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Les bénéficiaires des promotions exceptionnelles à la police nationale sont pris au dépourvu. Leur décret de nomination est suspendu.

Par décret n°2012-516/P-RM du 21 septembre 2012, des fonctionnaires de police ont été nommés à des grades de commissaires à titre exceptionnel. Le décret qui concerne 8 commissaires principaux et 20 commissaires n’a pas du tout été apprécié par le Syndicat national des commissaires de police (Synacompol).

Ce syndicat, en conférence de presse le vendredi 28 septembre, avait jugé la mesure « d’arbitraire » puisque « montée sur des bases claniques en faveur des militants d’un syndicat en l’occurrence celui du Syndicat national de la police (SPN) » et en violation du statut des fonctionnaires de la police. C’est la raison pour laquelle, il s’était dit déterminé à tout pour obtenir son annulation.

Des rencontres étaient en cours depuis la publication du décret entre le Synacompol et Kati, siège de l’ex-junte, pour retirer les promotions qui sont à l’origine du scandale de nomination à titre exceptionnel de sergents, sergents-chefs, adjudants, etc. (pour le motif que les nouveaux promus qui sont tous du Syndicat national de la police ont participé au coup d’Etat du 22 mars 2012) au grade de commissaires en violation des articles 120 et 121 du statut des fonctionnaires de la police nationale.

Selon le secrétaire général du Synacompol, Ousmane Diallo, que nous avons joint lundi au téléphone dans la journée, « le décret a été suspendu« . Cette décision, qui émane du ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, initiateur de la mesure et qui aurait obéi à des injonctions de Kati, a un caractère conservatoire. Il s’agit administrativement de surseoir à son application en attendant son abrogation pure et simple.

Cette suspension dégonfle le Synacompol, qui n’en demandait pas plus. Cet organe syndical était dans ses états pour la simple raison que l’attribution de galons au sein de la police nationale a toujours été faite selon des normes édictées par le statut qui régit le corps.

Le retrait du décret évitera aux autres corps comme l’armée, la gendarmerie de connaître les mêmes aventures ou soubresauts. C’est pourquoi les nominations exceptionnelles dans l’armée dont les bruits couraient ces derniers temps ont été rangées dans les tiroirs. La Grande muette a paré au plus pressé pour que notre armée ne soit à l’image de certains Etats latino-américains où il y a plus d’officiers que de soldats.

Abdrahamane Dicko

02 Octobre 2012