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Nicolas Sarkozy dans l’œil du cyclone africain
Avec l’arrivée du président Nicolas Sarkozy au pouvoir, les Français ont démontré aux yeux du monde que seules les idées pouvaient diriger une nation et non les liens naturels du terroir. N’en déplaise à Jean Marie Lepen qui s’était naïvement pris au président Nicolas Sarkozy parce qu’il était d’origine hongroise.

Une leçon de civilité des Français qui doivent interpeller les hommes politiques africains qui se réfugient derrière des réalités telles « ongolité« , « ivoirité » pour barrer la route aux idées justes d’autres compatriotes qui pouvaient aider la démocratie à s’épanouir sur le continent.

Nicolas Sarkozy est maintenant le président des Français, c’est-à-dire le président de Jean Marie Le Pen et autres. Mais qu’attendre de son «hyperactivité» quant au développement de l’Afrique qu’il compte sortir de la misère, des maladies et de l’immigration non maîtrisée comme il l’a récemment annoncé au cours d’un de ses discours d’avant son installation à l’Elysée ?

Le 6 mai 2007, la France, dans un élan majoritaire, vient de choisir sans état d’âme, un fils d’un immigré comme président de la république. Bonne réaction du peuple français lorsque l’on constate qu’en Afrique, on vote rarement pour les idées ou programmes mais surtout par affinités tribales et régionales. Sur ce point, les Français ont démontré leur grandeur politique.

Mais fallait-il qu’ils privilégient l’égoïsme hexagonal en laissant au bord de la route tout un continent qui les a sauvés de la deuxième guerre mondiale avec ses valeureux tirailleurs sénégalais ? Dans son éditorial du n° 227, Paul Tedga tirait la sonnette d’alarme en précisant que «Ségolène Royal [était] mieux qualifiée pour renouer les fils entre la France et les pays africains». Les Français ont voté Nicolas Sarkozy. Soit Contredira-t-il l’inquiétude de notre confrère Paul Tedga,

Peur sur la ville après l’annonce des résultats finaux
Juste après quelques heures de l’annonce du sacre de Nicolas Sarkozy, une partie de la jeunesse s’est exprimée en se « fâchant » contre la victoire de Sarkozy en cassant et brûlant tout à leur passage avant que celui-ci s’installe à l’Elysée.

S’agirait-il d’un mauvais présage des français qui doivent pendant cinq ans accepter ce qu’ils ont choisi, démocratie oblige ? Mais avec cette situation socio-politique que vit pour la première fois la France et même l’Afrique après l’élection d’un président de l’Hexagone, on est en droit de se demander si réellement la majorité a toujours raison dans tout problème.

Heureusement que nous sommes dans le pays de Descartes. En Afrique, on aurait cru à la fraude, surtout que les machines à voter ont aidé les électeurs. La victoire de Sarkozy, un bel exemple qui devrait faire réfléchir les Africains dans la mise en œuvre de la démocratie au niveau des élections sur le continent.


L’Afrique et Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy en tant que fils d’immigré, est trop jeune pour comprendre les véritables rapports qui lient la France à l’Afrique, surtout la francophone. Seule l’Histoire lui a donné quelques bribes d’information sur l’Afrique. Mais a-t-il lu celle écrite par Cheik Anta Diop, Joseph Kizerbo et Théophile Obenga ? Le doute persiste quand on se rappelle son comportement on ne peut plus mégalomane devant l’identité noire.

Comportement qui, en principe, divorce d’avec sa profession d’avocat qui demande tac et diplomatie. Et l’on peut se demander si réellement Paul Tedga n’a-t-il pas raison quand il affirme que «Nicolas Sarkozy a bâti son fonds de commerce électoral sur sa politique anti-immigrés. On pourrait caricaturer en disant que Monsieur Sarkozy, c’est Monsieur anti-Noirs ; Monsieur anti-Arabes. Il en est fier».

Et de ce comportement «anarchique» du nouveau président français, force est de se demander une fois de plus si Paul Tedga n’a pas une fois de plus raison quand il dit que «si ce Hongrois devenu français par la loi du sol, connaissait réellement le passé historique qui lie la France à l’Afrique, il tournerait sept fois sa langue dans sa bouche avant de sortir des énormités»…

Et son dernier discours à Bamako au Mali en tant que ministre de l’Intérieur et candidat à la présidence, aurait même bouleversé l’un des doyens de la littérature-monde en français, Olympe Bhêly Quenum qui rappelle que celui-ci déclarait sans ambages que « la France, économiquement, n’a pas besoin de l’Afrique« . Peut-être un frémissement du côté des hommes parmi lesquels Vincent Bolloré dont l’Afrique constitue le socle de leurs intérêts économico-financiers.

