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La démocratie en Afrique tient du verre à moitié plein: les putschs et les contestations violentes sont plutôt devenus l’exception. Mais si les élections se généralisent, leur fréquente manipulation entrave les avancées démocratiques, selon des experts. « Nous sommes dans une situation paradoxale: il n’y a jamais eu autant d’élections mais elles deviennent de moins en moins fiables », observe Nic Cheeseman, chercheur à l’Université d’Oxford. « Les dirigeants connaissent de mieux en mieux les modes de fraudes électorales et les mettent en oeuvre avec de plus en plus d’astuce », relève ce politologue britannique, auteur de « Democracy in Africa »..Contrairement aux crises post-électorales qui avaient ensanglanté le Kenya (2007) ou la Côte d’Ivoire (2010), « il a une certaine avancée, parce qu’il n’y a eu aucune violence dans aucun pays, même si des résultats ont été contestés. Mais il y a encore beaucoup de défis », souligne le général malien Siaka Sangaré, expert électoral de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Le Burkina Faso a également connu un parcours heurté, avec un premier coup d’Etat qui a renversé Blaise Compaoré en octobre 2014, une transition politique interrompue par un nouveau putsch, avorté, et au final une élection gagnée par Roch Marc Christian Kaboré. Pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigeria a lui poursuivi dans la voie de l’alternance, tout comme le Bénin, où le perdant a immédiatement félicité le président élu. En matière de progrès démocratique, . AFP