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Nommé à la tête de la Police, voilà deux mois, le contrôleur général, Niamé Keïta, pose déjà des actes qui ont le mérite de faire bouger les choses dans le bon sens au sein de l’institution.

Le nouveau patron de la police malienne n’a pas mis du temps à agir. Ancien directeur régional de la police du District de Bamako, ancien directeur adjoint de la police national, Niamé Keïta, est presque dans son jardin en occupant la plus haute hiérarchie de l’institution.

Sa nomination coïncidant avec la mise sur les rails de la politique gouvernementale sur le renouveau de l’action publique, dont un volet important est consacré à la sécurité, l’officier supérieur n’a pas tardé à mettre en œuvre certaines actions salvatrices dont quelques unes sont déjà visibles dans la capitale.

Ainsi, pour lutter contre l’encombrement des artères par les marchands, les vendeurs ambulants et autres mendiants, la police déploie quotidiennement des éléments de la compagnie de maintien d’ordre du GMS (Groupement mobile de sécurité) au niveau de certaines grandes artères de Bamako. Ces éléments ont pour mission de lutter contre l’occupation anarchique des voies.

Par cette action, la police, après l’échec de la politique de la carotte, s’est vue dans l’obligation d’utiliser celle du bâton.

Ça marche !

Le résultat est là. Désormais, avec cette présence policière, les vendeurs ont cédé la voie aux usagers des routes, qui auparavant, face à cette présence humaine sur la voie publique, étaient obligés de « céder la voie aux marchands ».

La police entend veiller à l’application stricte de cette mesure qui concerne également les mendiants au niveau des artères de la capitale.

Autre innovation, c’est la présence de la police au niveau du quartier Mali, précisément du côté de la passerelle.

L’endroit est réputé être accidentogène et cela se justifie largement à cause des accidents qui s’y produisent régulièrement. En effet, il est fréquent que des piétons se fassent écraser, dans leur tentative de traverser la voie, ou encore des gros porteurs se renversent avec leur contenu. Mais depuis quelques temps, la police veille. Elle « oblige » les piétons à emprunter la passerelle. Résultat : une réduction notable des accidents.

Parallèlement, la Compagnie de circulation routière, sous la houlette du divisionnaire Koureïchi, a enclenché une série de mesures pour lutter contre l’insécurité routière.
A cet effet, vu la fréquence des accidents de la circulation pour cause d’ivresse au volant, des agents de la CCR sont maintenant dotés d’alcotests.

Les premiers résultats sont édifiants, de nombreux conducteurs, dont des jeunes, ont été pris en état d’ébriété au volant.

Mais, la méthode Niamé Keïta, ne s’applique pas qu’aux citoyens. Comme il l’avait promis lors de sa prise de commandement, il entend (ré) instaurer l’ordre et la discipline au sein de la police. Toutes choses qui passent par un changement de comportement dans les rangs.

Selon des sources policières, le nouveau directeur, depuis quelques jours, a entamé des visites inopinées et nocturnes au niveau des unités de la capitale.
Objectif : s’enquérir du bon déroulement de la permanence, ainsi que des patrouilles nocturnes.

Dans certains commissariats de la capitale, le directeur de la police aurait surpris des agents plongés dans le sommeil, alors que d’autres étaient carrément absents de leurs postes.

Dans d’autres cas, les patrouilles étaient uniquement composées de jeunes agents, sans grande expérience, contrairement à une décision qui date de quelque temps et qui fait obligation aux commissariats de confier la responsabilité de ces patrouilles nocturnes aux inspecteurs de police. Cela afin d’éviter certains dérapages lors de ces missions.

En faisant le tour des unités, Niamé Keïta aurait surpris plus d’un agent, surtout que c’est à partir de 3 heures du matin qu’il entreprend sa « patrouille » au niveau des différentes unités de Bamako.


Klézié

24 Juillet 2008