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Les patrouilles de sécurité sont devenues des casses-têtes pour les habitants de la capitale, particulièrement pour les riverains de l’ AC I 2000. Les patrouilles de la brigade de mœurs se livrent à des comportements abusifs : interpellations, menaces, harcèlements sont devenues monnaie courante pour les habitants de cette zone .

Il est 21h cette nuit du 20 septembre 2017 quand une patrouille de la brigade des mœurs interpelle deux résidentes de l’ ACI 2000 devant le totem de l’ Institut national de la prévoyance sociale(INPS) à quelques pâtées de l’hôtel Résidence Bouna.

M.T raccompagne son amie O.B venue lui rendre visite. Elles attendaient tranquillement un taxi devant le totem de l’ INPS quand elles furent interpellées et embarquées par des agents de la brigade des mœurs. M.T qui se trouvait à 5 m de sa maison n’avait pas sa pièce d’identité sur elle, polie elle s’excusa auprès des agents de sécurité pour expliquer qu’ elle raccompagnait juste son amie, qui cette dernière munie de sa pièce plaida pour son amie et disant qu’ elle se portait garant et proposait même d’aller chercher la pièce d’identité de cette dernière. Coup de bol, un voisin de passage venu accueillir une dame habillée en pagne wax comme si l’ habit faisait le moine ne semblait pas intéressée notre patrouille car nos deux dames MT et A. S étaient habillées une en robe d’intérieur ¾ soit au niveau du genou, et l’ autre en jean et tunique. Malgré l’intervention du voisin pour venir en renfort aux dames en vue de les éviter d’être embarquées dans le Pick-up, les deux amies se voient tirées par le bras par l’un des trois agents nommé « Doug » constituant la patrouille sous les vociférations du chauffeur qui s’impatientait. Commença alors une incessante tournée de l’ ACI vers Sébénikoro pour ensuite aller vers le marché à bétail, de deux passagères, elles se retrouvèrent à 11 passagères car le choix de la patrouille semblait se porter uniquement sur les femmes.

En effet,malgré les nombreuses présences mixtes devant les bars notamment « Bar Soleil 3 »toujours dans l’ ACI 2000. La patrouille a volontairement fait fi des hommes, aucune demande de pièce d’identité, aucun homme embarqué. D’où l’incompréhension de certaines passagères de cette singularité sexiste surtout que le Pick-up a bien dépassé en face de l’hôtel Colombus (sis ACI) un jeune homme habillé d’un jean et torse nu. Plus tard, la patrouille regagne les locaux de la Brigade judiciaire avec les 11 femmes à bord.

Une fois dans l’ enceinte de la brigade, nos deux dames eurent droit à un traitement spécial pour avoir demandé les raisons de leur embarquement et proposer de payer une amende sous la condition d’un reçu. A la stupéfaction des deux dames, elles furent mises dernières les barreaux sans qu’on les fournissent le moindre motif de leur traitement, aux dires du Compole (Commissaire de police), les deux seraient « Gonflées ». Elles auront droit à un traitement spéciale du fait d’avoir « oser demander le motif de leur arrestation ; en demandant la raison d’être de la brigade des mœurs, crime de Lèse Majesté » aux yeux de l’agent de permanence. Qui affirme que « ce n’est pas à deux petites pimbêches qui va leur apprendre leur métier et qu’il allait les montrer qu’est ce que c’est la loi. »

Signalons que sur les 11 embarquées par notre «fameuse patrouille » du 20 septembre 2017 de la brigade des mœurs, 5 femmes étaient en possession de toutes les pièces. En ces temps d’insécurité chronique où le citoyen est confronté chaque jour au grand banditisme, au risque terroriste, certaines forces de sécurité ne trouvent mieux qu’à s’en prendre à de paisible citoyens sous de prétexte fallacieux , se livrant sans pudeur la prévarication, à la corruption. Il est temps que la police revienne à sa fonction première : apporter la quiétude à la population dans le strict respect de la loi.

Une contribution de
Khadydiatou SANOGO
Journaliste-Spécialiste VBG

Du 21 Septembre 2017