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L’Etat gabonais a engagé un bras de fer économique et judiciaire avec Addax Petroleum, filiale du géant pétrolier chinois Sinopec, en lui retirant l’exploitation d’un gisement de brut, faisant craindre à certains acteurs du secteur une dégradation du climat des affaires au Gabon. Au cœur du conflit, le gisement d’Obangue (sud-ouest, production d’environ 9.000 barils/jour) dont l’exploitation a été retirée à Addax en décembre puis confiée à la nouvelle compagnie publique gabonaise, GOC, créée en 2011. Officiellement, Addax est sanctionnée pour avoir manqué à différentes « obligations contractuelles ». Les griefs de l’État envers la société sont nombreux: « mauvaise gestion », « cas de corruption », « défauts sur le respect de l’environnement », ou encore exportation de pétrole « sans (le) fiscaliser », pour échapper aux impôts. Le ministre reproche en outre à Addax d’avoir « fermé unilatéralement » le champs d’Obangue suite à ce retrait, obligeant l’État à « reprendre la production ». Mais la filiale de Sinopec, qui a porté le contentieux devant la cour arbitrale de la Chambre internationale de commerce de Paris, parle elle d’« acharnement ». La date de la décision de la cour n’est pas encore connue. Le différend sur Obangue coïncide avec une réforme du secteur pétrolier au Gabon visant notamment à donner à la nouvelle compagnie nationale un contrôle plus étroit des ressources et à renforcer le rôle des sous-traitants gabonais. AFP.