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Les pharmacies hospitalières sont le maillon faible des hôpitaux surtout lorsqu’elles doivent faire face à des dépenses imprévues comme le paiement des indemnités des étudiants hospitaliers.

En 2006, à la suite des manifestations souvent suivies d’affrontements avec les forces de l’ordre, les étudiants finalistes de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS), qui préparent leurs thèses dans les hôpitaux, ont obtenu gain de cause avec la signature d’un mémorandum à travers laquelle les autorités s’engagent à prendre des mesures pour l’amélioration de leurs conditions de vie.

Une des revendications des étudiants est le paiement des frais de transport fixés à 500 F CFA/jour et par étudiant. Ces frais sont considérés comme des indemnités que les futurs médecins perçoivent chaque trimestre. Mais en signant ce mémorandum l’Etat n’a pris aucune disposition, notamment financière pour débuter le paiement des indemnités des thésards.

Il s’est contenté tout seulement d’instruire aux hôpitaux de payer sur fonds propres les étudiants, mettant ainsi les établissements hospitaliers devant le fait accompli. Mais comme les expériences ont établi que les solutions faciles ont toujours montré leurs limites, les autorités de la santé, en voulant résoudre un problème, en créent un autre, car les hôpitaux n’ont d’autres choix que de puiser des ressources là où elles sont disponibles.

Ainsi, certaines pharmacies hospitalières comme celle du CHU Gabriel Touré font aujourd’hui les frais de dépenses imprévues. Selon le directeur général du CHU Gabriel Touré, Dr. Abdoulaye Néné Coulibaly, son établissement a, en deux ans, déboursé plus de 140 millions de F CFA pour faire face aux indemnités d’étudiants.


SOS

Cette dépense imprévue a accentué les difficultés financières qui expliquent en grande partie la rupture de stocks de médicaments au niveau de la pharmacie qui traîne derrière elle des dettes vieilles de 11 ans. Quand il n’y a pas de liquidités permettant à la pharmacie de s’approvisionner, comme c’est le cas présentement à Gabriel Touré, il y a forcément grogne des fournisseurs et rupture de stocks.

Et pourtant, selon nos informations, certains responsables d’hôpitaux sont opposés à la signature du mémorandum parce qu’ils sont conscients que son application est un fardeau qu’ils supportent seuls.

Comme l’a si bien dit le DG du CHU Gabriel Touré (cf. interview dans Les Echos du mercredi 13 mai 2009) l’hôpital est un service fondamentalement social. En dépit du fait qu’il n’est pas un établissement de production de ressources, la mission sociale qu’elle assume a un coût.

Des services, principalement la pharmacie hospitalière, jouent un rôle capital, elle est sensée disposer de médicaments indispensables pour la prise en charge de cas d’urgence et des personnes indigentes qui ne sont pas en mesure de s’acquitter de leurs ordonnances.

Forte de cette réalité, la pharmacie hospitalière qui est, selon les spécialistes, un des maillons faibles de notre système de santé, doit exclusivement jouir de ses ressources afin de s’approvisionner en produits pharmaceutiques.

La situation de crise à la pharmacie de l’hôpital Gabriel Touré interpelle les autorités. Sinon le CHU Gabriel Touré, qui reçoit le plus gros contingent de patients à cause certainement de sa proximité, risque de voir sa pharmacie décapitée au grand dam des cas d’urgence et sociaux.

Amadou Waïgalo

14 Mai 2009