Et nous sommes stupéfaits de ces propos quand Olympe Bhêly Quenum nous rappelle une triste réalité constatée par le président François Mitterrand lors de son règne quand il précisait qu’ « en dépit des sommes considérables affectées aux aides bilatérales et multilatérales le flux des capitaux qui viennent de l’Afrique vers les pays industriels est plus important que le flux des capitaux qui vont des pays industrialisés vers l’Afrique« . Cette situation aurait-elle changé? That is the question? Comme on le dirait au pays de Shakespeare.

De toutes les façons, qu’on le veuille ou non, L’Afrique va prendre un nouveau virage pendant les cinq ans du mandat de Monsieur Sarkozy. Il n’y aura peut-être pas de grands bouleversements, comme le pensent ceux qui ont adhéré à ses idées sur la politique africaine.

D’ailleurs la plupart des Noirs sarkozistes n’ont d’Africain que leur couleur de peau et leur patronyme que certains même ont eu à franciser car n’ayant plus d’attaches socio-politiques réelles sur le continent, ayant quitté le sol africain voici bientôt plusieurs décennies sans aucun retour au terroir pour se ressourcer, de véritables « peaux noires, masques blancs » qui nous font penser au grand penseur négro-africain Frantz Fanon. Des Noirs sarkozistes de nationalité française qui croient être plus Français que les Hexagonaux.

Avec Nicolas Sarkozy : une nouvelle Françafrique en préparation ?
Sous le Vè République, les affaires africaines faisaient partie du domaine réservé du pouvoir président, qu’il soit de gauche ou de droite. En dénonçant publiquement la Françafrique et par delà les relations amicales et familiales qu’entretenaient Jacques Chirac avec certains chefs d’Etat, particulièrement francophones, Nicolas Sarkozy venait de taper dans le mil. Comportement.

Et les oppositions et sociétés civiles africaines de se réjouir.
Un jeune président français promettant d’écrire une nouvelle page de l’Histoire des relations franco-africaines, à l’image de François Mitterrand quand il demandait en 1991 à tous les pays africains d’aller vers la démocratie et le multipartisme pour bénéficier du soutien économique de la France.

La suite, nous le savons car, abandonnés à eux-mêmes, les peuples africains malgré leur courage d’avoir imposé la démocratie à leurs dirigeants, se sont vus secoués par les guerres interethniques sur fond de leurs richesses.

Les tragédies qui se sont déroulées ces dernières années en Afrique centrale, sont des exemples qui ont fait dire à certains hommes que « l’Afrique n’était pas prête pour la démocratie« .
Les Français, en donnant leur confiance à Nicolas Sarkozy, ont démontré que la France « roule » grandement à droite.

Nicolas Sarkozy est un allié des « hommes d’argent » français. Arrivera-t-il à faire comprendre à tous ces lobbies qui pillent les richesses de l’Afrique qu’il faudrait « dialoguer » dignement avec les Africains en ne soutenant pas les dictateurs qui facilitent paradoxalement le pillage des richesses du continent ? Des doutes persistent car les hommes de la Haute Finance qui auraient aidé Nicolas Sarkozy à gagner l’élection présidentielle entretiennent des relations particulières et même privilégiées avec certains chefs d’Etat africains que le président français avait déjà « consultés » quand il était encore ministre et candidat à la magistrature suprême.

Et cela pouvait faire penser à cette Françafrique qui, d’après François-Xavier Verschave est « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisée sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’aide publique au développement ».

Le nouveau locataire de l’Elysée pourrait-t-il donner un autre sens au mot «développement» pour le continent africain au lieu de s’attaquer maladroitement à l’immigration qui n’est autre que la conséquence d’une cause ? Nicolas Sarkozy, fils d’immigré, connaît sûrement (à moins qu’il fasse semblant d’oublier) que ce n’est pas de bonté de cœur que son père avait quitté la Hongrie pour la France. Il doit aussi comprendre que ce n’est pas par pure fantaisie que les Africains décident de venir dans les pays du Nord.

Une seule raison : la misère qui a été accentuée après les indépendances par le pillage à outrance des matières des pays africains ainsi que par la main tendue aux dictateurs qui se sont installés depuis les années 70.

Ainsi, on peut même dire que certains Africains viennent en Europe arracher à la sueur de leur front, la part de leurs richesses volées et emmenées en Europe, pour la renvoyer ensuite à leurs parents restés pauvres au pays, comme on le remarque surtout dans les communautés ouest-africaines.

L’immigration africaine est une conséquence de la mauvaise gérance de la politique françafricaine par les dirigeants français.

