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La guerre est donc à nos portes ! Cette guerre qu’on voyait ailleurs et dont on avait tant entendu parler. Cette guerre qu’on a voulu éviter coûte que coûte depuis la dernière, livrée contre le Burkina Faso en décembre 1985 avec un certain capitaine Blaise Compaoré, n°2 du pouvoir burkinabé d’alors. Cette guerre qui s’annonce n’est pourtant pas comme celle qu’on a déjà connue. Cette fois-ci, on ne sera pas seul face à un ennemi identifié.

Mais on sera plusieurs contre des ennemis hétéroclites, plus adeptes de la guérilla et du terrorisme que de soldats rompus au combat classique. Des ennemis qui utiliseront tous les moyens licites ou illicites pour tuer au maximum et faire le plus de dégâts collatéraux possibles. Pour mener à bien cette guerre-là, il nous faut d’abord mener une autre guerre contre nous-mêmes : celle qui va nous permettre de nous départir de la division qui nous mine de l’intérieur.

Oui, c’est unis que nous serons forts. C’est aussi unis que nous saurons déjouer les pièges et les affres du péril islamiste. Pour cette première guerre, nous disposons, non pas des armes, mais des atouts nécessaires que sont la solidarité, le pardon, l’appartenance commune à des valeurs sociétales… Et lorsque du Nord au sud, de la colline à la vallée, des uniformes à la tunique, de la tête bien pensante aux bras valides, nous nous donnerons la main, alors et alors seulement nous serons des conquérants.

Des conquérants à l’image de Soundiata Kéita, de Sonni Aliber, de Firhoun, de Babemba Traoré… Cette union sacrée sera comme un bouclier protecteur qui va dérouter nos ennemis, tout en galvanisant nos alliés. Dans une guerre, il n’y a jamais de véritables gagnants, car chacun subit des pertes. Mais dans une guerre pour la paix et la dignité retrouvée, aucun sacrifice n’est et ne sera de trop. Nous avons une dette morale et une dette de sang à payer.

Nous avons aussi un message fort à faire passer : le Mali peut mettre un pied à terre, mais le Mali ne sera jamais à terre. De nos douleurs et erreurs d’aujourd’hui, bâtissons de nouveaux soubassements capables de résister à n’importe quelles nouvelles secousses dans l’avenir sans que la maison Mali ne puisse être ébranlée.

Le monde entier nous observe, certainement pas avec les mêmes objectifs. Ayons donc la force de leur démontrer que le miracle malien n’est et ne sera jamais synonyme d’un mirage sahélien.

Maliden

02 Octobre 2012