Partager

Connaissez-vous les Amazones ?

Corps d’élite d’armée composé de femmes, crée par le roi Dahomey Agadja (1708-1732). Cette époque est marquée par une modernisation de l’armée et correspond à une extension du royaume aux dépens d’Allada, ce qui le met en rapport direct avec les marchands d’esclaves européens établis à Ouidha.

Les Amazones, appelées ainsi par les Européens en référence aux guerrières de l’antiquité, constituaient la garde du roi pendant les batailles. Ce corps d’armée, appelé Fanti, était complété de deux ailes.

Comme le reste de l’armée, les Amazones portaient des costumes colorés permettant de connaître les différents groupes : les faucheuses, chargées d’aller couper la tête du roi adverse avec un couteau gigantesque ; les artilleuses ; les archères ; les chasseresses, qui pratiquaient la chasse à l’éléphant.

Equipées tout d’abord d’armes blanches arcs et flèches empoisonnées), elles seront dotées de fusils de traite dès leur apparition dans la région (fusils déclassés échangés par les Européens contre des esclaves). Elles participèrent aux combats contre les villages amis de la France et contre les Français eux-mêmes, combats au cours desquels elles montèrent une vaillance peu commune (1892).

Sagesse bambara : La pintade a les yeux fixés sur la nuque de celle qui la précède.



Focus

Assemblée nationale du Mali : Accès difficile

Depuis les jets de grenades, perpétrés aux domiciles de certaines personnalités touaregs à Gao, les conditions d’accès à l’hémicycle ont été corsées. On parlerait d’une éventuelle attaque de l’Assemblée nationale. D’où viennent ces renseignements ?

Commissariat du 1er Arrondissement : Dernier en investissement

Le Commissariat du 1er Arrondissement, situé de la Place de la Liberté, ne change jamais de look au fil des ans. Pendant l’hivernage la cour est inondée, transformant le commissariat en une marre. Les dalles sont aussi mal posées. Rarement, il est sollicité par les usagers.

Camp Base B : Installation anarchique des fils électriques

La Base B est bondée de monde et de maisonnettes construites en banco. A cause de ces installations anarchiques, l’intensité du courant est très faible. Il est grand temps pour l’Energie du Mali de revoir ses installations avant qu’il ait un incendie.

Quand on sait que la Base B est située à un lieu stratégique de la capitale… suivez mon regard la Sécurité d’Etat à côté, les banques et les stations.

Le duo Hilary- Obama : L’Afrique perd

Le duo Obama-Hilary augure rien de bon pour l’Afrique. Hilary Cliton pourra jouer les premiers rôles à la Maison Blanche. Et quant à Obama, le rôle de secrétaire d’Etat.


Point d’histoire/ La révolution burkinabé : les grandes orientations

Ce document a été réalisé par l’APASH (Association Pour une Alternative au Service de l’Humanité A.P.A.S.H) sous forme dépliant dans le cadre d’une campagne intitulée « Sankara , un avenir pour L’Afrique ». Il constitue une excellente présentation synthétique de ce qu’a été la révolution burkinabè.


Quel burkina en 1983 avant la révolution ?

La HauteVolta, pays de près de 8 millions d’habitants, très pauvre en ressources naturelles, était le fournisseur de main d’œuvre bon marché de toute la sous-région. Son économie dépendait de la vente à l’extérieur de ses produits agricoles et, financièrement, il vivait des aides internationales. Il était donc voué à appliquer les politiques dictées de l’extérieur. Mais…


Qui était Thomas Sankara ?

Né en 1949, le capitaine Thomas Sankara est arrivé au pouvoir le 4 août 1983. Ce jeune militaire n’a cessé de susciter l’admiration des peuples par sa simplicité. Il se sentait dans la société plus un homme qu’un chef d’Etat. Beaucoup d’Etats lui rendent hommage : le lycée Thomas Sankara à Brazzaville en est un exemple.

Les idées de ce jeune Africain sont des chemins tracés pour l’avenir de l’Afrique mais aussi de toute l’Humanité. Il défendait la cause de tous les délaissés du monde : « Je ne parle pas seulement au nom de mon Burkina tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part (…) Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples« .

