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Non seulement les policiers maliens aux frontières ne payent pas de mine (déguenillés et mal chaussés) mais plus grave, ils s’autorisent à verbaliser sans pitié les usagers en règle. Exemple à la police des frontières de Koury.

Le samedi dernier, de retour du Burkina Faso, nous avons utilisé les frontières terrestres pour voir les améliorations au niveau du trafic des passagers, de la « libre circulation des personnes et de leurs biens ».

Nous avons pris à Bobo un car bondé de marchandises, avec des passagers obligés de trouver de la place pour leurs pieds. De Bobo à la frontière, tout se passe bien. Les policiers burkinabé attendent les passagers, chacun descend avec son titre de voyage (pièce d’identité et vaccination), le contrôle est fait en rang et l’on vous souhaite bon voyage. Le tout en moins de temps pour le décrire.

Moins de 5 km plus loin, côté malien, à Koury, une autre réalité. Le policier ramasse toutes les pièces, retourne s’asseoir dans son bureau. Les passagers passent à l’appel de leur nom et se voient infliger des amendes pour des raisons ou pour d’autres.

Nous avons voyagé avec un passeport. Le policier appelle le nom et annonce, « 1000 F CFA ! ». Interloqué, nous lui demandons pourquoi. Sans se départir de son calme, il annonce : « Pour le cachet ! » (le tampon qu’il a apposé sur le passeport pour certifier que nous sommes passés par là. Nous lui demandons si c’est pour payer l’encre, qui à notre avis, est fournie par l’Etat.

Devant les échanges, son chef arrive, regarde le passeport et sermonne son collègue : « Je vous ai toujours dit que les journalistes ne payent pas. Ce sont nos collaborateurs » (!!!?) Toujours est-il que nous recevons le passeport avec les excuses du chef.

Poste des pratiques anormales

Pendant ce temps, tous les autres paient. Pis, une Sud-Africaine n’avait pas de visa. « Je veux prendre le visa ici ». Réponse du policier, « ici on ne délivre pas de visa. Ici on verbalise ». La dame payera 10 000 F CFA, sans visa et sans reçu. Bien entendu, même ceux qui ont payé les 1000 F CFA pour le cachet n’ont pas eu de reçu. Nous mettrons quarante-cinq minutes.

L’Observatoire des pratiques anormales sur les corridors de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a récemment publié un rapport épinglant la police des frontières du Mali comme étant celle qui a le plus de « pratiques anormales sur les routes ». Mais, visiblement, ce rapport et cette mise à l’index n’ont ému à aucun niveau de la hiérarchie, puisqu’on ne constate aucun changement.

Pire, nos policiers à la frontière ne payent pas de mine. Ils sont déguenillés souvent, des habits sales, des chaussures usées au point que l’on prendrait certains pour des handicapés en les voyant marcher.

Il est urgent que les autorités mettent de l’ordre. Il s’agit de la première image et de la première impression du voyageur qui vient chez nous.

Alexis Kalambry

30 octobre 2007.