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Cette conférence qui avait pour objectif d’éveiller la conscience des uns et des autres par rapport au non respect de nos valeurs sociétales a été une occasion d’échanger sur “les activités des personnes âgées comme facteur de leur intégration socio-économique et stratégie pour la construction de l’identité culturelle des jeunes”, et sur la nécessité du “changement de comportement”.

La problématique du vieillissement

Dans sa présentation sur “les activités des personnes âgées comme facteur de leur intégration socio-économique et stratégie pour la construction de l’identité culturelle des jeunes”, M. Oumar Konaté, chef du département étude sociale de la Maison des Aînés a fait un rappel sur la problématique du vieillissement qui remonte à 1982 lors de la première assemblée mondiale à Vienne à l’issue de laquelle, il est sorti un plan envers des personnes âgées avec des recommandations.

Ces recommandations soulignent entre autres que les personnes âgées constituent les gardiens de la tradition et renforcent la cohésion sociale. Et les gouvernements sont invités à élaborer des programmes en faveur des personnes âgées pour leur participation.

A en croire M. Konaté, le Mali était présent à cette première assemblée mondiale et les autorités maliennes se sont engagées pour traduire ces recommandations en actes.

Les efforts du Mali

C’est pourquoi un séminaire des personnes du 3ème âge a été organisé pour identifier leurs priorités, améliorer les conditions pour leur participation à la vie de la nation, en 1994, un programme spécial en faveur des personnes âgées.

Aussi, la carte de priorité accompagnée d’un carnet de santé a été instituée en 1995 pour la consultation gratuite et le paiement du demi tarif en cas d’hospitalisation. Et c’est en 1996, avec l’appui des autorités que le Conseil National des Personnes Agées a été mis en place pour l’amélioration de leurs conditions.

En 1998, premier du genre en Afrique, la Maison des Aînés a été créée au Mali pour la recherche sur la problématique du vieillissement. Il a par ailleurs souligné les résultats d’un certain nombre de recherches portant sur les activités menées par les personnes âgées sur le plan national.

Selon M. Konaté, 37% des activités des personnes âgées sont consacrées aux activités sociales, culturelles et religieuses ; 19 à 20% aux activités agro-pastorales ; 19 à 20% aux activités commerciales ; 15% aux activités thérapeutiques et 7 à 8% aux activités artisanales.

Le rôle et la place des personnes âgées

Parmi les raisons de la tenue de ces activités, on note entre autres la contribution à la vie de la communauté, la couverture de certains besoins personnels, le plaisir, le manque ou l’insuffisance de main d’oeuvre. Par ailleurs, selon lui, sur le plan informel, les personnes âgées peuvent contribuer à la formation des jeunes en les amenant à respecter nos valeurs.

Quant au vice-président du Conseil National des Personnes Agées, M. Amadou Dienta, il a surtout parlé du changement de comportement dans la société. Pour lui, il ne s’agit pas d’un changement de façade, mais d’un changement d’attitude.
Selon lui, on doit enseigner à l’enfant d’être soi-même, la solidarité qui est un héritage.

Mais le constat est que cet héritage est mal utilisé et nous nous acheminons vers le principe de “chacun pour soit, Dieu pour tous”, donc pour lui, le changement devient inéluctable pour qu’on puisse parler de développement, car a-t-il précisé, le non respect de nos valeurs affecte tous les secteurs du développement.

Les différentes interventions ont été suivies de débats et de questions-réponses.

Dado CAMARA

7 octobre 2008