Thomas parle comme Lumumba, Cabral, Nkrumah, d’indépendance, de liberté des peuples, de solidarité, d’unité de l’Afrique, d’intégrité : « Le bonheur, le développement se mesurent ailleurs sous forme de ratios, de quintaux d’acier par habitant, (…) nous, nous avons d’autres valeurs. »


La libération de l’Afrique

« On ne décide pas de devenir chef de l’Etat ; on décide d’en finir avec telle ou telle forme de brimade, d’exploitation, de domination. C’est tout.« . »Vivre africains, pour vivre libres et dignes ».

Après la traite négrière et la colonisation, l’Afrique demeure toujours sous la domination de l’Occident. Cette domination apparemment non violente mais très destructrice est consciemment organisée par les pays riches pour continuer leur domination, sous une autre forme : les pays pauvres restent ainsi les fournisseurs à très bas prix des matières premières vitales à l’industrie occidentale.

Sankara voulait libérer son peuple de cette logique là : mais l’avenir qu’il prônait ne peut être possible que si l’Afrique se libère totalement du joug occidental en s’unissant, en assurant son éducation de masse, en protégeant la santé de ses populations et la pureté de son environnement naturel et en se réappropriant ses richesses.

Après les indépendances, les pays du Nord se sont entendus afin de reconquérir le continent noir pour en exploiter les habitants, les ressources naturelles et financières.

Cette politique a coutume d’être appelée « aide au développement » et s’est accompagnée d’offres de prêts qui ont poussé à la dette. Sankara l’évoque en ces termes : « Nous encourageons l’aide qui nous aide à nous passer de l’aide. Mais en général la politique d’assistance et d’aide n’aboutit qu’à nous désorganiser, à nous asservir et à nous déresponsabiliser. »


« La dette est une reconquête savamment organisée de l’Afrique, (…) pour que chacun de nous devienne l’esclave financier.
 » « C’est tout un système qui sait exactement ce qu’il faut vous proposer. (…) Ce sont des placements heureux pour les investisseurs. »

Les P.A.S., aujourd’hui Initiative PPTE, imposés par la Banque Mondiale et le FMI (et qui ont, entre autres, causé le chômage, désorganisé le système éducatif et sanitaire depuis 80), sont la conséquence de cette dette : grâce à la dette, le FMI dirige les économies des pays pauvres.

Pour mettre fin à cette politique « dirigée » et reconquérir l’indépendance, il propose : « Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles qu'[on a] essayé de nous vendre 20 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de (…) développement en dehors de cette rupture. »

Vu le danger à s’engager seul dans un combat contre la dette, il supplie les chefs d’Etat africains le 29.07.87 à l’OUA de constituer un front uni : « Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer, (…) parce que nous ne sommes pas responsables de la dette.(…) que notre conférence [le dise] clairement. Ceci pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner (…). Si le Burkina Faso, tout seul, refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence.

 » Au sortir de cette conférence, il est resté seul…le 15 octobre 87, 2 mois ½ après, il est abattu : Th. Sankara est mort pour la libération des peuples africains. Il a présidé 4 ans. « Nous avons clairement conscience que nous dérangeons. La question est de savoir qui nous dérangeons : la minorité ou la majorité ? »

Relations internationales et FMI

« Nous avons refusé les prêts de la BM pour alimenter des projets que nous n’avons pas choisis… Nous avons dit au FMI : ce que vous nous demandez, nous l’avons déjà fait.

Nous avons réduit les salaires, assaini l’économie, vous n’avez rien à nous enseigner. Or, à chaque fois que nous parlions au FMI, il nous fallait fournir toujours de nouveaux gages. Il nous est apparu que ce qu’il cherche va bien au-delà d’un contrôle de gestion et que ce dont il s’agit n’est autre chose qu’un contrôle politique. »

« Nous refusons les blocs. C’est notre ligne de fond. On ne peut pas se retrouver avec tel ou tel camp. » « Il n’y a pas de meilleure stratégie que le renforcement de la coopération Sud-Sud en matière d’assistance technique. »

