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Au cours d’un point de presse qu’ils ont animé le mardi 23 janvier dernier à la Maison de la Presse, les responsables de la plateforme ‘’CMFPR’’ ont dénoncé leur mise à l’écart du processus de paix. Ils revendiquent plus d’implication des communautés sédentaires dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

A travers ce point de presse, les responsables de la plateforme CMFPR ont dénoncé le sentiment d’abandon que les communautés sédentaires ont dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation. Selon eux, ces communautés ne doivent pas être exclues des décisions les concernant. Aussi, pour eux, l’accord ne doit pas être négocié uniquement entre l’Etat et les ex-rebelles dans la mesure où tout le dispositif de l’accord à des conséquences physiques, matérielles et morales sur les populations non belligérants qui doivent pleinement participer aux prises de décisions pour la paix. En faisant le constat, ils diront que ces communautés sont absentes et souvent mal représentées dans l’autorité de suivi de l’accord et dans les autorités intérimaires.

Selon Alassane Guitteye, président de la plateforme, la Coordination des Mouvements et Forces Patriotiques de Résistance (CMFPR) est née en juin 2013 à Ouagadougou au Burkina-Faso dans une atmosphère de cohésion et d’entente par 11 mouvements. D’après lui, les communautés sédentaires avaient juré de travailler en étroite concertation afin de relever tous les défis qui les opposent pour la sérénité et la paix.
«Toutes les composantes historiques de cette plateforme de résistance du Nord sont ici présentes, les quelques personnes qui manquent pour différents motifs ont toujours la possibilité de revenir», a-t-il précisé.Avant de demander au gouvernement et à ses partenaires, plus de détermination et d’engagement afin de ramener les différents acteurs au respect des engagements souscrits dans l’accord de paix tels que le cantonnement et le désarmement tant attendus par les communautés du Nord.
Pour sa part Mohamed A. Sidibé, au nom de la branche politique de la coordination régionale des forces combattantes, dira que certains acteurs ont tendance à minimiser ce conflit qui a mis le pays à genoux. Selon lui, il est d’abord de nature communautaire depuis son origine. Cette crise pour lui, est le résultat de la lutte armée engagée par les touaregs et dont les communautés sédentaires entre autres, les peulhs, les songhoïs, les bellas, les arabes et certains touaregsse sont retrouvés à vivre et subir les conséquences.

«Face à l’effondrement rapide de l’Etat, les hommes issus de ces communautés se sont organisés dans l’urgence pour défendre leur patrie dans l’espoir d’un retour à la normale. Vu les circonstances, les membres des groupes armées d’auto-défense n’avaient pas attendu d’obtenir un mandat formel et officiel des populations vulnérables qu’ils sont forcés de défendre au prix de leur sang. Une lutte de résistance qui s’inscrit dans un cadre patriotique, dans l’attachement à l’intégrité territoriale et à l’unité du Mali », a-t-il laissé entendre.

A en croire M. Sidibé, depuis quelques années, certains acteurs agissant au nom des communautés sédentaires du Nord étaient engagés de bonne foi. Mais aujourd’hui, ces personnes ont dévié et roulent désormais pour des avantages personnels qui ne cadrent ni avec l’intérêt général du peuple malien, ni avec l’aspiration des communautés victimes du déséquilibre des mesures censées garantir le retour de la paix.

«Toute résistance a ses déserteurs, d’où la nécessité pour la CMFPR de faire le point aujourd’hui mais aussi de resserrer ses rangs pour affirmer ses objectifs car la paix n’est pas gagnée.Le seul objectif de nos actions est de contribuer à la sécurisation des personnes et de leurs biens. Atteindre cet objectif demande des mesures d’instauration de la confiance entre les communautés. Notre rencontre d’aujourd’hui va dans ce sens », a-t-il expliqué.

Moussa Sékou Diaby

Tjikan du 26 Janvier 2018