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Le deuxième congrès ordinaire du parti Sadi (Solidarité africain pour la démocratie et l’indépendance), prévu du vendredi 22 au samedi 23 décembre à Koutiala, est très attendu par les observateurs politiques. Hormis l’attente de l’annonce probable de la candidature du Secrétaire général du parti à l’élection présidentielle de 2007, on se demande si les questions de politiques interne et extérieure qui ont valu tant de commentaires sur le compte du Sadi vont occuper les débats.

Pour les faits, le Dr Oumar Mariko n’a pas été sur la même longueur d’ondes que le gouvernement malien sur certaines questions.

L’une des premières dissensions est venue de la position adoptée par l’Etat malien face à la crise politique intervenue en Côte d’Ivoire. Alors que Bamako cherchait moins à s’exprimer sur la crise ivoirienne au moment même où des gens insinuaient une quelconque implication du pays dans l’entretien du brasier, le Dr Oumar Mariko s’était insurgé contre ce qui ressemblait à une faiblesse de l’Etat malien face aux exactions perpetrées sur nos compatriotes en Côte d’Ivoire.

Ces commentaires n’ont pas laissé indifférentes les autorités qui ont vite fait de préciser que ces propos ne reflétaient que l’opinion personnelle de l’orateur. Bien que l’on ait peu entendu le Sadi sur le sujet ivoirien après cette polémique, il est clair que le parti n’a pas oublié la sortie du gouvernement malien.

Mais son tableau historique porte également l’ombre du désaveu juridique de son engagement aux côtés des paysans. En effet, le Dr Oumar Mariko s’était engagé dans un combat judiciaire pour soutenir des paysans de l’Office du Niger dans une affaire qui a malheureusement tourné à sa défaveur.

Les paysans de l’Office du Niger qui s’estimaient arbitrairement dépossédés de leurs terres ont été soutenus un moment par le Dr Mariko avant d’être blasés par les incertitudes du combat.

S’il n’est un secret pour personne que le parti Sadi dont le Secrétaire général a toujours eu maille à partir avec certaines autorités du pays à cause de ses prises de position, le parti ne s’est jamais affiché ouvertement hostile au pouvoir.

Mais cette « cohabitation » qui ressemble fort curieusement à un « containment » du dessein politique du Dr Mariko va-t-elle survivre au rechauffement du climat politique malien ?

En tous cas, il y a de quoi s’interroger, même si rien ne présage d’une éventuelle montée de mercure de la part du parti Sadi. En clair, on ne peut plus jurer de rien en matière politique.

En ce qui concerne la candidature du Secrétaire général du parti, la question sera sans doute abordée au cours du congrès. Ce qui est sûr, même si le parti est présent au gouvernement, rien ne prouve qu’il va se priver de l’honneur de participer à toutes les élections de 2007.

On peut supposer que pour des raisons stratégiques, le Sadi va présenter un candidat à la présidentielle de 2007. Et ce candidat sera probablement son secrétaire général.

Le congrès qui s’ouvre à Koutiala, le vendredi 22 décembre, aura cinq points à son ordre du jour parmi lesquels : l’organisation de la jeunesse et des femmes du parti ; la participation du parti aux élections générales de 2007 ; l’élargissement du bureau et la révision du document « Proposition de discussion avec notre peuple et avec les forces politiques ».

Soumaïla T. Diarra

21 décembre 2006.