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La politique agricole de l’union (PAU) a été adoptée en décembre 2001. Elle vise à « contribuer de manière durable à la distribution des besoins alimentaires de la population, au développement économique et social des Etats membres et à la réduction de la pauvreté. Elle vise à réaliser la sécurité alimentaire à travers la réduction de la dépendance alimentaire au sein de l’union et à améliorer les conditions de vie des producteurs par le développement de l’économie rurale, la revalorisation du statut social des agriculteurs et par une amélioration des produits agricoles.

La PAU veille à assurer le développement d’une agriculture durable, dans un contexte global de changement climatique. La mise en œuvre de ces deux politiques s’est traduite par la conduite d’action structurante qui a permis la mise en place d’un cadre institutionnel, des instruments de pilotage et de financement ainsi que de mesures réglementaires. L’adoption par les Etats membres de leurs programmes d’investissement agricole (PNIA), dans le cadre des processus du programme détaillé pour le développement de l’agriculture (PDDAA) de l’union africaine est un préalable.

Dans les pays de l’Uémoa, comme ailleurs en Afrique de l’ouest, l’agriculture occupe une place prépondérante dans l’économie des Etats. De 39,9 % en 1997, la part de l’agriculture dans le PIB est passée à 34,9 % en 2009, soit un recul de 5 %. Le rapport de la banque africaine de développement sur « la stratégie du secteur de l’agriculture 2010-2011 » indique que la croissance économique en Afrique subsaharienne a atteint près de 3 % au cours des 5 dernières années. Toutefois, la croissance par habitant basée sur l’agriculture a été inférieure à 1 %.

Selon ce même rapport, le PIB agricole par agriculteur, au cours des deux dernières décennies, a enregistré une croissance de 2 % en Asie et de près de 3 % en Amérique latine contre moins de 1 % en Afrique. Cette baisse du poids de l’agriculture dans la création de la richesse totale des pays montre que le secteur agricole, au cours de la période considérée, a été moins performant que les autres secteurs l’économie. Malgré cette faible performance du secteur dans les économies nationales par rapport aux autres secteurs, la croissance agricole dans la zone a été d’environ 6,5 % au cours des cinq dernières années. Plus de la moitié des pays ont atteint la cible de 6 pour cent du PDDAA.

Il ressort de l’analyse que la croissance du PIB imputable l’agriculture est au moins deux fois efficace dans la réduction de la pauvreté que les croissances du PIB imputable à des secteurs autres que l’agriculture. L’ensemble des Etats membres de l’union ont pris en 1996, lors du sommet des chefs d’Etat sur la sécurité alimentaire, l’engagement de réduire la moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici 2015.

A l’instar des pays de l’Afrique de l’ouest, les ressources naturelles et agricoles des Etats membres de l’Uémoa, bien qu’ayant souffert de l’exploitation abusive et de l’effet néfaste des changements climatiques, demeurent encore importantes. Le potentiel agricole qui couvre les terres agricoles et les forets, les flancs d’eau et les rivières, la faune et le bétail abonde dans la zone Uémoa.

Au Mali, les terres arables occupent 33 275 000 ha, les surfaces cultivées 3 341 000 ha. Concernant les domaines spécifiques des productions animales, les échanges non monétaires du bétail hors marché constituent un important facteur de cohésion sociale. Le sous secteur élevage présente les atouts suivants: meilleures valorisations des ressources fourragères locales pour l’élevage des ruminants; l’existence d’écosystèmes favorables au développement de l’élevage dans tous les pays de l’union.

Les complémentarités évidentes en termes d’offre et de demande du fait du commerce intense du bétail entre les pays sahéliens et les pays côtiers. La bonne organisation de la filière avicole moderne dans l’espace Uemoa et la complémentarité des filières végétales et animales. La relance de l’agriculture de l’union permet aux Etats membres d’accéder l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement par l’amélioration de l’accès aux intrants, aux équipements et à la gestion durable des terres…

Les contraintes auxquelles l’agriculture des Etats membres est confrontée sont nombreuses et variées. La principale contrainte se rapporte à la variabilité et à la vulnérabilité climatique et confères à l’agriculture une importance à nourrir la population. La politique agricole de l’union vise (PAU), vise à relancer de façon durable, les défis auxquels l’agriculture est confrontée.

Elle s’articule autour de trois axes d’intervention qui sont: l’adaptation des systèmes de production et l’amélioration de l’environnement de la production; l’approfondissement du marché commun dans le secteur agricole et la gestion des ressources partagées; l’insertion de l’agriculture de l’union dans les marchés sous-régional et mondial.

Avec la campagne 2011-2012, les pays se retrouvent à nouveau face à un risque de crise alimentaire. Dans ce cadre conformément à la décision de ses organes délibérants, la Boad a mis en place au profit de chaque Etat de l’union, deux facilités pour une assistance financière d’urgence. Il s’agit d’un prêt direct immédiat de 1,5 milliard F CFA par pays et d’un prêt de 2,25 milliards de francs CFA par Etat, à travers la rétrocession du montant global de 18 milliards F CFA à mobiliser sur le marché régional des capitaux.

Les perspectives de relance du secteur agricole en vue de la réalisation d’une sécurité alimentaire durable ont été identifiées à travers neuf axes d’interventions prioritaires.

Il faut souligner que dans le cadre de la relance de la production et de la productivité agricoles à travers la mise en œuvre de ces axes en vue de la réalisation de la sécurité alimentaire, les organes et institutions de l’Uemoa ont engagé des programmes d’un montant global de 405 683 milliards de F CFA. Cependant cette relance de l’agriculture pour être durable nécessite un financement de 844 521 milliards de F CFA. Enfin, il est proposé la mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation, comprenant un comité de suivi et d’un comité de pilotage, en vue d’assurer la réussite des actions identifiées dans le rapport.

Abou Kamara

(stagiaire)

31 Octobre 2013