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La célébration demain jeudi du 47e anniversaire de la police nationale par une frange de policiers divise ce corps. La division syndicale de la police nationale crie à l’imposture et au complot.

De tout temps, la police a fêté avec les autres forces armées et de sécurité du pays. Jamais de mémoire de Maliens, elle n’a organisé, isolément, un quelconque anniversaire.

Curieusement, depuis un certain temps, un groupe de policiers se réclamant de la Fédération des syndicats de la police, dirigée par Mamadou Z. Sidibé, est entré dans la danse pour, dit-on, organiser le 47e anniversaire de la police nationale, demain jeudi 4 octobre 2007.

C’est pour prendre à témoin l’opinion nationale et internationale contre ce qu’elle appelle « un complot au sein de la police nationale » que la division syndicale de la Section syndicale de la police nationale du district a rencontré hier à son siège au Groupement mobile de sécurité (GMS) la presse.

Cette rencontre avec les médias avait pour but de permettre à la section syndicale de manifester sa désapprobation avec des arguments à l’appui. La division syndicale, par la voix de son secrétaire général, Siméon Kéita, a trouvé anormale l’organisation du 47e anniversaire de la police en ce sens que l’histoire de cette dernière remonte à 1885.

Selon lui, si l’on s’en tient à cette date, la police a plus de 47 ans d’existence. « La police de tout temps a été militarisée jusqu’à la Conférence nationale en 1991 et a toujours fêté avec les autres forces armées. Si réellement, nous voulons démarquer la police des autres corps, il faut remonter en 1991, date à laquelle elle a été démilitarisée et dotée d’un statut autonome ». Ce qui démontre à suffisance, aux dires de M. Kéita, que la police n’a pas 47 ans d’existence.


Des préparatifs en catimini

Ce qui paraît écœurant selon le conférencier, c’est l’organisation en catimini du fameux anniversaire. « A notre entendement, la police est nationale, mais l’anniversaire dont il s’agit s’organise uniquement à Bamako. Et les autres unités de l’intérieur ne sont pas avisées ». Ce qui dénote, a dit le responsable de la division syndicale, que la fête n’est pas celle de la police nationale mais plutôt une volonté cachée d’une poignée de policiers de se médiatiser et de médiatiser une organisation syndicale en manque de légitimité d’autant plus, dira-t-il, que l’organisation se fait sous l’égide de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM).

« Cela prouve que c’est loin d’être la fête de la police nationale. Si c’était le cas, les préparatifs allaient se dérouler dans les locaux de la police » , proteste le conférencier. « Si c’est pour une fête de la police nationale, pourquoi se cacher pour vendre des pagnes imprimés pour la circonstance ? » , se demande Siméon Kéita. Pour lui, c’est l’administration qui ne s’est pas assumée.

Quoi qu’il en soit, la division a adressé des correspondances à toutes les unités leur demandant de bouder le soi-disant anniversaire de la police nationale. Cette cacophonie, au sein des flics, pourrait être préjudiciable à ce corps, à son unité au moment précisément où tout est mis en œuvre afin que l’unité syndicale devienne une réalité.

Mohamed Daou

03 octobre 2007.