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Au sujet de la réussite ou non de l’Initiative riz, s’installe progressivement un débat qui ne doit certainement pas divertir ceux qui s’occupent déjà de la campagne agricole à venir. Un tel débat peut-il représenter un centre d’intérêt à mesure de divertir les populations à faibles revenus qui en sont encore à méditer sur une définition de la démocratie, à savoir si celle-ci est dans la tête ou dans le ventre ? Si nos gouvernants démocratiques en sont là à engloutir des milliards sans résultats palpables, il y a lieu d’être perplexes.

L’initiative a coûté au contribuable malien, rien que pour l’acquisition d’engrais, plus de 12 milliards de Fcfa. Les conditions de passation de ce marché- gré à gré- restent encore douteuses. Mais, il n’y a pas que l’engrais, l’initiative riz, c’est aussi plusieurs semaines de quête de semences du riz Nerica à l’extérieur, c’est aussi plusieurs missions d’études et de supervision.

Le dossier a été assez largement évoqué et souvent avec beaucoup de lucidité, ne laissant plus de place aux masques : mémorandum du Parena, les débats sur notre chaine nationale -et non dans la presse étrangère-, puis la décision d’importer du riz à la période de la récolte pour le pays de l’Office du Niger tape, dans le ventre, pourvu que le coup en reste là.

Le patron d’une institution financière dont une représentation se trouve à Bamako pour aider notre pays à se développer, rencontré hier, a été certes très réservé sur la question. Mais il a voulu être clair sur une chose, une évidence économique valable aussi bien dans un hameau qu’à Wall Street ou à Tokyo : quand l’offre augmente, le prix baisse. Après la récolte de l’initiative riz, le prix n’a pas baissé. Ce qui veut dire ce que ça veut dire.

Selon ce responsable de thérapie pour notre économie, les partenaires économiques et financiers ont donné l’assurance qu’ils ne vont pas diminuer leur aide cette année. Seulement la présente campagne a manqué de transparence et d’ouverture à l’ensemble des acteurs dont certains n’ont pas été écoutés. Projet agricole l’initiative riz doit être encouragée et les bailleurs ne disent pas autre chose.

Honnêtement, là, il n’y a pas sujet à polémiquer. A qui profite d’alimenter une polémique entre Modibo et ATT par communicateurs interposés, autour de faux chiffres, en mettant en évidence et en amplifiant les contradictions entre un Premier ministre dont l’initiative précipitée qui n’a pas réussi cette année, peut être valablement reconduite lors de la campagne à venir, et le Président de la République qui l’a nommé à ce poste pour résoudre les problèmes des Maliens ?

B. Daou

04 mars 2009