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En réalité, tout se joue dans ce tour de passe-passe autour du remaniement ministériel au sujet duquel on a que trop épilogué. En effet, le jeu furtif auquel les différentes tendances politiques se livrent est assez simple : observer, autant que faire se peut, le canon du consensus pour ne pas se disqualifier. Cette lecture est propre particulièrement aux partis politiques dont la position pour les prochaines échéances présidentielles demeure obscure.

Pour certains politiques, mieux vaut tout faire pour ne pas « froisser » l’aura du locataire de Koulouba en se gardant de toute velléité électoraliste. Ces partis, qui savent leurs chaises du gouvernement éjectables, ne se trompent pas. L’exécutif est effectivement un sésame pour les partis politiques. Beaucoup se souviennent de l’expérience chaotique de ceux qui avaient fait l’option de la rue sous le gouvernement de Ibrahim Boubacar Kéïta, alors Premier ministre de Alpha Oumar Konaré.

Par ailleurs, même les adversaires les plus farouches du camp présidentiel lorgnent les portefeuilles ministériels. Et c’est de bonne guerre ! Les risques que pourraient courir ces derniers en agissant autrement sont de plusieurs ordres. D’abord, les ministres du gouvernement de Ousmane Issoufi Maïga se trouvent très proches de Koulouba. Le premier dilemme pour n’importe quel parti voulant donner libre cours à ses visées électoralistes sera de choisir entre son ou ses ministres, hommes liges du Président de la République, la rupture totale avec le gouvernement et l’avantage d’avoir un pied dans le gouvernement en cas de remaniement.

Le remaniement ministériel attendu, qui ne finit pas d’être reporté, n’échappe guère à cette logique.

A en croire des analystes de la scène politique ATT a surtout besoin d’une équipe de « croisés ». Pour les tenants de cette hypothèse, le prédisent de la République attend l’occasion propice pour constituer cette fameuse équipe gouvernementale. Dans cette atmosphère de haute surveillance, chacun des protagonistes évite les erreurs de parcours en attendant l’heure fatidique.

Soumaïla T. Diarra

28 juillet 2006