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Après les élections du président de la république en 2013, l’opposition et la majorité ne regarde pas dans la même direction. Cette divergence a été accentuée avec la réélection d’Ibrahim Boubacar Keita qui était face au chef de file de l’opposition Soumaila Cissé au second tour comme en 2013. Des critiques, des marches de contestation, des marches réprimées….caractérisent la scène politique du Mali. La nécessité de s’assoir autour d’une même table afin de trouver un terrain d’attente se pose. Nouhoum Togo conseillé à la communication du chef de file de l’opposition et responsable de PDS et Abdoulaye Coulibaly conseillé national RPM élu de la région de Koulikoro

Pour Nouhoum Togo : Le président de la république Ibrahim Boubacar Keita est un président de « facto » car imposé par la cours constitutionnelle. L’élection du président a amené des contestations à l’intérieur comme à l’extérieur jamais égalées de 1960 à nos jours. La France a félicité le président avant la proclamation des résultats ce qui montre le complot de la communauté internationale contre le Mali.

Selon Abdoulaye Coulibaly : Ibrahim Boubacar Keita est le président de la république qui a reçu plus de cout provenant de la majorité de l’opposition aussi bien que la société civile. L’opposition est dans une dynamique de négationnismes, elle rejette catégoriquement les actions et les politiques du président sans faire une proposition. Ils veulent que le président de la république mette en œuvre un projet de société similaire au leur. Alors que leur projet de société a été rejeté par les maliens dans les urnes.

Comment procéder ce dialogue ?

Les deux ont affirmé que ce dialogue doit être inclusif, l’opposition, la majorité et la société civile doivent s’assoir sur une même table pour discuter.

L’opposition serait aux rendez-vous le jour où le président de la République convoquera tous les maliens à la discussion. « Nous avons des propositions concrètes » afin de remédier les difficultés du pays. « Nous avons des recettes pour le développement par ce que nous ne sommes pas des amateurs nous sommes des pros dans la gestion de l’Etat. Ibrahim est bloqué il ne sait pas sur quel saint se voué » dixit Nouhoum Togo

Pour Abdoulaye coulibaly : estime que ce dialogue doit commencer depuis la base notamment du village, commune région et national. Le débat doit aller au-delà de la politique et de l’administration. Mettre en place un « conseil national de la société civile » composé par toutes les composantes avec un canevas bien déterminé. Quant à la majorité, elle est prête sur tous les plans a mené un dialogue inclusive.

Ou se situe le Blocage ?

Nouhoum Togo affirme qu’il y’a une différence nette entre les discours du président en Français et celui du Bambara. « Ce que nous entendons du président de « facto » c’est qu’il veut tendre la main. Nous ne sommes pas contre ce débat politique, nous avons souhaité avoir des garantis, car ce qu’il dit aujourd’hui et ce qu’il dit demain ne sont pas les mêmes ». Il devrait d’abord s’adresser à la nation pour apaisement. En lieu et place de cet apaisement, « il continue à critiquer les gens, à discréditer les gens, à minimiser les gens surtout avec un comportement qui ne répond pas à un bon président. Le président souhaite leur rencontre avec le premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga, avant de le rencontrer. L’opposition n’est pas d’accord avec cette formule. »Autre point de discordance se situe au niveau du résultat de la rencontre entre l’opposition et la communauté internationale à travers Bouary qui affirme clairement que le président de la République n’est pas prêt à tendre la main.

« Le président n’a pas la volonté de faire cette rencontre car il ne peut vivre dans l’eau que lorsqu’elle trouble il préfère cette situation pour que la communauté internationale accuse l’opposition de l’avoir empêché de travailler, il n’a ni la volonté ni les moyens de faire face aux défis du pays. »

La main tendue n’est qu’un mot « nous voulons que ses propos soient transformé en acte concrète. L’opposition souhaite un appel publique et officiel du président de la république à l’endroit de tous les maliens ». « Nous serions aux rendez-vous d’un appel de ce genre » affirme M.Togo.

Par contre Abddoulaye coulibaly estime que l’opposition s’est trop radicalisée. Ils rejettent les politiques du président sans fondement aucune. Le comportement qui caractérise l’opposition est le « négationnisme » de l’opposition catégorique sans faire des propositions. Ils mettent souvent en cause la légitimité du président. « Tant qu’il y a le feu, l’exécutif cherche à l’éteindre d’abord. Le temps imparti et le moyen à éteindre ce feu sera un manque de rendement ailleurs. L’opposition malienne ne sait même pas où allé.

Que faut- il faire pour briser la barrière ?

Nouhoum Togo « Nous sommes dans une situation de détresse national pour se faire il faut une cohésion nationale autours du pays ». Le président doit ouvrir et tendre sa main de façon concrète. « Ce n’est pas la communication qui doit gérer le pays, mais les actes communicationnelles ». À titre d’exemple « La révision constitutionnelle nous sommes pour, nous voulons que ça ne se fasse pas dans les bureaux ou dans les salons. Elle doit être élaborée en étroite collaboration avec le peuple malien »

Pour sa part Abdoulaye Coulibaly évoque que le président de la République et son exécutif ont tous intérêt à une cohésion sociale. Les deux protagonistes doivent mettre un peu d’eau dans leur vin. Que le président de la république demande le dialogue et que l’opposition accepte de prendre la main tendue du président. Regarder dans le même angle, mettre le Mali au-dessus de tout, à mettre de côté ce qui divise au profit de ce qui unit

A quand le Dialogue ?

Nouhoum Togo et Abdoulaye Coulibaly souhaitent que ces débats se tiennent dans un bref délai afin de sauver le pays. Selon eux les défis auxquels le pays est confronté sont énorme ils sont d’ordre sécuritaire, économique, environnement……

Bissidi Simpara

Bamako le 03 Janvier 2019

©AFRIBONE