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En chassant du pouvoir le général le plus gradé de notre armée et sa bande de politiciens voleurs, le Comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l’État a délivré tout un peuple. Mais quelques jours après le coup d’État du 22 mars, les actes de pillage et de vandalisme auxquels les militaires se sont rendus coupables dans certaines structures étatiques laissent planer le doute sur leur capacité à redresser l’après ATT.

Une chose était de chasser ATT, mais une chose était aussi de préserver les biens publics et privés. Comme le prévoyait le plan de sécurisation de la ville de Bamako. Mais à la grande surprise des Bamakois, ceux qui étaient chargés de ce travail ont plutôt préféré vandaliser le Palais, la Cité administrative, le ministère des Affaires étrangères, l’ORTM.

Alors que rien ne justifiait ces actes d’une autre époque. Surtout de la part des hommes en tenue dont la présence dans un lieu peut rassurer tout le monde. On peut dire que c’est eux qui ont ouvert la boîte de pandore au pillage, survenu après le coup de force du 22 mars.

Ces symboles de l’État pouvaient être épargnés de pillage. Mais les militaires en ont décidé autrement en saccageant tout sur leur passage. Certes, le Palais de Koulouba a essuyé des tirs et un flanc incendié, il ne méritait pas ce sort. Tout a été enlevé comme si le Palais était une propriété d’ATT. Le Mali perd ainsi une partie de sa mémoire.

La Cité administrative a été mise sens dessus dessous. Le cas de l’ORTM est le plus choquant. Les caméras, les ordinateurs, les micros, les effets personnels ont été emportés. Ceux qui ont pris les caméras ne pourront pas les utiliser à plus forte raison de les vendre, selon les techniciens de Bozola.

Les auteurs de ces actes sont connus. Ce n’est ni plus, ni moins que les militaires. Aucun civil n’a pénétré dans ces lieux. Il va falloir que le CNRDERE lance un appel à ses éléments afin qu’ils déposent les matériels dérobés dans un lieu indiqué. Même si c’est la nuit.

En 1991, après le coup d’État du lieutenant- colonel ATT suivi de ces mêmes actes de pillage, les autorités d’alors ont pu récupérer certains objets après un ultimatum lancé aux voleurs.

Si l’État n’arrive pas à rentrer en possession de ses matériels, l’Histoire donne raison quand il déclarait que l’armée est le creuset des déchets de la société malienne.

Vivement les auteurs aux arrêts !

Yoro SOW

03 Avril 2012