Le président Nicolas Sarkozy doit sûrement connaître le remède principal pour soigner ce mal tout en préservant «les équilibres non seulement en France mais aussi entre la France et les pays africains sans beaucoup de dégâts de part et d’autre». Et si dans ces cinq années à venir, le problème de l’immigration continue à être traité comme tel en bafouillant la dignité du noir, le feu qui couve en Afrique francophone et qui a eu à embraser une partie de la richesse française en Côte d’Ivoire il y a quelques années, pourrait se revivifier.

Les jeunes Africains conscients du pillage de leurs richesses par les compagnies françaises, découragés par la restriction de visa qui ne leur permet pas de venir poursuivre leurs études en métropole à cause de la négligence des universités africaines abandonnées à leur triste sort à dessein pour freiner les élans intellectuels des enfants des larges masses populaires, pourront se réveiller d’une façon inattendue.

N’ayant plus rien à gagner, ils brûleraient tout à leur passage, y compris les intérêts et la langue française dont ils commencent à douter de la pertinence en s’intéressant massivement à l’Anglais.

Un diplomate français tué dans les locaux de l’ambassade à Kinshasa il y a quelques années, les incidents de la Côte d’Ivoire, les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda «coupées» par le tonitruant Kagamé qui veut d’ailleurs divorcer d’avec la Francophonie pour se marier avec le Commonwealth, le drapeau tricolore brûlé aux abords de l’ambassade de France à Brazzaville suite à l’affaire des disparus du beach, voilà quatre situations qui n’augurent pas des lendemains meilleurs entre la France et certains pays africains si les relations franco-africaines continuent à porter les habits de la Françafrique telle que nous l’avons connu depuis sa naissance jusqu’au règne de Jacques Chirac.

La jeunesse africaine, une véritable bombe à retardement si on ne prend pas en main le problème de co-développement entre l’Europe et l’Afrique.

Nicolas Sarkozy doit faire ce qu’a préconisé Ségolène Royal : un plan Marshall pour l’Afrique

L’Afrique traverse une situation difficile qui commence à se répercuter au-delà de ses frontières. Avoir confiance aux diasporas africaines de sa génération pour redresser certains problèmes qui minent le continent, tel devrait être le leitmotiv du nouveau président au lieu de s’attaquer fougueusement à l’immigration qui devrait être traitée en aval et non en amont avec une dose d’humanisme fondé sur les droits de l’Homme.

Pour l’économiste Yves Ekoué Amaïzo, «L’Afrique a été l’espace privilégié de multiples tentatives visant à greffer «l’Etat moderne» à l’occidentale, fondé sur le monopole de l’édiction et de la sanction du droit positif.

Ces tentatives ont échoué ou plutôt elles n’ont réussi qu’à moitié : des appareils d’Etat se sont constitués, mais sans démocratisation, du moins au sens que l’on donne à cette expression en Europe. L’exemple de l’élection des présidents de la république est à cet égard probant».

Seraient disqualifiés de l’Union africaine et ne recevraient aucune aide de la Communauté européenne, les pays qui ne respecteraient pas la logique politique de l’alternance sur fond de limitation de mandats à deux comme on le remarque dans les plus vieilles démocraties. Il n y a que la bonne gouvernance loin des appétits de certains hommes en treillis assoiffés de pouvoir qui redonnera l’espoir au continent.

Le président Nicolas Sarkozy connaît bien que l’Afrique a des richesses dans tous les domaines : matières premières, ressources humaines dont une bonne partie exerce brillamment dans le Nord à cause de manque de structure sur le continent et de l’insécurité dont la principale cause est le tribalisme.

Et ce tribalisme pourra mourir de sa belle mort lorsque dans le peuple, chacun aura sa part par une bonne gouvernance sur fond de salaires convenables et d’une garantie de sécurité sociale, choses qui n’existent pas encore presque dans tous les pays africains.

Ce que doit savoir le nouveau président français c’est que la France n’a plus les moyens de s’occuper convenablement des pays francophones en dehors de l’exploitation de leurs richesses matières sur fond d’un pillage organisé car le prix de vente fixé à sa guise.

Jusqu’à quand la France va-t-elle continuer à s’occuper de certains « accords de pauvreté » comme celui signé dernièrement à Yaoundé qui prévoit l’annulation d’une portion de 204 milliards de francs CFA (311 millions d’euros) de la dette contractée par le pays de Paul Biya à son égard ?

Le FMI continuera-t-il sa main mise sur l’Afrique à travers ses « prêts destructeurs » comme nous le constatons à propos de celui de 117,3 millions de dollars accordé au Gabon pour soutenir son programma économique ? La France doit aider les peuples africains à gérer convenablement leurs richesses par une meilleure répartition afin de ne plus voir les jeunes Africains se déferler vers l’Eldorado européen.

Si la nouvelle classe politique française ne veut pas que les Africains viennent « manger leur pain » et « prendre leur travail », elle doit agir dans le sens de l’ordre juste.

