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Le constat établi par le comité national du codex alimentarus et l’agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments (ANSSA) est des plus accablant : le poisson est mal conditionné et dangereux pour la santé.

Au Mali, le poisson, pour sa conservation, est soit salé, fumé, séché et frigorifié. Dans tous les cas, aucun de ces processus ne se fait dans des conditions d’hygiène et de salubrité adéquates.

Le constat dégagé par les deux structures est inquiétant : Des matières fécales animales notamment, la bouse de vache est utilisée pour le fumage du poisson au Mali.

Des pesticides sont utilisés pour la conservation du poisson fumé, alors qu’aucune étude ne peut attester de leur non-toxicité pour la santé humaine.

Pire, des matières plastiques, les vieux sachets noirs, sont également utilisés pour fumer le poisson. « En plus, de l’huile de qualité douteuse est utilisée pour enduire le poisson fumé dans le District de Bamako ».

Cette huile, selon des sources, proviendrait de vieilles barriques contenant de produits chimiques. « Allez au marché, vous ne verrez aucune mouche voler autour des poissons frais ou séchés, malgré l’odeur », nous affirme une source.

Au Mali, il n’existe aucune donnée scientifique sur l’évaluation des risques sanitaires liés à l’utilisation de la bouse de vache dans le fumage du poisson, ni aucune norme relative au séchage du poisson ou par rapport au Tinèny « Bryssinus Leuciscus » et les produits dérivés. Ceci est considéré comme un retard crucial et un vide « à combler rapidement ».

« Le Mali est un gros exportateur de poisson fumé. Il est temps de légiférer sur des normes de séchage et d’emballage », affirment des membres de la commission Codex alimentarus Mali.

Déjà, au niveau de la commission, des recommandations ont été faites, allant dans le sens de la réalisation d’une étude sur l’évaluation des risques liés à l’utilisation de la bouse de vache dans le fumage du poisson ; la problématique de l’utilisation des pesticides pour la conservation de poisson fumé l’adaptation des textes sur l’utilisation des pesticides pour la conservation de poisson fumé et la nécessité de mettre en place un système d’assurance de la sécurité sanitaire des poissons et des produits de la pêche de la production à la consommation.

« Mais, avant tout, il est indispensable d’élaborer rapidement une norme nationale sur le poisson séché », affirment-on du côté de la Commission.


Alexis Kalambry

Du poisson frais aussi !

Des vendeuses de poisson au marché de Médine ne mettent pas en doute les conditions de conservation de leurs poissons. Selon Mme Salimata Coulibaly, responsable de l’Association des vendeuses de poisson du marché de Médine, elles disposent de moyens adéquats pour le conditionnement de leurs produits. « Pour la conservation des poissons frais, nous utilisons de la glace et de la poudre (Ndlr : une sorte d’insecticide achetée au marché Dibida) pour les poissons secs », affirme-t-elle avant d’ajouter que « le ministère de l’Elevage et de la Pêche nous a construit un four pour bien fumer à l’abri de la poussière et des mouches ».

Pour attirer la clientèle, nous a-t-on révélé, certains vendeurs de poissons utilisent des produits notamment l’huile d’arachide utilisée dans la conservation du poisson. A en croire Mme Coulibaly, l’huile d’arachide ne serait pas à l’origine de maladies. « Je pense au contraire que ce sont les insecticides utilisés contre les souris qui font des ravages dans les magasins de stockage de poissons. Ces souris, après avoir mangé ces nourritures empoisonnées, peuvent être en contact avec les poissons stockés dans les magasins. Cela peut exposer toute une famille au danger d’intoxication.  »

Pour Mme Kéita M’bamissa Diarra, commerçante d’habits au grand marché, la mauvaise utilisation des insecticides sont le plus souvent à l’origine des intoxications causées par les poissons.

Ramata Kéita

Sété Traoré

(stagiaires)

19 février 2008.