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Le référendum sur une nouvelle Constitution, pour lequel 6,3 millions d’Ivoiriens sont appelés aux urnes dimanche, a été émaillé par des incidents dans des bureaux de vote à travers le pays, les autorités assurant toutefois que le processus se déroulait « bien dans l’ensemble ». Des groupes de jeunes ont perturbé le processus de vote, saccagé ou emporté du matériel électoral dans plusieurs villes du pays: à Yopougon et Marcory, deux quartiers populaires, d’Abidjan, à Gagnoa (270 km à l’ouest d’Abidjan et fief électoral de l’ancien président Laurent Gbagbo), à Divo (70 km de Gagnoa) à Daloa (380 km nord-ouest d’Abidjan), à Dabou (50 km d’Abidjan). Le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a parlé d’incidents dans une « centaine de bureaux de votes (20.000 au total) », mais a assuré que les « choses se (déroulaient) bien dans l’ensemble ». L’opposition a appelé au boycottage du scrutin, reprochant au pouvoir de ne pas avoir consulté ni l’opposition ni la société civile, ainsi que de vouloir faire passer le projet « à la sauvette » avec une campagne de sept jours et une diffusion faible d’un texte qu’elle qualifie de « monarchique « et « rétrograde ». A Yopougon, grand quartier populaire de l’Ouest d’Abidjan, réputé pro-opposition, une cinquantaine de jeunes ont bloqué une rue avant que trois d’entre vandalisent les 9 bureaux de l’école Sicogi II Marché. « Ils ont commencé à lancer des pierres (…) Puis ils sont entrés, ils ont tout cassé… Ils nous disaient d’arrêter de travailler +parce que la Constitution ne repondait pas aux attentes du peuple, que le président travaillait pour les Français », raconte à l’AFP Nandy Bamba, présidente d’un bureau. « C’est une manière d’intimider mais nous on n’a pas peur », a affirmé Bahdjata Cissé, qui a voté « Oui ».
AFP