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En fin de mission de 6 jours au Mali, Pierre Lellouche et François Loncle, deux députés français, membres de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française étaient face à la presse pour faire le point de leur visite. Pour les deux députés, les Maliens ne doivent pas répondre aux provocations du MNLA. Ils ont invité la classe politique à se ressaisir pour que la présidentielle se tienne.

Pour les députés, les échanges entre les parlementaires maliens et le chef du gouvernement, Diango Cissoko, les responsables de la Misma ont porté sur le processus électoral en cours, la situation au nord du pays, particulièrement à Kidal, l’évolution des négociations à Ouagadougou, l’après-élection en ce qui concerne spécifiquement la reconstruction du pays et le rôle que la France pourrait y jouer.

Les deux anciens ministres se sont félicités du « rôle joué par l’armée française au Mali dans les conditions climatiques extrêmement difficiles sans dommages collatéraux face à des adversaires coriaces ».

Le deuxième point de satisfaction de la visite, ont affirmé les élus français, « est la confiance des Maliens de voir renaître un nouveau départ de l’activité économique, du système démocratique, des finances… ». A cela s’ajoute le déploiement de 12 000 hommes de la Minusma prévue pour le 1er juillet, ainsi que la promesse de la communauté internationale à mobiliser plus de 3,2 milliards d’euros pour le Mali.

Evoquant les difficultés, les conférenciers ont laissé entendre « qu’elles sont de plusieurs ordres, notamment le problème de Kidal ». Comme le gouvernement français, les deux députés ont condamné les violences des derniers jours perpétrés par le MNLA contre les populations noires à Kidal.

Ils se sont félicités des préparatifs de l’organisation de l’élection présidentielle du 28 juillet. « Avec un peu de sagesse et l’appui de la communauté internationale, le scrutin présidentiel se tiendra à Kidal ». Interrogé sur la présence de l’armée malienne à Kidal, Pierre Lellouche a dit « que le Mali ne doit pas tomber dans la provocation ». Et de proposer « qu’il faut laisser le temps à la négociation de Ouaga qui définira ce qui aura lieu de faire ».

Sang-froid et détermination

Comme défis à relever, les députés ont cité pêle-mêle : la reconstruction de la nation malienne par un travail de fond, la réforme de l’Etat, la reconstruction de l’armée (en cours). « Vous avez la communauté internationale pour vous aider ».

A la classe politique, les honorables ont lancé un appel « de sagesse ». Ce qui fera dire à Pierre, Lellouche, qu’il y a toujours un risque de voir la situation se compliquer à tout moment. « Reconstruire le Mali dans tous ses compartiments reste un grand programme », dira-t-il. Pour François Loncle, la classe politique doit garder son sang-froid et se déterminer pour parvenir aux résultats escomptés : la tenue de l’élection présidentielle.

Aux formations politiques qui conditionnent leur participation à la présence de l’armée malienne, M. Loncle a affirmé que si certains veulent aller à l’élection, d’autres prescrivent tout simplement que la situation qui perdure « parce qu’ils en profitent ». Il a demandé à ces partis de se ressaisir et de ne pas répondre aux provocations tout en évitant les amalgames. « Ce n’est pas rendre service au Mali ».

En réponse à la question du soutien de la France aux bandits armés du MNLA, les conférenciers se sont dits surpris de ses propos qui se tiennent de plus en plus au sein de l’opinion malienne. « La France ne protège en aucune façon le MNLA », a juré le député socialiste.

Amadou Sidibé

06 Juin 2013