, désintéressés, visionnaires, humbles et prêts à tous les sacrifices pour leur patrie.

Le parti a connu cependant de nombreuses difficultés surtout ces dernières années dans l’exercice du pouvoir et la gestion des alliances. D’une façon générale, la situation actuelle du parti est le résultat de la conjugaison de différents facteurs : la volonté indéfectible des militants à la base de sauver un parti qui fut l’objet de plusieurs dissensions. Cette situation menace l’existence même du PASJ aujourd’hui. Il faut la changer au plus vite.

Pour ce faire l’Adéma doit renouer avec ses valeurs fondatrices dont il n’aurait jamais dû s’écarter. Il s’agit donc aujourd’hui de redonner au PASJ une âme et un corps sain en le ramenant à ses fondamentaux en termes de valeurs, de dimensions de ses organes et de la configuration de ses structures et instances.

C’est le sens de la nécessaire refondation de notre parti. Celle-ci passe par l’actualisation de sa doctrine, par une affirmation plus forte de son code éthique et moral et par une relecture de ses statuts pour un redimensionnement de ses structures et organes. C’est seulement ainsi qu’on pourra réinstaurer la cohésion de l’Adéma. En effet, il faut se convaincre une fois pour toutes que la réinstauration de la cohésion du parti ne résultera pas des incantations, mais du respect par tous de ses valeurs de base et de l’identification et l’adoption d’objectifs politiques communs relatifs au devenir de notre pays et se situant au-dessus des intérêts personnels.

La marche vers de tels objectifs se fera nécessairement dans la cohésion et la discipline car leur atteinte sera l’unique préoccupation de tous ceux qui y auront adhéré. Le moment est donc venu pour tous les militants et toutes les militantes de l’Adéma, en tout cas pour tous ceux qui croient aux valeurs fondatrices de notre parti de se mobiliser pour ramener le parti à ses fondamentaux. Les militants du parti ont aujourd’hui de toute urgence à assumer leurs responsabilités en refondant le parti afin de lui permettre de se remettre sur les rails de ses valeurs premières.

Il nous faut ouvrir un nouvel espace de pensée et d’action en sortant des carcans dans lesquels se trouve le parti. En refondant le parti, nous aurons tout simplement répondu aux vœux des militants ces dernières années. Faisons en sorte que les relents de démagogie et d’angélisme qui ont dominé le discours politique de certains dirigeants du parti soient évités. Pour ce faire, un effort continu est nécessaire.

Nous aurons à distinguer radicalement ce qui, dans les aspirations et les attentes des militants, peut prendre place de façon constructive dans un nouveau projet de société. Cette perspective est à partager et à construire avec le plus grand nombre. Nous proposons ici une démarche concrète pour associer tous les acteurs qui portent en eux la dynamique du changement. Dans le processus de refondation du parti, les conflits les plus aigus pourront émerger entre les aspirations d’une large partie des militants et les conceptions autoritaires et conservatrices des dirigeants politiques.

Sous forme de rappel mais aussi d’engagement à penser et à agir, un espace politique nouveau peut offrir, à l’aube du nouveau Mali qui se construit, une alternative. Il est donc urgent de redonner vie à notre parti. La refondation qui va revoir radicalement le fonctionnement du parti est incontournable. Ce nouveau projet qui n’exclut à priori personne du débat propose les perspectives d’un engagement pour la réussite de tous. La refondation vise à fonder une nouvelle espérance. Nous nous situons au début d’un processus long et complexe. Une certitude nous anime néanmoins celle de rester et d’être des partenaires actifs de l’histoire.

Mais avant la réalisation de ce grand projet pour notre parti Adéma/PASJ, il y a la nécessité en toute urgence de tenir un congrès extraordinaire dans un bref délai.

Ce congrès extraordinaire qui aura pour objectifs de consolider nos acquis, nous permettra de clarifier l’orientation politique du parti cela ayant déjà fait l’objet de débats lors d’une réunion de comité exécutif dont une grande majorité s’était prononcée pour le soutien au président de la République Ibrahim Boubacar Kéita dont le parti RPM partage la même orientation idéologique que nous.

Ce congrès extraordinaire nous permettra en outre de procéder au remembrement du comité exécutif fortement éprouve par de nombreux départs et de décès afin de lui redonner sa fonctionnalité, et lui permettre de réorganiser le parti, préparer les prochaines échéances électorales législatives et communales. Ce congrès extraordinaire donnera au comité exécutif remembré dans toute sa composante une légitimité.

Contrairement à ce que certains esprits malveillants membres du comité exécutif sont en train de propager comme quoi c’est au sein des membres actuels du bureau qu’il y aura le remembrement qu’ils se détrompent, les textes sont clairs là-dessus l’ensemble des délégués mandatés à cette instance sont tous électeurs et éligibles.

Pour un rappel à certaines presses qui sont en train de faire croire que le mandat de ce comité exécutif s’achemine à son terme, nous leur disons que le mandat du comité exécutif de l’Adema/PASJ est de quatre ans (4 ans) renouvelable dont ce bureau ayant été mis en place lors du congrès ordinaire des 24, 25 et 26 octobre 2008 son mandat est expiré depuis octobre 2012.

Le congrès extraordinaire donnera au comité exécutif remembré sa légitimité et le mandatera pour organiser et tenir un congrès ordinaire qui procédera au renouvellement des structures du parti à la relecture des textes pour traduire dans les faits la refondation du parti.

La tenue de ce congrès extraordinaire n’est qu’une question de semaines sinon de jours surtout si nous savons qu’à l’heure où nous vous parlons plus d’une cinquantaine de sections de l’intérieur comme de l’extérieur ont saisi le comité exécutif pour la tenue de cette instance dans un bref délai.

Camarades militants du parti africain pour la solidarité et la justice sachez que ce congrès extraordinaire se tiendra et que l’Adema vivra et vaincra.

Amadou Diarra

(militant, Commune IV)

16 Septembre 2013