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Un adage bien ancré de chez nous dit : «Il y a des touches du xylophone qu’il ne faut pas jouer». Le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) ne devait pas tomber dans ce piège des politiciens. Est-ce à croire que tous ceux qui ont soutenu la junte bénéficieront d’une promotion dans leur corps, dans les services publics ?

Dioncounda Traoré, le président par intérim de la transition et Cheick Modibo Diarra, Premier ministre, ont procédé par clientélisme politico-clanique pour la formation du gouvernement d’union nationale et celle de leur cabinet.
Facilité par le fanatisme et la corruption, fait que l’intérêt national de la Nation et l’avenir du pays ne préoccupent ni Dioncounda, ni Cheick Modibo, ni certains membres du CNRDRE. Chacun des deux hommes politiques (Dioncounda et CMD) tend absolument à se servir et à servir sa phratrie ou les intérêts des siens. Cela se sent même à travers les discours officieux en dehors des institutions.

Une société ne peut durer et atteindre son but que si elle est régie par des lois, auxquelles ses membres obéissent. Avant tout, nous demandons à l’Etat la paix, celle du dedans et celle du dehors.

Le gouvernement de transition doit assurer la paix entre les Maliens, protéger les honnêtes gens contre les délinquants et les voleurs, créer «la méritocratie» entre les agents de l’État. Éviter le clientélisme, dire qui a tort ou qui a raison quand survint un désaccord.

Voilà pourquoi il y a des gendarmes et des juges, une police et une justice. Comme on dit souvent, l’État a toujours existé : l’histoire nous le montre. Chaque fois qu’il a cessé d’être fort, la nation a connu les souffrances de la guerre civile, de l’invasion étrangère, la ruine et la misère.

Le pseudo-changement consistant à gratifier les proches du CNRDRE n’offre aucune assise stable à la transition. Soit que la junte étende son champ de largesse en provoquant des dérapages, soit qu’elle gratifie ses proches de la police et irrite les autres catégories.

Le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État sera lâché en fin de course par l’armée qui, en son temps, lâcha ATT pour mauvais traitement de ses frères d’armes.
Une transition est un pouvoir d’exception, qui permet de mettre le pays sur chemin à suivre pour son développement. Ce développement ne sera possible qu’en obéissant les lois de la République.

Qui fait la loi ? Les différents gouvernements.

Faire la loi (pouvoir législatif) ; l’imposer (pouvoir exécutif) ; juger les fautes (pouvoir judiciaire).

Qui possède ces pouvoirs ?

Dans le cas du Mali, on ne sait pas qui détient le pouvoir. Dioncounda Traoré ? Cheick Modibo Diarra ? Amadou Haya Sanogo ? Tel est le problème qui s’est posé à tous les peuples et que chacun a résolu à sa manière.

Il y a trois solutions possibles :

1. les pouvoirs appartiennent à un seul homme : Cet homme aura pris la première place (dictateur). Pour le monarque ou souverain absolu, la loi sera «ce qui lui plait», il le fera exécuter par ses serviteurs ; il pourra punir ou gracier à son gré. «L’Etat, c’est moi».

2. Les plus forts, les plus riches se partageront le pouvoir : Ce sera un gouvernement aristocratique.

3. La démocratie : Tous les hommes de la Nation, pensant qu’ils sont égaux, veulent prendre part au gouvernement : ce sera la démocratie.
Dans tous les cas, le moment n’est pas favorable à une quelconque promotion en direction des forces armées.

Surtout, un sentiment de suspicion s’est installé entre les policiers et la population qui se plaint de leur mode de recrutement et leurs agissements envers elle.

Safounè KOUMBA

02 Octobre 2012