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Si les candidats à l’investiture des deux grands partis, Ron Paul (Républicain anti-guerre) et Dennis Kucinich (aile gauche des Démocrates et favori des Pacifistes) avaient été occultés pendant les élections primaires, ces autres candidats, eux, ont été totalement ignorés : Ralph Nader, Cinthya Mc Kinney (candidate des Verts et ancienne Sénatrice démocrate anti-guerre africaine-américaine), Bob Barr (parti libertarien) et Jerry White (Socialist Equality Party).

C’est que la machine de propagande électorale du candidat Barack Hussein Obama était extrêmement puissante. Du moins, c’est ce qui ressort de la deuxième partie du texte de l’analyste politique, Joëlle Pénochet, intitulé “Barack Obama : une victoire programmée par le Nouvel Ordre Mondial”, publié le 9 Novembre 008 et revu et corrigé par l’auteure le 21 Novembre de la même année.

Black out sur les autres candidats

Selon le Center for Responsive Politics (un organisme spécialisé dans l’étude des élections aux Etats Unis), le coût de la campagne de 2008 d’Obama atteindrait, au total, 2 milliards de dollars. Et le candidat démocrate avait bénéficié du double de la somme de son concurrent (John Mc Cain), soit 639,2 millions de dollars, (un record historique pour un candidat à la présidentielle), dont un quart seulement proviendrait de petits donateurs, le reste provenant d’une myriade de petis comités créés de toutes pièces pour recueillir les fonds de financiers de Wall Street et consorts, tout en respectant cependant la loi.

En fin de campagne, Barack Obama avait fait diffuser un publi-reportage de 30 minutes de 3 millions de dollars sur 7 grandes chaînes de télévision nationales. Dans les 18 “Swing States » , c’est-à-dire, les Etats qui avaient “balancé ou hésité”, et où l’élection d’Obama n’était pas assurée, les spots publicitaires du candidat démocrate avaient été quatre fois plus nombreux que ceux de John Mc Cain. Face à ce déluge de dollars distribués au parti démocrate par les grandes corporations, les candidats des petits partis n’avaient aucune chance d’obtenir un score honorabe. Surtout que la plupart des élections américaines ne connaissaient d’ailleurs même pas l’existence de ces petits partis.

Par exemple, Ralph Nader, qui était uniquement financé par l’aide légale de l’Etat et les petits donateurs, n’avait collecté, au total, que 4 millions de dollars, soit l’équivalent de ce qu’Obama avait recueilli en moyenne… par jour. Malgré une campagne marathon très professionnelle à travers tout le pays, et malgré la présence de candidats dans 45 Etats, Nader n’avait recueilli que 0,5% des voix. Quant à l’outsider Ross Perot, il avait obtenu plus de 18% des voix en 1992. La Commission des débats (télévisés) voulait donc éviter le même scénario avec Ralph Nader.

C’est peut-être pourquoi depuis 200O, les petis partis sont exclus des grands débats télévisés. Pourtant, ils constituent un poids déterminant dans le résultat final des élections.


Des raisons d’une élection

Pour conserver leur hégémonie dans le monde, les Etats Unis ont besoin de redorer leur image extrêmement dégradée par les deux mandats du Président le plus impopulaire de toute l’histoire politique américaine : George Walker Bush. Le choix du candidat républicain John Mc Cain avait donc inéluctablement favorisé l’élection de Barack Obama. C’est que Mc Cain est âgé, falot, peu brillant, peu avenant. Cest également un homme du passé que la plupart des américains associent à la guerre du Vietnam, et dans lequel les nouvelles générations d’Américains ne pouvaient se reconnaître.

Auusi murmure-t-on que John Mc Cain et Sarah Palin (sa colistière excentrique et ultraconservatrice) auraient été utilisés comme “repoussoirs“ pour mieux faire élire le candidat démocrate Obama. Mais en réalité, les Américains étaient plus que jamais préoccupés par leur situation sociale, dont l’aggravation s’est accélérée depuis la crise financière américaine, survenue à un moment fort opportun pour le candidat démocrate Obama.

D’autre part, à une large majorité (plus de deux tiers), les Américains étaient opposés (et le sont toujours) à des interventions à l’étranger (par exemple, l’invasion de l’Irak par les Etats Unis) qui grèvent lourdement le budget de l’Etat. C’est que toutes les infrastructures du pays continuent de se dégrader, surtout dans des secteurs-clés comme l’Education, la Santé, les Transports… C’est d’ailleurs ce courant majoritaire qui avait permis aux démocrates de reprendre le contrôle du Congrès, en Novembre 2006.


De “mystérieuses“ prédictions

D’autres questions se posent, auxquelles il est actuellement difficile de trouver des réponses. Par exemple, pourquoi, comment et par quel “miracle” le même Colin Powell (ancien Chef d’Etat Major des Armées américaines), ainsi que Joseph dit “Joe“ Biden et Zbigniew Brzezinski avaient-ils pu prévoir “des évènements très graves” qui se produiraient après l’intronisation du nouveau Président (Obama)? Etait-ce une manière malintentionnée de le “tester“ ou de lui… mettre des bâtons dans les roues? Les deux, répondent certains analystes politiques américains… Mais cela avait-il un quelconque rapport avec le soutien de Colin Powell qui était convoité par Obama?

Par ailleurs, l’ancien Ambassadeur américain aux Nations Unies et faucon notoire de l’ex-régime, John Bolton, avait prédit qu’Israël pourrait attaquer l’Iran, après l’élection présidenielle et avant la prise officielle du pouvoir par Obama.

Faut-il alors redouter de nouveaux attentats terroristes qui fourniraient l’alibi idéal à Obama pour ne pas répondre aux attentes de ses électeurs? Ces attentes étaient pourtant enracinées dans son programme des élections primaires, conçu pour conquérir les progressistes restés subjugués par le candidat, en dépit de sa radicalisation à la droite extrême.


Pour une politique réaliste

Lors de son discours de victoire, Obama a déjà annoncé que “la route sera longue et difficile“, et que les promesses ne pourraient peut-être pas être tenues “sur une année, et même sur un seul mandat”. Et comme l’écrivait justement Serge Halimia, “Obama paraît donc mieux armé pour renouveler le leadership américain dans le monde“, c’est-à-dire rehabiliter la marque Amérique, rendre plus performantes, plus accompagnées et mieux acceptées les interventions des Etats Unis à l’étranger.

Aussi, à ceux qui rêvent encore qu’un Président “multiculturel” et né d’un père kenyan serait le signe de la venue d’une Amérique “new age“ ou “new look“, à ceux qui pensent à la farandole d’une ronde où tous les gars du monde se donneraient la main, le candidat démocrate Obama a déjà retorqué qu’il s’inspirerait moins des Pink Floyd (Groupe musical) ou de M. George Mc Govern que de la politique étrangère “réaliste et bipartisane du père de George Bush, de John Kennedy et, à certains égards, de Ronald Reagan“.

Avec le Président Barack Hussein Obama, la fin de l’hégémonie des Etats Unis dans le monde n’est pas pour demain. Bien au contraire, elle sera inévitablement renforcée, et peut-être même plus forte qu’elle ne l’a jamais été. Et le mouvement pacifiste sur lequel les Démocrates avaient fait un hold-up, lors de la campagne présidentielle de 2004, n’est pas près de renaître de ses cendres. Du moins, pas dans l’immédiat.

Rassemblées par Oumar DIAWARA

13 Mai 2009