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Le Comité syndical des agents de traitement « Aptitude » du PMU-MALI a tenu, le vendredi 19 octobre au Carrefour des Jeunes, sa première assemblée générale ordinaire placée sous la présidence de son Secrétaire général, Soumaïla Koné, assisté de Jean Keïta et de Zaki, Dembélé, respectivement Secrétaire adjoint du comité syndical des agents de traitement «PMU» et Secrétaire général des revendeurs de tickets PMU.

Trois points étaient à l’ordre du jour : la restitution des rencontres avec la Direction de l’agence « Aptitude Conseil », l’adoption du Règlement intérieur du Bureau et des questions diverses. A l’issue de la rencontre, les agents de traitement du PMU-MALI ont tous accusé le Directeur technique du service, Mamadou Koné, de conduire leur boîte commune vers enfer. Les agents de traitement sont le moteur, sinon le noyau central du PMU-Mali, en ce sens, ce sont eux qui traitent tous les tickets de jeu après la course des chevaux afin de séparer les gagnants des perdants. Il y a deux branches syndicales, toutes œuvrant pour la défense des agents de traitement de l’entreprise.

La première est celle des agents directement recrutés par le PMU-Mali, tandis que la seconde est formée d’agents recrutés à travers le bureau d’études « Aptitude Conseil ». Les deux comités syndicaux ont décidé désormais de travailler tous ensemble pour l’amélioration de leurs conditions de vie qu’ils jugent alarmantes. En effet, les agents de traitement accusent le Directeur technique du PMU-Mali, Mamadou Traoré, comme étant le principal acteur du service qui met des bâtons dans leur roue.

La Direction technique est également accusée de n’avoir pas pris acte de l’accord de principe signé entre le comité syndical « Aptitude » et la direction d’Aptitude Conseil d’une part, et entre les syndicalistes et le PMU-Mali d’autre part. Parmi les revendications figurait la «fixation» de tous les agents dont certains sont recrutés depuis 2008. En effet, il se trouve qu’au PMU-Mali, les agents de traitement sont en rotation et sont payés en fonction des heures de travail qu’ils effectuent dans le service. Aussi, face à cette situation, le comité syndical «Aptitude» a engagé des négociations avec la direction du PMU-Mali qui a fini par donner son accord pour la fixation de tous les agents « non régularisés » : en tout 139 agents.

Il a été également convenu de fixer 20 agents par mois jusqu’à l’épuisement de la liste présentée par le Secrétaire général Soumaïla Koné. Cette opération doit commencer en principe à partir du 1er novembre 2012. Cependant, le comité syndical à exprimé son inquiétude par rapport à la réussite de ce programme. En effet, les agents craignent que le Directeur technique Mamadou Traoré ne s’interfère pas. L’autre crainte du comité syndical est relative au mode de correction qui leur est infligé en cas de faute commise dans l’exercice de leur fonction. L’erreur étant humaine, il arrive très souvent que des agents de traitement omettent quelques tickets lors des opérations.

Face à de tels cas, la direction du PMU-Mali sanctionne les agents fautifs de façon inéquitable, à en croire le Secrétaire général qui soutient : « Un agent qui a omis un ticket de 5000 FCFA doit recevoir une sanction moins lourde par rapport à celui qui a omis un ticket de 50 000 FCFA». Selon Fodié Samaké, Secrétaire aux revendications du comité syndical «Aptitude», cette mesure doit vraiment attirer l’attention des dirigeants du PMU-Mali. «J’ai été sanctionné pour une faute sans pour autant qu’on me présente la preuve de ma culpabilité », a-t-il informé. Aussi, le Secrétaire général a juré de faire de ce combat contre l’illégalité son objectif pour qu’il y ait une grille de sanction en conformité avec la dimension de la faute commise.

Par ailleurs, les agents de traitement n’ont pas de congés de maladie. Pire, ils sont au contraire sanctionnés en cas d’absence, même après avoir avisé la hiérarchie. « C’est tout à fait absurde ! », s’est insurgée Mme Coulibaly Aminata Cissé avant de signaler n’avoir bénéficié d’aucune faveur alors qu’elle avait déclaré avoir été victime de l’incendie produit au PMU-Mali. Et Mme Coulibaly de se poser la question sur la nature et la destination des 50 millions qui, à ses dires, sont déposés uniquement au compte des agents de traitement pour les aider en cas de problème. «Où va cet argent ? », se demande-t-elle.

Certains s’étonnent toujours de voir leur situation se dégrader de plus en plus, alors que l’entreprise a une recette moyenne de 200 à 220 millions de FCFA par course, malgré ces temps de crise. Au cours de l’Assemblée générale, les agents ont unanimement souligné que le Directeur technique fait partie des problèmes et non des solutions quand il s’agit de développer le service. Le Secrétaire général, lui, a souligné la détermination de son équipe à défendre corps et âme les intérêts de tous les agents de traitement pour le bon fonctionnement de l’entreprise.

Bourama Traoré

Le Combat du 24 Octobre 2012