Partager

Au seuil de cette réflexion, qu’il me soit permis de rendre un hommage mérité aux forces armées maliennes et aux troupes étrangères engagées dans notre pays. Elles qui, après la guerre de libération, s’activent encore quotidiennement en vue de la sauvegarde de l’intégrité, l’honneur et l’indépendance du Mali.

Aussi, voudrais-je m’incliner devant la mémoire de feu Adjudant Kola Sofara, ce vaillant surveillant de prison qui trouva la mort au cours de l’évasion de Mohamed Ali Ag Wadoussène et autres, en juin dernier. Dors en paix, mon Adjudant ! Il convient au passage, de nous interroger sur les conditions de travail de ce corps, car la détention d’une arme par un détenu est une question de sécurité publique. A ce titre, cette situation devrait nous interpeller tous.

La libération du terroriste présumé Wadoussène et autres, le 9 décembre courant, en échange de l’otage français, Serge Lazarevic, anime encore les débats au Mali et ailleurs. Bien que les autorités maliennes aient évoqué la «raison d’Etat» pour justifier cette libération, il s’est trouvé des Maliens, de hautes personnalités y comprises, qui ont eu à redire dans le seul dessein de jeter le discrédit sur le chef de l’Etat et son gouvernement. Mais, nous ne sommes guère surpris pour la simple raison que cela est inhérent à la nature même de certaines personnes de voir le négatif partout tant que c’est l’autre qui agit, oubliant du coup que l’humain reste un être imparfait et que la perfection n’est réservée qu’à Allah Soubahana Wata’allah.

D’ailleurs, ceux-là qui n’ont pas apprécié l’élargissement de Wadoussène savent qu’Ibrahim Boubacar Keïta n’est pas ce chef d’Etat aussi léger qui accepterait de poser un tel acte qu’il sait lourd de conséquence si ce n’est avec une démarche empreinte de clairvoyance et après une réflexion bien murie. Toujours est-il qu’on peut dire tout du président de la République sauf qu’il est un apatride qui assouvirait des intérêts sordides au détriment de ceux d’un peuple auquel il se sait redevable.

De la même manière, sauf à vouloir nier l’évidence, il n’y a pas de doute qu’IBK ne ménage aucun effort pour la sauvegarde de l’intégrité du territoire, mais surtout l’unité et la cohésion sociale.

Mieux, devrions-nous avoir l’esprit aussi court en rejetant de manière systématique l’échange des terroristes présumés contre l’otage français ? En effet, quoi qu’on puisse dire, nous, Maliens, ne devraient pas être près d’oublier que c’est la France de François Hollande qui a marqué un coup de frein à l’avancée des rebelles et autres djihadistes vers le Sud de notre pays en janvier 2013, évitant du coup une tuerie à grande échelle. N’eût été cette action salvatrice, c’est l’existence de notre pays en tant que nation qui serait peut être remise en cause. Ce pays, dans le cadre de la coopération bi ou multilatérale, continue d’assister le Mali en termes de formation et d’assistance technique qu’il apporte à nos forces armées. Or, la reconnaissance est l’une des valeurs cardinales de notre société que nous nous devons de préserver de manière précieuse.

C’est pourquoi, je pense humblement que la libération de Wadoussène n’a été que dans le seul intérêt du peuple et il ne nous reste plus qu’à conjuguer nos efforts pour la bonne marche de ce qui nous est de plus cher : le Mali.
Aussi, voudrais-je présenter mes sincères excuses à tous ceux qui se verraient touchés par mes propos. J’avoue que cette réflexion n’est dirigée contre personne.

Issa GUINDO

Conseiller municipal, ancien maire

Le Prétoire du 18 Décembre 2014