Réviser les relations personnelles entre le président français et les chefs d’Etat africains. Il faut, comme l’a annoncé lui-même Sarkozy avant la formation de son gouvernement, « laisser les sentiments pour la fidélité et l’efficacité pour le travail ».

Même s’il faut « travailler plus pour gagner plus« , la réalité en politique, plus particulièrement en Afrique, n’est pas la même. Où travailler plus est synonyme de voler plus. Triste réalité !… Le pouvoir africain corrompt et avilit les mœurs. Trente ou quarante ans au pouvoir a été une triste expérience en Afrique comme on peut le constater à travers les exemples de Mobutu au Congo-Zaïre et Eyadéma au Togo après leur déchéance.

La France vient de tourner une nouvelle page de son histoire dont le rédacteur en chef sera le président Nicolas Sarkozy.

Arrivera-t-il à dénoncer ouvertement les liens obscurs qu’entretenait l’Elysée avec le syndicat des chefs d’Etat africains à travers la Françafrique ? Il faut se rendre compte que la France a été le premier pays à signer la Convention contre la corruption.
A ce jour, elle n’a encore entamé aucune démarche de restitution des richesses volées par les dictateurs africains et qui se trouvent gardées sur le sol français.

Cette restitution sera-t-elle mise en œuvre par le nouveau patron de l’Elysée ? Pour parler du pillage organisé par certains chefs d’Etat tout en aggravant paradoxalement la misère dans leur pays sur fond d’un écart de plus en plus criard entre l’opulence des acteurs politiques au pouvoir et les «larges masses populaires» du continent, on peut citer, parmi ceux qui ne sont plus de ce monde, l’exemple de Mobutu du Zaïre.

Il est révélé dans une enquête intitulée «Le magot caché des potentats africains» (cf. l’hebdomadaire Choc Hebdo n° 79 du 3 au 9 mai 2007) ce qui suit : « Mobutu, l’homme fort du Zaïre, mort en 1997, (…) qualifié de «compte en banque ambulant» [avait une] fortune personnelle (…) estimée à 4 milliards d’euros ».

La France de Nicolas Sarkozy réussira-t-elle là où celle de François Mitterrand et Jacques Chirac aurait échoué ? L’Histoire de la nouvelle donne des relations franco-africaines nous le dira dans cinq ans.

Pour conclure

La France de Nicolas Sarkozy devrait se faire violence pour «reconvertir» les dictateurs africains qu’elle soutient, des analphabètes politiques responsables des guerres interethniques car allergiques à l’alternance du pouvoir. Si la France pense que la seule solution, c’est de fabriquer des frontières «matérielles» à travers la restriction des visas et le durcissement du regroupement familial pour lutter contre l’immigration, la solution paraît aléatoire.

Ce qui se passe au Nigéria (pays riche en pétrole où paradoxalement le peuple vit dans la misère) avec des kidnappings des employés des compagnies pétrolières, doit faire réfléchir car, n’ayant plus rien à gagner et confrontée à la misère, la jeunesse des pays francophones pourrait s’attaquer aux symboles économiques de la France en Afrique.

La suite est difficile à imaginer. Un véritable co-développement qui mettrait à l’aise les jeunes à qui leurs dirigeants politiques ont offert des «sociétés de guerre» est à mettre en place. Une solution qui leur permettrait de «vivre chez eux dans la dignité et la liberté avec un minimum de sécurité socio-économique».

Si le président Nicolas Sarkozy, fidèle à son image d’homme (hyper)actif, arrive à persuader les dictateurs africains, produits de la Françafrique, de respecter l’alternance au pouvoir, de travailler « plus pour voler moins » et d’éviter de s’éterniser au pouvoir, l’Afrique lui sera reconnaissante.

Et son nom rentrerait dans la Révolution de l’Histoire contemporaine du continent malgré tout ce que pensent les Africains de lui.


Noël KODIA

Références bibliographiques

– Ekoué Amaïzo (Yves.), L’Union africaine freine-t-elle l’unité des Africains, Editions Menaibuc, 2005, Paris.

– Bêly Quenum (Olympe), «Etre étranger en littérature» in Afrique Education n° 211 du 1er au 15 septembre 2006, Paris.

– Tedga (Paul), «Présidentielle française : Ce sera Ségolène ou le chaos» in Afrique Education n° 227 du 1er au 15 mai, 2007, Paris.
– Verschave (François-Xavier), La Françafrique, le plus long scandale en Afrique, Editions Stock, 1998, Paris.

www.congosite.com pour l’annulation de la dette du Cameroun par la France et du prêt octroyé au Gabon par le FMI.

– lire l’enquête intitulée «Le magot caché des potentats africains» in Choc Hebdo n° 79 du 3 au 9 mai 2007, Paris.

07 Juillet 2008