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Un rapport accusant le Nigeria d’avoir perdu des dizaines de milliards de dollars récemment à cause de pratiques douteuses au sein de l’industrie pétrolière est fermement démenti parmi les grands acteurs du secteur. Il n’a pas encore été rendu public, mais des copies qui circulent ont provoqué de vives critiques de la part des autorités, de la compagnie pétrolière nationale et des société privées du secteur. Les militants anti-corruption, qui réclament des changements dans ce secteur considéré comme rongé par la corruption, font, eux, pression sur le gouvernement pour qu’il s’attaque aux problèmes qui y sont mentionnés. Le document de 136 pages, dont l’AFP a obtenu une copie, donne un aperçu inédit des pratiques internes d’un secteur qui représente plus des deux tiers des revenus de l’État nigérian et la quasi-totalité de ses exportations. Il remet en cause le processus d’appel d’offre nigérian pour l’attribution de licences d’exploitation et le recours à des courtiers privés en tant qu’intermédiaires à plusieurs niveaux. Le rapport a été présenté au président Goodluck Jonathan qui a réuni un comité afin de l’étudier. Au lieu d’utiliser ces conclusions « pour combattre l’impunité face à la corruption dans le secteur pétrolier, le gouvernement s’est lancé dans une grande campagne de dénigrement du rapport écrit par un comité qu’il a lui-même mandaté », estime l’association anti-corruption SERAP dans un communiqué. AFP