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Une forte pluie s’est abattue sur Bamako, le mercredi 28 août 2013. Elle a engendré plusieurs pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants. Des familles entières, dans certains quartiers, ont été contraintes de quitter leur habitation. Ces pluies, qui ont duré plus de trois heures, ont affecté 3000 personnes. Les communes les plus touchées, selon le bilan de la direction régionale de la protection civile, sont la Commune I et IV. Dans ces deux communes, en outre des pertes en vies humaines, on enregistre d’importants dégâts matériels, des voies littéralement transformées en ravins et des voitures emportées par les eaux

La journée du mercredi dernier restera graver dans la mémoire des Bamakois. La pluie qui se s’est abattue a surpris par son intensité et par sa durée; ainsi plusieurs quartiers de la ville de Bamako n’ont pas été épargnés. Selon le directeur régional de la protection civile, le Colonel Faguimba Keita, en plus des dégâts matériels, des pertes en vies humaines ont été, aussi, déplorées. « A l’heure où je vous parle (samedi 31 août 2013), le bilan s’est alourdit à 35 morts et plusieurs familles sinistrées. Il y’a des gens qui sont logés à l’école et d’autres sont relogés chez les voisins », a-t-il déclaré. Selon lui, la première contribution de l’Etat a été d’aller à la rencontre des sinistrés afin de savoir qu’est ce qu’il faut faire avec les services techniques dans un premier temps. Chose qui a été faite, selon ses dires, par les ministres en charge de la gestion des catastrophes que sont les ministres de la sécurité, de l’action humanitaire et tous ses collègues qui n’ont pas manqué depuis les premières heures à mettre les pieds dans l’eau pour accompagner et soutenir ces populations. A l’en croire, l’autorité ne saurait rester en marge, déjà l’Etat a donné des millions de FCFA, des vivres aux sinistrés. « Même aujourd’hui, on s’apprête (le premier ministre et le ministre de la protection civile) à aller voir les sinistrés. A l’heure, où nous sommes, un nombre exact ne peut pas être dégagé car en situation de catastrophe, des dégâts collatéraux sont enregistrés au fur et à mesure.

Mais sachez qu’à 72 heures de l’inondation, nous sommes au-delà de 2000 foyers qui sont sinistrés et plus de 3000 personnes peuvent être affectées par la situation », a dit le directeur régional de la protection civile du district de Bamako, le Colonel Faguimba Keita. Avant de demander aux uns et aux autres d’être vigilant, de bien veiller sur les enfants surtout quand il pleut et aussi en matière de construction de respecter les normes standards de construction car les maisons les plus affectées étaient en banco. Et de poursuivre que ces maisons sont construites dans les lieux inadéquats à savoir dans le lit des marigots, au centre des immondices. Donc il est fortement déconseillé de construire dans des lieux qui ne s’y prêtent pas du tout. Selon lui, Il y a un problème d’assainissement qui se pose car les 90% des caniveaux de Bamako sont bouchés alors que ces caniveaux sont des passages naturels d’eau. A cet effet, il a indiqué que les chefs de famille, de quartiers et les autorités politiques et administratives doivent prendre des dispositions nécessaires pour procéder à l’assainissement afin de limiter les dégâts.

Avec 535 sinistrés, la Commune I paye un lourd tribut

Le maire de la commune I, Mme Konté Fatoumata Doumbia a fait savoir que ses conseillers et elle-même sont au four et au moulin depuis le début du drame. « On a mis sur pied un comité de crise afin de recenser les sinistrés pour les héberger dans les différents établissements de la commune tout en leur apportant des aides. Au jour d’aujourd’hui, nous avons à l’école fondamentale Bahaben Santara de Korofina 48 ménages ; 20 dans l’école de Banconi Zèkènekorobougou et 47 ménages au sein de celle de Banconi plateau. Ce qui fait un total de 113 ménages recensés dans la commune I du district de Bamako. Nous avons aussi des blessés au nombre de 18. 16 dans le centre de référence de Korofina et 2 au sein de l’Association de Santé Communautaire de Banconi (ASACOBA). C’est le lieu pour moi de rendre un vibrant hommage aux personnes de bonne volonté qui nous ont apporté des dons notamment le ministère du Développement Social qui nous a offert deux millions (2 000 000) de FCFA, le parti URD aussi nous a donné un million, le chérif Ousmane Madani Haidara s’est manifesté par 500 000 FCFA et moult ONG ont donné des vivres pour les sinistrés.

Ces dons seront remis aux chefs de quartiers afin qu’ils les répartissent entre les endommagés. Ma commune enregistre au total 535 sinistrés », a-t-elle dit. Avant de signaler qu’ils ont toujours besoin d’aide. Moussa Diarra, habitant de Banconi Zèkènekorobougou, hébergé à l’école Bahaben Santara de Korofina a souligné qu’il a tout perdu. « Ma femme, mes trois enfants et ma maman ont tous rendu l’âme et le malheur est que j’ai même pas vu la dépouille de ma Maman. Elle a été emportée par l’eau. Je dois recommencer à zéro maintenant. Dans ma famille j’avais quatre maisons qui se sont tous écroulées. Je pense que les autorités ont leur part de responsabilité sur ce drame tragique. Mme Konté et ses prédécesseurs surtout Amadou Yarro a vendu le lit du marigot qui traverse Banconi et voilà c’est nous les pauvres qui récoltons les conséquences aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Aminata Mariko de Banconi Foulabougou, hébergée à l’école de Banconi Plateau a fait savoir qu’un des conseillers du maire de la commune I a eu l’audace de construire une Station d’essence et une alimentation dans le lit du marigot. Selon elle, cela empêche l’eau de suivre sa voie normale. A l’en croire, les jeunes de Foulabougou sont déterminés a saccagé cette station ainsi que les autres constructions dans le lit afin que ce drame ne se répète plus jamais. « Je suis native de Banconi Foulabougou et je n’ai jamais vu un tel désastre, cette pluie diluvienne qui s’est abattue sur la ville de Bamako faisant des ravages sur son passage surtout à Banconi Foulabougou. La majorité de nos maisons étaient en banco et elles se sont tous effondrées les unes après les autres. Le nouveau président de la République du Mali doit prendre à bras le corps ce problème. Dieu merci, il n’y a pas eu de perte en vie humaine dans notre famille. Mais nous avons perdus nos ustensiles de cuisines, la télévision, nos habits », a-t-elle conclu.

Moussa Samba Diallo

Aguibou Sogodogo

Le Républicain du 2 Septembre 2013