Partager


Homme d’Etat nigérien né en 1916 à Soudouré, en pays Zarma, au bord du Niger près de Niamey, et décédé à Rabat, en 1989. En tant que fils de notable, Hamani fut envoyé par l’Administration coloniale à l’Ecole des Otages, puis à l’Ecole Normale William Ponty de Dakar.

Il entra ensuite à l’Ecole nationale de la France d’Outre -Mer à Paris pour enseigner le Hausa, la plus importante langue du Niger, ce qui lui donna l’occasion d’entrer en contact avec le monde syndical.

De retour au Niger comme instituteur, il profita, en 1946, de la libéralisation introduite par le discours de Brazzaville pour fonder le Parti progressiste nigérien (PPN) et devenir député du Niger.

Aux cotés de Modibo Kéïta, d’Ahmed Sékou Touré et de Félix Houphouët- Boigny, il participa à la fondation du Rassemblement démocratique africain (RDA), dont le PPN devint la section nigérienne. A Paris, les élus africains n’étaient pas assez nombreux pour former un groupe parlementaire, apparenté aux communistes.

En 1950, François Mitterrand, ministre des Anciens Combattants et de la France d’Outre -Mer, et dirigeant d’un petit parti charnière, l’UDSR, parvint à attirer dans son parti les représentants du RDA. Ce changement d’alliance entraîna une rupture au sein du PPN dont les opposants emmenés par Djibo Bakary fondèrent le mouvement Sawaba («indépendance»), qui s’aligna sur les oppositions de Sékou Touré, et partisan d’une indépendance sans concession.

De son coté, Diori, alors vice président à l’Assemblée nationale française (1957) et proche d’Houphouët-Boigny, accepta de passer par le stade de la Communauté française proposée par le général De Gaulle. Ce choix étant soumis à référendum, la France mit tout son poids dans une campagne qui se conclut par la victoire du oui avec 80% des suffrages en 1958.

Battu, le Sawaba, qui avait gagné les élections locales l’année précédente, fut interdit et son chef exilé. En 1959, Diori fonda le Conseil de l’Entente, qui regroupait la Haute -Volta actuel Burkina Faso, le Dahomey aujourd’hui Bénin et la Cote d’Ivoire.


En août 1960,
Hamani Diori devint président du Niger indépendant. Il se tint à l’écart de la Fédération du Mali et des progressistes du groupe de Casablanca, comme Sékou Touré et de Modibo Kéïta, et préféra suivre Houphouët-Boigny et les modérés du groupe de Brazzaville qui voulaient conserver des liens spécifiques avec la France.


Réflexion :
La vision du monde qu’avaient la plupart des occidentaux, l’image qu’ils se faisaient d’eux-mêmes, leur façon de considérer le reste de l’humanité ont sensiblement évolué.

Durant plusieurs siècles, l’Humanité fut, pour eux, divisée en chrétiens et en païens, puis en «civilisés et «sauvages», les premiers se reconnaissent évidemment une incontestable et congénitale supériorité sur les seconds.

Magellan

Sagesse bambara: Tous les jours, le pauvre prononce des paroles de plainte.


18 Mai 2009