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Rien ne va plus entre le PDG de la société Pari Mutuel Urbain (PMU-Mali) et ses travailleurs. En effet, les agents accusent leur patron de faire du favoritisme dans la gestion des problèmes du personnel. En plus de cette discrimination, le PDG est aussi accusé d’ingérence dans les activités syndicales au sein de son entreprise. Face à ces dérives du chef, le comité syndical, qui crie à la violation des textes, a saisi l’UNTM, qui n’a pas tardé à réagir.

La déclaration de guerre

Si l’on n’y prend garde, la société PMU-Mali est en train d’entrer dans une zone de turbulence. La raison, ce n’est pas que les parieurs ont décidé de bouder la société, mais le PDG a tout simplement posé un certain nombre d’actes qui ont révolté ses agents.

En effet, pour être parmi les heureux bénéficiaires des logements sociaux construits par l’Etat, certains compatriotes sont en train de constituer leurs dossiers devant parvenir à la commission d’attribution à cet effet. Dans certains services publics et privés, se sont les responsables qui apportent leurs appuis à ceux qui sont intéressés, sans discrimination.

Malheureusement, à la société PMU-Mali, ce que fait le PDG ressemble fort à du favoritisme. Il aurait pris les dossiers de six travailleurs, sans en demander aux autres, pour les amener à la BHM-SA. L’objectif, c’est d’aider ceux-ci à bénéficier de logements sociaux de la part de l’Etat.

Alors; interpellé par les travailleurs qui n’ont pas compris cette décision qu’ils qualifient de “discriminatoire et sélective”, le PDG semble leur retorquer que lorsqu’on est au pouvoir, on fait la part belle à ses proches. Aux dires des agents, le PDG Idrissa Haïdara aurait martelé qu’il n’a de compte à rendre qu’à ceux qui l’ont mis à ce poste.

Par ces propos, le PDG du PMU-Mali serait-il en train d’aider ATT? Ou veut-il semer la confusion et l’amalgame, en se livrant à une sorte de sabotage ou de marche à contre-courant du PDES du Président de la République?

Dans tous les cas, la colère des agents trouve sa raison d’être dans le fait que l’ancien PDG Harouna Niang avait aidé les travailleurs du PMU-Mali à acquérir des lots à usage d’habitation. Et chaque bénéficiaire ayant fini de payer est en train de chercher des moyens pour pouvoir construire sa maison.

Mais au lieu d’apporter une aide dans ce sens, l’actuel PDG a cru bon de choisir ses amis parmi les agents -six travailleurs seulement- à qui il aurait demandé d’amener leurs dossiers, et que lui-même va personnellement les appuyer auprès de la commission d’attribution des logements sociaux.


Le PDG à la manœuvre

Face au holà du syndicat, le PDG a décidé de passer à la vitesse supérieure. D’abord, il fait croire que le syndicat s’oppose à tout recrutement au PMU-Mali. Mais au comité syndical, on dément cette version. Seulement, les syndicalistes soutiennent qu’il faut que les recrutements se passent dans les règles de l’art. Or, ceux qui seraient dans l’attente d’être recrutés par le PDG seraient des “recommandés” comme lui-même aime le dire. Mais recommandés par qui ?…

Ensuite, pour obtenir un PV attestant la carence du syndicat actuel, le PDG aurait provoqué la convocation d’une assemblée générale en vue de mettre en place un autre syndicat,ce, sans informer au préalable le comité syndical. Le PDG a-t-il le droit de convoquer une assemblée générale de syndicat? De quoi se mêle-t-il donc?

Vu son attitude, le comité syndical parle d’ingérence de l’autorité administrative dans les activités syndicales. Une ingérence qui constitue une violation flagrante des conventions 87 et 98 de l’OIT. Ces textes ont été ratifiés par le Mali.

En osant ébranler ou saboter ces textes qui font partie intégrante des huit conventions internationales traitant des droits et principes fondamentaux du travail dans les entreprises publiques et privées, le PDG du PMU-Mali n’expose-t-il pas le régime ATT dont il se réclame?

En attendant, le comportement du PDG du PMU-Mali a provoqué la colère de l’UNTM. En effet, on apprend que le secrétaire général de la centrale syndicale, le camarade Siaka Diakité, a adressé une correspondance au PDG violeur des textes régissant les activités syndicales pour lui dire : halte !

Au cas où cette lettre resterait sans effet de la part du destinataire, va-t-on assister à un bras de fer entre la Direction Générale du PMU-Mali et l’UNTM?

Oumar SIDIBE

21 Novembre 2008