Dignité et intégrité

Il change le nom du pays : la Haute-Volta devient Burkina Faso (« Pays des hommes intègres »). « On ne peut rien faire tant qu’on n’impose pas aux mentalités des schémas de rigueur« . « Il nous faut travailler à décoloniser les mentalités, et réaliser le bonheur à la limite des sacrifices auxquels nous devons consentir« . « Je souhaite que la conviction gagne tous les autres pour que ce qui semble être aujourd’hui des sacrifices devienne pour eux des actes normaux. »

Sankara veut que les Burkinabè vivent « au niveau du pays réel ». Il roule en Renault 5 et impose une sévère diminution des dépenses des dirigeants. La Lybie ayant pris en charge ses frais de mission, il les rendit à la caisse de l’Etat. « Lorsque nous recevons un Ambassadeur, nous l’amenons en brousse, il emprunte des routes chaotiques, il souffre de la poussière. »

L’empereur des Mossi sera privé d’électricité car ni son père ni lui n’ont payé depuis des années la facture. Sankara crée une émission radio : le mardi soir, les auditeurs peuvent, en direct, interpeller les dirigeants.

« Celui qui se bat contre les détournements de fonds est taxé de marxiste-léniniste. » « La meilleure garantie contre la corruption, c’est le contrôle du peuple. » Voilà enfin un pays où vous avez honte de proposer un « cadeau » à « un douanier ! » s’exclame un visiteur européen. Il lutte contre la corruption par des procès retransmis à la radio. Mais aucune peine de mort n’est demandée, juste des mises en résidence surveillée et le remboursement des sommes volées.

Le budget de l’Etat passe de 58 milliards de cfa en 83, dont 12 milliards partent à la dette, à 93 milliards en 87. En 83, le budget faisait apparaître un déficit de 695 millions de cfa ; en 84, de 1 million de cfa mais en 85, un excédent de 1 milliard 985.000 cfa.

Solidarité nationale

« Le militaire doit vivre et souffrir au sein du peuple auquel il appartient, finie l’armée budgétivore. Désormais, elle sera aux champs (..), elle construira des écoles et des dispensaires dont elle assurera le fonctionnement, entretiendra les routes et transportera le courrier, les malades et les produits agricoles (…).

L’armée nationale populaire ne fera de place à aucun militaire qui méprise son peuple, le bafoue et le brutalise ». « Un militaire sans formation politique et idéologique est un criminel en puissance ».

Dans les assemblées des Comités de Défense de la Révolution, jeunes, femmes et vieillards enfin se sentent concernés par leur destin et savent qu’ils peuvent l’orienter. « Nous avons créé une caisse de solidarité révolutionnaire à laquelle des milliers de Burkinabè contribuent. »

« Où trouver l’argent [pour une route] ? Ca n’intéresse pas les bailleurs de fonds et si c’était le cas ils nous imposeraient des conditions qu’un pays aussi pauvre que le nôtre ne pourrait pas supporter. Alors, imaginons une solution : chaque Burkinabè verserait 800fcfa et en un an, le peuple burkinabè lui-même financerait la construction de cette route. »


Indépendance et souveraineté

1. « Fabriquons et consommons burkinabè » : Sankara porte le Faso Dan Fani, en coton local tissé au Burkina, pour utiliser les produits textiles. Le chiffre d’affaires de la branche « cuir et peaux » a doublé en une année grâce au lancement d’opérations « sacs d’écoliers », ou encore « étuis à pistolets ».

En 84, 400 tonnes de haricots verts ne peuvent être exportés, le gouvernement a mené campagne pour convaincre les Ouagalais de consommer…des haricots verts.

C’est peut-être cela la véritable révolution dont rêve Sankara : vivre la réalité du pays, imaginer des solutions à la portée des Burkinabès, se remettre en cause tous les jours.

« Je sais que je ne détiens pas la solution parfaite mais s’il n’y avait que 60% de juste dans ce que je décide, je le ferais. Et là, selon moi, nous sommes au-dessus de ce pourcentage. » Naissent une profondeur et une maturité insoupçonnables chez les jeunes : ils n’attendent plus l’assistance étrangère.


A SUIVRE

Association Pour une Alternative au Service de l’Humanité A.P.A.S.H., 226, rue Bangou, Pl. 15 ans, Brazzaville CONGO apashbrazza@yahoo.fr , CADTM Brazzaville


par APASH / CADTM Brazza

19 Janvier 2009